#Actualité médicale

06/06/2024

Clinique d’Orange : spécialiste de la chirurgie de l’obésité

Fort de l’investissement de ses praticiens, cet établissement du groupe Elsan a été labellisé pour la bariatrie, chirurgie, à haute technicité, de l’obésité. Une reconnaissance de l’excellence de la prise en charge des patients

Traiter la maladie obésité et pas que l’esthétique. À Orange, c’est l’une des missions de la clinique Elsan qui, depuis octobre 2023, est labellisée pour la prise en charge des patients atteints d’obésité. "C’est une reconnaissance par nos pairs", se félicite le docteur Quang Nguyen, chirurgien viscéral et digestif spécialisé dans l’obésité, qui travaille ici avec le docteur Riad Tchanderli arrivé en 2014

En octobre 2023, il a reçu l’avis positif du professeur François Pattou, président de la société française et francophone de chirurgie de l’obésité et des maladies métaboliques, qui est l’un des deux experts à avoir examiné le dossier de demande de labellisation. "Vous avez su démontrer votre excellence dans la qualité des soins et le respect des bonnes pratiques, est-il écrit. Nous vous félicitons pour votre implication et votre professionnalisme dans ce projet."

"Les patients obèses sont souvent dénigrés. Pourtant, quand on arrive à un certain stade de l’obésité, on n’arrive plus à maigrir. Derrière, il y a un vrai problème de santé publique." DRQUANG NGUYEN

Tant d’éloges par la Soffco. MM sont justifiés parla prise en charge adéquate des patients parla clinique d’Orange, un volume d’activité (50 patients par an au moins) et encore, la présence d’au moins deux chirurgiens formés à la chirurgie bariatrique et titulaires d’un diplôme interuniversitaire. Évidemment, il faut que la structure soit adaptée pour accueillir les patients obèses : "Nous avons un secteur avec dix chambres dédiées, équipées pour avoir une surveillance en continu des patients; elles sont reliées au poste infirmier", indique le Dr Nguyen.

Un plateau technique adapté

Brancards, toilettes, fauteuils, table d’opération qui doit s’incliner à 45º. Tout doit être adapté à ces morphologies plus imposantes. "Le personnel doit être informé, rodé pour bien placer le patient lors de l’opération." La formation des équipes à la surveillance des patients en postopératoire est également essentielle et en aval de l’intervention, la prise en charge doit être organisée en cas de complications : "Si c’est le cas, direction le centre hospitalier d’Orange", précise le Dr Nguyen. En amont, c’est un long parcours qui est engagé avec le patient. Hugo Rodriguez, infirmier et chef du service, s’occupe notamment des réunions d’information, également avec d’autres patients ; de même, la prise en charge psychiatrique est obligatoire. Le chef de service ajoute : "L’intérêt de cette spécificité dans le parcours d’un soignant, c’est que l’obésité est une prise en charge très particulière, avec un rapport différent que lorsqu’il s’agit d’une autre pathologie. Il y a un long temps de réflexion. Quand les patients viennent, c’est une démarche volontaire, ils sont sûrs d’eux." Etre assurés du parcours personnalisé qui leur est proposé à la clinique d’Orange: "Ce relationnel est un vrai plus qui les met en confiance pour un parcours de vie qui ne fait que débuter."

L’obésité fait perdre dix ans d’espérance de vie, elle entraîne hypertension, apnée du sommeil, diabète et augmente le risque de cancer

TÉMOIGNAGES Plus de vingt kilos perdus en deux mois

Si l’excellence de la clinique Elsan est reconnue par la Soffco.MM, cette "société savante qui dicte les règles de bonne prise en charge", elle l’est aussi par les patients.

En témoigne par exemple Élodie Parent , 36 ans, de Pernes-les-Fontaines. Souffrant d’une obésité morbide, elle a bénéficié d’une sleeve en mars dernier : "La clinique est super, dit-elle, il y a un super suivi et le personnel est au top." Et les résultats déjà concluants : "En deux mois, j’ai déjà perdu 24 kilos, je me sens beaucoup mieux, je suis hypercontente !", rapporte encore Élodie. Au lendemain de l’opération, elle racontait son parcours, difficile. "J’ai des problèmes de poids depuis que je suis jeune, j’ai toujours fait le yoyo. Puis ma tête ne voulait plus perdre, mon corps non plus. J’étais vite fatiguée, j’avais mal aux genoux… Ma mère s’est aussi fait opérer il y a quelques années et le collègue de mon conjoint aussi, ici. Alors je me suis décidée." Comme le souligne le Dr Nguyen, la chirurgie bariatrique se fait très souvent parle bouche-à-oreille. Pour Élodie, le protocole a commencé en juin 2023 soit neuf mois avant l’opération. Pour Élodie, ce ne sera pas un bypass, mais une sleeve. Avec ensuite une réalimentation très progressive, un régime mixé pendant un mois, des compléments protéinés en postopératoire… "Les patients voient aussi la diététicienne pour qu’ils n’aient pas de carences", ajoute le Dr Nguyen. Frédéric Crespin, 54 ans, a quant à lui subi un bypass gastrique. "J’avais eu un anneau gastrique en 2011 mais il ne faisait plus effet alors le Dr Nguyen l’a enlevé", raconte ce Vedénais. Problèmes coronariens, apnée du sommeil et hypertension ont été les effets délétères de son obésité. "Je ne marchais pas 300 mètres sans être essoufflé", ajoute ce papa qui ne rêvait que d’une chose : refaire du vélo et des activités avec ses trois enfants. "Il me fallait une solution, mais je n’ai pas été opéré du jour au lendemain, il y a eu une année de réflexion avant le bypass." Après une telle opération, le patient peut manger quasi normalement, seul le volume ingéré va diminuer. "Ressentir la satiété, c’est ce que permet le by pass", ajoure le Dr Nguyen, qui a prescrit un mois de repos postopératoire à Frédéric, des protéines, du fer et un suivi à vie. Et deux mois et demi après son opération, Frédéric est ravi : "Tout s’est très bien passé, j’ai perdu 24 kg, je continue à en perdre même si c’est un peu plus doucement qu’au début et je suis en pleine forme !"

La  Clinique en chiffres

AU NIVEAU NATIONAL

Environ 60 000 interventions bariatriques ont lieu chaque année (contre 30 000 en 2010 par exemple).

À LA CLINIQUE

La clinique d’Orange prend en charge la bariatrie depuis plus de dix ans. Pour l’année 2023, plus de 80 patients ont été pris en charge chirurgicalement par les Drs Tchanderli et Nguyen. "Il ne faut pas que des centres fassent occasionnellement cette chirurgie, affirme le Dr Nguyen. Un centre qui est habitué à la bariatrie, c’est un signe d’expertise et c’est rassurant pour les patients."

LA LABELLISATION

Elle a été attribuée pour trois ans à la clinique d’Orange car elle remplit les conditions exigées : la présence d’au moins deux chirurgiens qualifiés dans l’équipe, une expérience ancienne depuis plus de trois ans minimum, un nombre d’interventions en chirurgie de l’obésité au moins égal à 50 patients par an, avoir une activité au sein d’une équipe pluridisciplinaire structurée.

LES DIFFÉRENTS TYPES DE CHIRURGIE

Sleeve. Soit l’ablation des deux tiers de l’estomac. Cela représente , à la clinique d’Orange, les deux tiers des opérations de bariatrie. Bypass. Partition de l’estomac et raccordement de l’intestin : un tiers des opérations. Anneau. "C’est le plus simple mais on ne le fait plus car c’est très contraignant et mal toléré", précise le Dr Nguyen.

LES CRITÈRES

L’obésité commence à un indice de masse corporelle (IMC, soit le poids divisé par la taille au carré) de 35. Les conditions pour être opérable : l’IMC doit être supérieur à 40 ou entre 35 et 40 avec diabète et/ou hypertension et apnée du sommeil. Il y a de la superobésité morbide au-dessus de 55 d’IMC. Selon la Haute Autorité de santé (HAS), on n’opère jamais de patients âgés de moins de 18 ans ou âgés de plus de 60 ans.

LES RISQUES

"Que le patient inhale du liquide gastrique, qu’il présente une désaturation au cours de la fibroscopie en amont de la chirurgie. Les patients obèses consomment plus de produits anesthésiants."

L’ÉQUIPE DE LA CLINIQUE

Outre les deux chirurgiens, le Dr Quang Nguyen depuis 2005 et le Dr Riad Tchanderli arrivé en 2014, l’équipe bariatrie dans la clinique d’Orange comprend trois infirmiers, trois aides-soignantes et une ASH. "Au bloc, on a toujours les mêmes infirmières qui nous aident et les anesthésistes sont habitués et spécialisés dans l’anesthésie du patient obèse. Pour le suivi postopératoire des patients, le personnel est formé, capable de détecter un pouls ou une douleur inhabituelle." Du côté des médecins spécialisés, il y a un gastro-entérologue, un cardiologue, un pneumologue, un endocrinologue, un diététicien et un psychiatre.

LES PATIENTS ET LEUR PARCOURS

Les patients, qui viennent surtout du Vaucluse et du Gard, sont suivis six à douze mois par une équipe pluridisciplinaire avant d’être opérés. Il y a des réunions d’information des futurs opérés avec d’anciens patients opérés et une association de patients. La deuxième spécificité de la clinique d’Orange est qu’elle propose un soutien psychologique à la clinique Saint-Didier et à Carpentras. Le Dr Nguyen précise: "La demande de cette chirurgie est de plus en plus importante et elle est plus demandée par les femmes que par les hommes." Si de plus en plus de personnes consultent, c’est, indique-t-il, "à cause de la sédentarité plus importante et d’une alimentation de plus en plus déséquilibrée" : "Surtout chez les jeunes qui ont une activité physique moindre, les adolescents sont beaucoup sur les jeux vidéo… Mais il ne faut pas oublier que ce sont les parents qui doivent apprendre aux enfants à manger correctement." Quid des périodes de confinement ? "Cela a fait beaucoup de mal, beaucoup de gens ont pris du poids pendant cette période. Et les gens achètent par Internet et sont plus sédentaires aujourd’hui…"

© La Provence, le 03/06/2024, par Stéphanie ESPOSITO