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Cette pandémie de Coronavirus nous amène d'un point de vue dermatologique à mettre en avant 3 points fondamentaux :

  1. les manifestations cutanées du COVID sont très variées :

L’enquête COVIDSKIN a été lancée par la Société Française de Dermatologie, sous la forme d’appel à cas national pour recenser les manifestations cutanées pouvant être associées au COVID-19. 

Comme pour de nombreuses pathologies médicales, l'infection au Coronavirus a montré que la peau est un organe parlant de la maladie, signe révélateur avant-coureur, ou symptômes apparaissant au cours de la maladie ou retardé par rapport à l'infection, donc à tous les stades du COVID-19. Les patients présentant des lésions à type d’engelures sont arrivés en première ligne. La fréquence de lésions vésiculeuses ou bulleuses est remarquée, et ces lésions ne semblent pas associées à une sévérité particulière.

La Société Française de Dermatologie a noté que "Nous soulignons le caractère non inaugural ou révélateur de ces manifestations qui ne constituent pas un signe « d’alerte », en particulier lorsqu’elles sont isolées et il n’existe pas d’argument en faveur d’une contagiosité potentielle de ces patients, message important pour les patients et leur entourage."

Puis ont été rapportées les éruptions érythémateuses faciales, les exanthèmes maculopapuleux (les plus fréquents) du tronc et des membres, les urticaires aigües, les érythèmes noueux, des œdèmes du dos des mains, des livédos, des présentations à type de pityriasis rosé de Gibert ou de lésions papuleuses micro-vésiculeuses du tronc avec dans un cas une atteinte muqueuse.

La littérature suggère de tester rapidement les patients atteints de ces symptômes, même en l'absence de syndrome viral pour limiter la propagation du virus et éviter une deuxième vague.

PIED

  1. Prenez soin de vos mains !

Les lavages répétés des mains (plus de 10 fois par jour) et l'utilisation de bio-nettoyants pour les surfaces entraînent une dermite caustique, ou "dermite des ménagères", ou encore appelée dermite d'irritation.

Celle-ci est différente de l'eczéma chronique des mains. Elle débute par l'apparition d'une inflammation (rougeur, sécheresse, fissures, prurit et sensation de brûlure) sur le dos des mains et en interdigital, et non sur les paumes ou les pulpes.

Cette dermite peut être prévenue en utilisant des détergents synthétiques, huiles émollientes douces et pains sur-gras (bannir les savons antiseptiques), éviter l'eau chaude, sécher sans frotter, et protéger les mains avec des gants lors du ménage, du bricolage et du jardinage, et en appliquant une crème émolliente sans parfum systématiquement même en l'absence de lésions le soir au coucher, et de soins cicatrisants dès l'apparition de cette dermite.

Il est important de savoir que le SHA (solution hydroalcoolique) ne cause pas de dermite caustique (sauf sur des mains abîmées), et que le rinçage du savon doit être soigneux pour éviter l'irritation des mains.

DERMITE

  1. Le port du masque prolongé peut entraîner des lésions faciales :

Chez les personnes présentant des antériorités d'eczéma, de dermatoses faciales à type d'acné ou de rosacé, le port prolongé du masque peut entraîner des poussées inflammatoires dues aux frottements et à l'irritation par microtraumatismes répétés.

Il est de ce fait conseillé :

Pour les personnes ayant une peau sèche ;

  • d'appliquer matin et soir une crème ou émulsion hydratante,
  • d'effectuer le nettoyage de la peau et le démaquillage avec un lait ou une eau micellaire douce pour les peaux sensibles
  • d'appliquer des masques hydratants 1X/semaine à l'acide hyaluronique, par exemple en bio-cellulose de chez Biocyte ou SVR ou Eucerin, etc...

Pour les personnes ayant une peau grasse :

  • bien nettoyer la peau matin et soir avec une eau micellaire ou un savon pour peau grasse, ne pas porter le maquillage plus de 8h d'affilé même pour les maquillages non comédogènes;
  • d'exfolier la peau par un gommage doux 1X/semaine
  • d'appliquer une crème à l'acide glycolique le soir au coucher 3x/semaine

 

Par le Docteur Anne CAUDRON, dermatologue et vénérologue à l’hôpital Privé Saint Claude

dr caudron