#Actualité médicale

16/10/2019

Actualités sur l’avulsion des dents de sagesse, par le Dr FRIGAH, stomatologue à la clinique du Cambrésis

 

De manière surprenante, les dents de sagesse n’apparaissent pas chez tout le monde. Certaines personnes n’en ont que trois, deux, voire une sur les quatre possibles. Par le Dr FRIGAH, stomatologue et chirurgien ORL.

Autrefois vitales pour nos ancêtres, pour palier aux deux autres molaires usées, les dents de sagesse ne sont aujourd’hui plus indispensables car l’homme cuit ses aliments et la mastication est considérablement réduite. Faute d’usure suffisante des molaires, les dents de sagesse n’ont plus la place pour pousser correctement. Le rétrécissement de la mâchoire au cours de l’évolution a également contribué à faire de ces dents un poids pour l’homme moderne.
Il n’en reste pas moins qu’elles sont aujourd’hui gênantes pour ceux chez qui elles émergent, ce qui motive de plus en plus leur avulsion. Il est recommandé
d’extraire ces troisiemes molaires lorsqu’elles sont symptomatiques telles: qu’une douleur récurrente, des infections, une pression sur les autres dents ce qui perturberait ainsi l’alignement des dents et favoriserait leur chevauchement .


D’autres raisons peuvent toutefois motiver une intervention :

  • La dent de sagesse peut parfois être difficile d’accès pendant le brossage, entraînant alors une carie.
  • Lorsque la deuxième molaire est cariée et que la dent de sagesse y est trop accolée, ce qui rendrait difficiles les soins.

Il est également conseillé d’extraire une dent de sagesse lorsqu’elle n’a pas d’antagoniste sur l’arcade opposée. Il est néanmoins possible de garder ses
dents de sagesse « incluses » si elles ne découlent sur aucun symptôme.
Les extractions des quatre dents de sagesse se déroulent habituellement sous anesthésie locale en externe. Les dents sont alors extraites par côté
généralement en deux séances. Il peut arriver (selon la difficulté et la peur du patient) qu’une anesthésie générale soit demandée, ce qui nécessite une
hospitalisation en ambulatoire.
Au cours de l’intervention, le médecin incise la gencive, puis dégage la dent de sagesse en fraisant l’os. Parfois, il est nécessaire de découper la dent en plusieurs morceaux. Puis, on procède ensuite à la refermeture de la gencive à l’aide de fils résorbables qui disparaissent spontanément en moins de 3 semaines.Juste après l’intervention, il est préconisé de :

  • poser régulièrement une poche de glace sur la joue concernée
  • avaler normalement la salive (éviter de cracher)
  • manger et boire à température ambiante le premier jour
  • ne pas faire de bain de bouche le premier jour
  • prendre des antalgiques si la douleur se fait trop ressentir

Les suites opératoires sont classiques :

  • La douleur peut être forte lors des premiers jours, mais disparaît en général rapidement.
  • Le gonflement des joues (oedème) est typique de l’intervention.
  • Des saignements souvent gênants peuvent survenir et persister pendant plusieurs heures.
  • L’ouverture buccale peut être limitée durant quelques jours. Il faudra donc compter sur de la nourriture molle tant que ce symptôme ne disparaît pas.

Pour garantir une bonne cicatrisation, le tabac, l’alcool et tous les irritants doivent être proscrits.  Tout acte chirurgical comporte un risque de complications, même s’il est parfaitement exécuté. Pour l’extraction des dents de sagesse, il peut s’agir de plusieurs choses :

  • Une lésion de la deuxième molaire à côté de la dent de sagesse (perte d’un amalgame, lésion d’une couronne, rares cas de nécrose).
  • Une diminution ou une perte de la sensibilité de la lèvre inférieure (temporaire le plus souvent).
  • Une perte de la sensibilité de la langue du coté de la lésion ,temporaire (quelques jours à quelques semaines)
  • Une infection des tissus mous de la joue ( cellulite).
  • Une infection de l’alvéole dentaire (alveolite)
  • Une fracture de l’angle de la mâchoire (exceptionnel)
  • Une névralgie c’est-à-dire une douleur vive et très gênante secondaire à l’atteinte d’un nerf alvéolaire inférieur ou lingual .
  • Une blessure accidentelle de la muqueuse ou d’autres organes par les instruments chirurgicaux.
  • L’expulsion de la dent de sagesse supérieure en haut dans le sinus maxillaire ou en arrière (fosse infratemporale) est très rare.

Ces risques restent faibles et marginaux .