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En soutien de premier rideau à l'hôpital de Perpignan dont elles ont commencé à accueillir les patients urgents non atteints par le Covid-19, les cliniques Saint-Pierre de Perpignan et Médipole Saint-Roch de Cabestany ont « armé » des lits supplémentaires de réanimation ainsi que des accueils de confinement.

Les cliniques privées poussent les murs. Face à l'épidémie de Covid-19 en progression dans la ville de Perpignan voire par extension dans l'ensemble du département, les établissements hospitaliers non publics s'organisent. Et notamment les sites de Saint-Pierre à Perpignan et Médipôle Saint-Roch à Cabestany qui sont en priorité sollicités par l'Agence régionale de santé d'Occitanie (ARS), et viennent chacun « d'armer » cinq nouveaux lits en réanimation. Ce qui porte à 39, avec les places jusque-là autorisées, le nombre total de lits mobilisés dans les cliniques en soins intensifs et critiques à compter de ce lundi 23 mars à 11 heures. Le dispositif de première ligne comprend un total de vingt-cinq lits à Saint-Pierre et quatorze à Médipôle.

« La situation pouvant évoluer très vite, c'est notre potentiel à l'instant T », précise Pascal Delubac, le directeur territorial du groupe de santé Elsan pour les Pyrénées-Orientales et l'Aude, également président régional de la fédération hospitalière privée, et membre de la cellule régionale de coordination de lutte contre la pandémie, pilotée par l'ARS pour les départements de l'ex-Languedoc-Roussillon. 24 heures sur 24, la commission en fonction depuis la semaine dernière veille, en coopération avec les hôpitaux publics, à l'anticipation des besoins sanitaires.

Les premiers transferts opérés entre l'hôpital et la clinique Saint-Pierre

À Perpignan, Pascal Delubac avait devancé la crise, demandant à ses structures de déprogrammer toutes les interventions chirurgicales non urgentes. « Ce dispositif nous a permis de récupérer des moyens et des personnels, en particulier les infirmières et infirmiers des blocs opératoires », relève le responsable qui continue à s'affairer de répertorier les effectifs et les matériels mobilisables. Une véritable course contre le temps face à l'accélération attendue du nombre de personnes contaminées. Et face également à l'arrivée des premiers transferts organisés dès dimanche soir entre l'hôpital de Perpignan et la clinique Saint-Pierre.

« C'était tous des patients hors Covid-19 », assure Pascal Delubac surpris de noter une chute inédite dans l'accueil des urgences de tous les établissements des P.-O, hôpital compris. « La baisse est partout de l'ordre de 30% », confie-t-il, profitant de la situation pour aménager des lits de confinement ainsi que des places de soins de suite et de réadaptation. Trente à la clinique de Prades, 12 à Céret, quelques-uns au Floride du Barcarès ainsi qu'à Supervaltech de Saint-Estève. Sans oublier le circuit « maternité » déployé à la Polyclinique Méditerranée.

Autant de dispositifs à équiper de moyens de protection et notamment de masques. Enfin arrivés. « Nous avons eu une livraison ce lundi matin, c'est le centre hospitalier qui dispatche », respire Pascal Delubac, soulagé pour ses équipes. La dotation, qui a pourvu toutes les grosses cliniques du département, va permettre aux soignants de se prémunir durant une semaine. Les plus exposés auront droit à des FFP2, les autres à des masques chirurgicaux.

 

 © L'Indépendant 23/03/2020