02/05/2019
Soins dentaires sous anesthésie générale : prise en charge des enfants phobiques. Par le Dr BOROWSKI, Chirurgien dentiste à la clinique de Saint Omer

Le chirurgien dentiste est parfois confronté à des enfants réticents au soin voire non coopérants. A l’origine du refus de soin, on note une expérience antérieure négative. Celle-ci peut être dentaire, ou tout aussi bien de soin (prise de sang, vaccin...). Par le Dr BOROWSKI, Chirurgien dentiste
L’enfant non coopérant peut être défini comme un enfant présentant une impossibilité à faire face à une situation rendant le traitement difficile voire impossible. A cette non coopération se combine bien souvent une polycarie. On parle de carie précoce du jeune enfant, anciennement appelé syndrome du biberon. Des lésions rapidement évolutives attaquent les dents temporaires. Sur le plan clinique, cette maladie se traduit par une destruction coronaire importante des dents lactéales, avec une possibilité de complications pulpaires ou pulpoparodontales.
Les conséquences locales mais aussi générales vont rapidement impacter la qualité de vie de l’enfant ( douleur, infection, arrêt de l’alimentation, absence scolaire...)
L’origine de cette pathologie est complexe et multifactorielle, mais elle est surtout due à des apports répétés de sucre, (alimentation et boisson)
combiné à une absence de brossage. Plusieurs rendez-vous en cabinet dentaire seraient alors nécessaires.
Dans ce contexte de non coopération de l’enfant, la prise en charge sous anesthésie générale offre une possibilité de soin et permet surtout un geste sûr pour l’enfant et le praticien.Ce type de prise en charge représente la dernière solution de soins.
Différentes solutions de prise en charge existent et se présentent comme un continuum allant de l’état de pleine conscience à l’anesthésie générale. Il y a les soins à l’état vigile au fauteuil, ensuite les soins sous sédation, par prémédication sédative, par inhalation de Meopa ( mélangé equimolaire d’oxygène et de protoxyde d’azote) soins sous sédation profonde et enfin l’anesthésie générale.
Cette décision est basée sur le respect de plusieurs critères, tels que le nombre de dents à soigner, le comportement de l’enfant l’âge de l’enfant, présence ou non de pathologies générales… Elle offre une solution de prise en charge, là où le praticien en cabinet se trouve devant des échecs de soins répétés. Ce n’est en aucun cas une solution de facilité! Elle permet d’apporter une réponse à un contexte de soins fermé ou le praticien
n’a plus de réponse pour le refus de soin de l’enfant. Il faut surtout que les parents gardent à l’esprit que leur enfant doit apprendre à se faire soigner, des visites régulières doivent être réalisées chez leur chirurgien dentiste.
Comment se déroule la prise en charge?
Le chirurgien dentiste reçoit dans son cabinet les enfants que les confrères lui adressent, le choix est donc motivé. Il faut plusieurs refus de soin avant de se tourner vers ce type de prise en charge. Le praticien pourra alors refaire le tour de la bouche et réaliser le plan de traitement, ce qui n’est pas toujours facile, l’enfant n’étant pas coopérant même s’il sait qu’il ne se fera pas soigner ce jour là. Ensuite a lieu la consultation d’anesthésie, qui conditionne ou non la réalisation de l’intervention.
Ensuite l’intervention a lieu. L’enfant garde en mémoire ce vécu négatif, et c’est là qu’apparaît tout le savoir faire des équipes soignantes qui rassurent l’enfant, le mettent en condition pour réaliser l’induction de l’anesthésie générale de la façon la plus agréable possible
Les soins sous anesthésie générale ne doivent pas être vus comme une solution de facilité, mais comme un moyen de réhabiliter la cavité buccale des enfants bien souvent phobiques et algiques. En contre partie, les parents s’engagent à corriger les habitudes d’hygiène bucco-dentaire et alimentaire afin que cette situation ne se représente pas. Les maîtres mots sont prévention et éducation thérapeutique du patient
pour lui permettre de croquer la vie à pleines dents.
