#Cancer de l'endomètre

23/04/2026

Impact des traitements hormonaux sur le risque de cancer de l’endomètre

L'équilibre entre les œstrogènes et la progestérone peut avoir une véritable influence sur la bonne santé de l’endomètre. Si cet équilibre est perturbé, par un traitement hormonal ou dans certains contextes particuliers, le risque de voir apparaître un cancer de l'endomètre peut augmenter de manière considérable. L’intensité de l’exposition, la place de certaines hormones, le type de contraception ou l’utilisation d’un traitement comme le Tamoxifène jouent un rôle déterminant. Ce risque peut aussi évoluer selon le poids, le diabète, les antécédents gynécologiques et les prédispositions héréditaires.

Quel est le rôle des œstrogènes et de la progestérone dans le cancer de l’endomètre ?

Les œstrogènes stimulent la prolifération de l’endomètre en première partie du cycle menstruel, et la progestérone limite cette prolifération en phase lutéale. Une exposition prolongée ou excessive aux œstrogènes perturbe cet équilibre et augmente le risque de transformation anormale de la muqueuse. 

C’est notamment le cas lorsque l’activité ovarienne se prolonge (premières règles précoces, ménopause tardive) ou lorsque l’exposition à la progestérone est insuffisante. En revanche, la grossesse a l’effet inverse : la progestérone y domine nettement ce qui explique l’effet protecteur observé lorsque le nombre de grossesses est élevé.

Facteurs protecteurs vs facteurs de risque du cancer de l'endomètre

FacteurTypeMécanismeImpact
Grossesse multipleProtecteurDominance progestéroneRisque réduit à chaque grossesse
Pilule combinéeProtecteurLimite stimulation endométrialeEffet persistant 10 ans après arrêt
Activité physiqueProtecteurRéduction insulinémie et œstrogènesRéduction de 21 à 27 %
NulliparitéFacteur de risqueAbsence de périodes progestativesRisque augmenté
SOPKFacteur de risqueTroubles ovulation / hyperœstrogénieRisque augmenté
Syndrome de LynchFacteur de risquePrédisposition génétiqueSurvenue possible avant 50 ans
Hyperplasie atypiqueFacteur de risqueÉvolution vers cancer possibleRisque estimé à 8 % par an
Irradiation pelvienneFacteur de risqueDommages tissulaires tardifsCancer 5 à 25 ans après exposition

 

Le traitement hormonal de la ménopause (THS/THM) augmente-t-il le risque de cancer de l’endomètre ?

Un traitement hormonal substitutif composé uniquement d’œstrogènes augmente fortement le risque de cancer de l’endomètre avec une multiplication du risque par 6 lorsqu’aucune progestérone n’est associée (InfoCancer). L’association œstrogène-progestatif réduit ce risque à condition que la progestérone soit administrée au minimum 12 jours par mois conformément aux recommandations actuelles. Ce traitement est proposé pour une durée limitée avec une réévaluation annuelle de son indication. 

Des saignements gynécologiques anormaux nécessitent une consultation afin d’écarter une hyperplasie ou une anomalie de l’endomètre. Les praticiens du Centre Finistérien de Radiothérapie et d’Oncologie examinent systématiquement la composition et la durée du traitement hormonal lorsqu’ils évaluent le risque de cancer de l’endomètre chez les patientes ménopausées.

La pilule peut-elle protéger contre le cancer de l’endomètre ?

Les contraceptifs oraux combinés semblent exercer un effet protecteur. L’association œstrogène-progestérone limite la stimulation endométriale, ce qui réduit le risque de cancer même lorsque la durée d’utilisation a été courte. Cet effet peut persister jusqu’à 10 ans après l’arrêt. Une pilule dite séquentielle apporte des œstrogènes seuls pendant une partie du cycle, puis un mélange œstrogènes-progestérone sur quelques jours seulement. Comme la progestérone n’est pas présente de façon régulière, l’endomètre reste exposé aux œstrogènes plusieurs jours d’affilée. Cette méthode ne protège donc pas du cancer de l’endomètre.

Pourquoi le Tamoxifène augmente-t-il le risque de cancer de l’endomètre ?

Le Tamoxifène bloque les récepteurs hormonaux dans le sein, mais il peut agir comme un stimulant léger de l’endomètre (un effet appelé « œstrogène-like »). Cela signifie que malgré son rôle anti-œstrogène dans le sein, il peut mimer partiellement l’action des œstrogènes au niveau de la muqueuse utérine. Cette action paradoxale augmente le risque de cancer de l’endomètre, avec une multiplication du risque d’environ par 2,5 après 5 ans de traitement (Santé.fr/Cancer et Environnement). 

Ce risque reste faible comparé au bénéfice obtenu dans la prise en charge des , un sujet détaillé dans notre article dédié. Toutefois le suivi gynécologique régulier est vivement recommandé, en particulier chez les patientes traitées pour un ou plus avancé. 

tiennent compte de cette exposition dans l'organisation du suivi à long terme, notamment pour décider d'une si nécessaire.

Des saignements gynécologiques anormaux sous THS, Tamoxifène ou contraception hormonale doivent motiver une consultation médicale afin d’écarter une hyperplasie ou un cancer de l’endomètre.

 

Impact des traitements hormonaux sur le risque de cancer de l'endomètre

TraitementEffet sur l'endomètreModification du risqueDurée d'effet
THS œstrogènes seulsStimulation forteRisque x6Selon durée d'exposition
THS œstrogènes + progestatifStimulation équilibréeRisque réduit si progest. ≥12j/moisRéévaluation annuelle
Pilule combinéeProtection activeRisque diminuéEffet jusqu'à 10 ans après arrêt
Pilule séquentielleExposition partielle aux œstrogènesPas de protectionSelon composition du cycle
TamoxifèneEffet œstrogène-like sur l'utérusRisque x2,5 après 5 ansLong terme

 

Quels sont les autres facteurs de risque de cancer de l’endomètre ?

D’autres facteurs peuvent avoir une influence sur la survenue du cancer de l’endomètre.

Surpoids et obésité

Le tissu adipeux convertit les androgènes en œstrogènes ce qui peut expliquer le lien entre un IMC élevé et une augmentation du risque. Une prise de poids de 10 à 25 kg multiplierait le risque par 3 et une obésité plus importante par 10. L’étude « Million Women Study » indique une augmentation d’environ 2,5 chez les femmes avec un IMC élevé. Une progression du risque est également observée pour chaque + 5 kg/m².

Diabète

Le diabète s’accompagne souvent d’hyperinsulinémie, un mécanisme qui favorise la croissance cellulaire et augmente indirectement les taux d’œstrogènes. Le risque est multiplié par 2 environ pour le diabète de type 2 et par 1,5 pour le type 1. L’activité physique régulière diminue ce risque avec des réductions évaluées entre 21 % et 27 % selon le niveau d’activité (INCa).

Antécédents gynécologiques et prédispositions génétiques

La nulliparité expose davantage au cancer de l’endomètre car la muqueuse est stimulée par les œstrogènes en l’absence des périodes prolongées de progestérone présentes pendant la grossesse. Chaque grossesse réduit progressivement le risque, même lorsqu’elle n’a pas été menée à terme. 

Le syndrome des ovaires polykystiques augmente aussi le risque en raison des troubles de l’ovulation et de l’hyperœstrogénie associée. Le présente un risque plus élevé, avec parfois une survenue avant 50 ans. Une surveillance dès 30 ans est donc recommandée.

Facteurs de risque du cancer de l'endomètre et niveau de risque associé

Facteur de risqueMultiplication du risquePrécision
THS œstrogènes seulsx6Sans progestatif associé
Tamoxifènex2,5Après 5 ans de traitement
Prise de poids 10-25 kgx3Lié à conversion androgènes/œstrogènes
Obésité importantex10IMC très élevé
IMC élevé (Million Women Study)x2,5Augmentation par tranche de +5 kg/m²
Diabète de type 2x2Via hyperinsulinémie
Diabète de type 1x1,5Mécanisme indirect
Activité physique régulière-21% à -27%Effet protecteur selon niveau d'activité

 

Antécédents médicaux

Une irradiation pelvienne antérieure augmente le risque avec des cancers qui surviennent 5 à 25 ans après l'exposition ; les antécédents chirurgicaux comme le doivent également être pris en compte. Les hyperplasies atypiques peuvent par ailleurs évoluer vers un cancer avec un risque estimé à 8 % par an.