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La période était propice à l’affirmation des forts caractères et des animateurs d’âmes. Le Dr Jean-Philippe Durrieu, 57 ans, chirurgien ORL, à la clinique Ambroise-Paré, à Toulouse, mérite davantage que la médaille promise aux soignants.

Ce médecin expérimenté a traversé la crise avec force et dignité. Il a su fédérer une chaîne d’union de 400 personnes, venues de toute la région, professionnels de santé ou pas, qui n’ont pas ménagé leur peine pour intervenir en première ligne, au péril parfois de leur propre santé : « Quand le virus est arrivé et le confinement avec, notre activité traditionnelle s’est arrêtée. Nous ne pouvions rester cachés dans notre coin », résume Jean-Philippe Durrieu.

Homme d’action, moniteur de plongée, ce solide gaillard, aux mensurations de seconde ligne de rugby, a donc pris son bâton de pèlerin, fédérant autour de lui de très nombreuses énergies. Que ce soit au sein du Gorssa (groupement des organisations de réservistes des armées) ou de l’Arrossa (Association des Réservistes de la Région Occitane du Service de Santé des Armées) : « Nous avons réussi à lever une armée de bénévoles s’enthousiasme le médecin toulousain. Nous nous sommes mis à disposition des autorités pour les aider ». Pas superflu…
 

Sur le Charles-de-Gaulle…

Le résultat est à la hauteur des engagements.

Durant le confinement, pendant que la France s’inquiétait, la chaîne d’union a livré 40 000 masques, 35 000 paires de gants et 6 000 litres de gel hydroalcoolique : « Nous avions un groupe sur les réseaux sociaux dans lequel la communication était intense. On a levé une génération spontanée citoyenne qu’on ne laissera pas s’éteindre ».

Puis, il y eut ce gros cluster sur le Charles-de-Gaulle. Le Covid qui frappe, l’armée qui tremble : « Etant réserviste de l’armée, j’ai posé ma candidature pour effectuer des tests EPCR sur les militaires. J’ai passé 15 jours à Toulon à enchaîner les tests avec d’autres réservistes. Ce cluster va nous permettre de tirer beaucoup d’enseignements sur le virus qui est comme une balle de flipper. C’est un modèle épidémiologique remarquable qui va nous servir. Fort heureusement, nous avons eu affaire à des jeunes gens en pleine forme ». L’épisode Charles-de-Gaulle refermé, le docteur Durrieu ne s’est pas reposé. Il a formé de nombreuses équipes médicales de la région dans différents régiments afin de tester les soldats

Depuis le déconfinement, Jean-Philippe Durrieu a repris le chemin de son cabinet, à la clinique. Il consulte, opère, rassure des patients, craint que certains ne soient pas venus à temps. Soigner toujours. Veiller encore pour ce médecin au cœur d’or.


La fête continue

Pas question de laisser s’envoler un tel élan citoyen dans les méandres du quotidien. L’infatigable docteur Durrieu lance une nouvelle association, SVPPP, traduisez, si tu veux la paix, prépare la fête. Explications : « l’idée, c’est de faire perdurer ce lien social, au-delà de la crise, de venir en aide aux plus fragiles, d’être prêt au cas où. Chacun a repris sa vie, mais des liens forts nous unissent ». La chaîne d’union, toujours…

 

©La Dépêche du Midi, le 6 juin 2020 - Par  Laurent Benayoun
©Photo : La Dépêche du Midi, le 6 juin 2020.