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Elles étaient parties sans hésiter, pour« aider » leurs collègues de la région parisienne alors sous haute tension face à l’urgence sanitaire. Elles sont rentrées en Charente samedi après quinze jours « intenses » à l’hôpital Beaujon, un établissement de l’Assistance publique - hôpitaux de Paris situé à Clichy.

Christelle, Marlène, Émilie et Pauline sont toutes les quatre infirmières au centre clinical de Soyaux, fortement mobilisé depuis le début de la crise sanitaire. «Nous, on est parties à Paris, d’autres sont restés à la clinique pour les soins urgents, d’autres encore ont aidé dans des Ehpad. Le groupe Elsan (le propriétaire de la clinique de Soyaux)s’est beaucoup investi dans cette crise», souligne Pauline Fouet, une des infirmières de retour de la région parisienne.

« Cerveau en ébullition »

Cette mère de famille de 32 ans avoue que les quinze jours passés à l’hôpital Beaujon ont été « très intenses, professionnellement et humainement ». «L’accueil a été au top. Moi je suis infirmière au bloc opératoire. Je n’étais pas vraiment formée à la réanimation. Je connaissais la théorie, mais il a fallu apprendre très vite. La première nuit j’avais le cerveau en ébullition, avoue-t-elle. J’ai pu constaté la virulence du Covid-19, que certains patients jeunes sont très atteints.»

Pauline Fouet reste inquiète pour les prochains mois : « On ne peut pas vivre sous cloche, mais les équipes soignantes craignent une deuxième vague. »

L’infirmière tient à remercier le supermarché Carrefour et la boulangerie Marie Blachère, à Soyaux, qui n’ont « pas hésité à nous fournir des denrées et du matériel quand nous sommes parties ».

Pauline Fouet a retrouvé ses enfants après un mois et demi« sans câlins »« J’avais évité de les voir même avant de partir. J’ai fait le test pour ne prendre aucun risque. Le risque pour les soignants il est présent tous les jours. Et il ne se limite pas au Covid-19. »


©La Charente Libre, le 4 mai 2020 - par F. B.
©Photo : La Charente Libre, le 4 mai 2020