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La prise de température est systématique à l'entrée de la clinique Claude-Bernard à Albi.

Il n'y a pas que les hôpitaux d'Albi et de Castres qui vont faire face à l'arrivée de patients atteints de coronavirus. Les cliniques Claude-Bernard et Toulouse-Lautrec à Albi, ainsi que la clinique du Sidobre à Castres sont elles aussi sollicitées.

Les hôpitaux d' Albi et de Castres ne sont pas seuls à affronter l'épidémie de coronavirus qui arrive dans le département. L'organisation mise en place par l'Agence régionale de santé (ARS), centralisée autour du CHU de Toulouse, positionne la clinique Claude-Bernard à Albi comme un établissement de « deuxième ligne », au même titre que les deux hôpitaux tarnais.

La structure est donc en mesure d'accueillir des patients aux symptômes graves car l’établissement dispose notamment de services d’urgences, de réanimation, de pneumologie et d’un plateau de soins intensifs.

La clinique s'est donc profondément réorganisée : depuis l'activation du plan blanc au niveau national, dans tous les établissements de santé, les activités chirurgicales non urgentes ont été déprogrammées. Les flux de personnes ont aussi été réaménagés. « On a revu les accès à la clinique, détaille Guillaume Burdin, directeur général des cliniques Claude-Bernard à Albi et du Sidobre à Castre. Du personnel est mobilisé aux entrées pour accueillir et orienter les personnes. Et on a adapté les flux pour assurer la sécurité des patients et des soignants ». L’objectif est simple : éviter de se faire croiser des personnes atteintes du covid-19 et des patients entrant pour d’autres pathologies.

Envoi de personnel et/ou de matériel

À Castres, la clinique du Sidobre qui appartient au même groupe Elsan, se présente, elle, en troisième ligne. Elle propose un soutien aux structures de deuxième ligne : « elle peut assurer les urgences hors coronavirus et envoyer du matériel d’appui », explicite Guillaume Burdin. Mais l’établissement s’est quand même préparé au coronavirus : « Les flux et admissions ont là aussi été réorganisés. À l’accueil, un système de triage est mis en place avec contrôle de la température et des symptômes », explique le directeur général. Dans les deux cliniques, la téléconsultation se généralise « pour les pathologies qui le permettent ».

Un schéma similaire est appliqué par la clinique albigeoise Toulouse-Lautrec qui se positionne également au troisième plan. En appui aux établissements de deuxième rang, la structure peut détacher une partie de son personnel soignant et envoyer du matériel : « Des respirateurs ont déjà été transmis à l'hôpital d'Albi », illustre Régis Adam, directeur de la clinique, propriété du groupe Clinipole. Par anticipation et « pour simplifier la tâche aux services fort impactés par l'épidémie », la clinique Toulouse-Lautrec ouvre aujourd'hui un service destiné à accueillir des patients en phase de récupération, après un passage en réanimation par exemple. Un maximum de 25 lits pourra être déployé. « Nos personnels sont volontaires pour aller dans ce service » assure Régis Adam. Et de conclure : « Nous sommes un établissement de » dernier recours « , mais tout le monde doit être préparé en cas d'afflux ».

Besoin de matériel

« On a des stocks qui fondent comme neige au soleil », s'alarme Guillaume Burdin, directeur général des cliniques du Sidobre et Claude-Bernard. La problématique des équipements est la même partout : les dotations de l'Etat arrivent au compte-goutte et pourraient ne pas suffire en cas d'afflux massif de patients. Guillaume Burdin déplore aussi des vols au sein de la clinique : « J'en appelle à des gestes citoyens et responsables », commente-t-il. « On a ce qu'il faut pour protéger le personnel. Mais pour faire face aux besoins de demain, il nous faut du matériel », prévient lui aussi Régis Adam, directeur de la clinique Toulouse-Lautrec.

Article publié dans La Dépêche - mardi 24 mars 2020