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Pour soigner l’athérosclérose, une pathologie qui rétrécit les artères coronaires, les cardiologues du Pôle Santé République de Clermont testent une nouvelle technique qui utilise des ultrasons depuis fin juillet. Une première en Auvergne.

Dans l’unité de cardiologie interventionnelle du Pôle Santé République (PSR), à Clermont-Ferrand, une révolution se prépare. Le 24 juillet, le docteur Janusz Lipiecki, qui réalise des angioplasties depuis des années, a pu tester un dispositif américain à base d’ultrasons, évalué dans seulement trois centres français (à Paris, Toulouse et au PSR de Clermont).

Le patient opéré ce jour-là souffre d’athérosclérose, une pathologie très courante en Occident, intimement liée à notre mode de vie sédentaire.

Au PSR, les sept cardiologues réalisent plus de 1.000 angioplasties par an, la technique médico-chirurgicale qui permet de traiter la maladie. « Pour faire simple, l’athérosclérose est un rétrécissement au niveau des artères coronaires, qui irriguent le muscle cardiaque. Il s’y forme une plaque d’athérome, une sorte de dépôt de graisse qui a tendance à se calcifier, à durcir. Et le sang circule mal voire plus du tout en cas d’occlusion. »

L’équipe médicale suit sur des écrans la mise en place du ballonnet à ultrasons durant l’intervention.

Les facteurs aggravants sont bien connus : le tabac, le cholestérol et le diabète, une hypertension artérielle. Cette maladie, si elle n’est pas détectée à temps, peut être très dangereuse. Elle entraîne des insuffisances cardiaques, des angines de poitrine, et dans des cas plus graves, des infarctus du myocarde, voire la mort subite.

Au bloc opératoire, des techniques qui ont fait leurs preuves continuent d’être employées. La plus utilisée est celle du ballonnet. « Le principe est de mettre en place, à l’aide d’un cathéter par le bras ou l’aine, un ballonnet au niveau de la zone rétrécie de l’artère. En gonflant le ballonnet, on écrase la plaque d’athérome et on agrandit la lumière de l’artère », détaille le Dr Lipiecki. Le ballonnet à ultrasons est gonflé par le médecin.

Mais dans 20 % des cas, la calcification de l’artère est trop importante. On gonfle parfois à une très haute pression pour l’écraser mais il y a un risque élevé de rupture de l’artère.

Les cardiologues utilisent également un rotablator, une sorte de fraise qui tourne à 160.000 tours par minute pour pulvériser le dépôt. « Mais cette technique, complexe et coûteuse bien qu’efficace, n’est pas anodine… », reconnaît le médecin.

Voilà pourquoi le ballonnet à ultrasons, évalué au PSR, pourrait bien « supplanter tout le reste ». La technique ne change que très peu, mis à part que chirurgien et infirmières doivent porter une protection pour éviter les rayonnements. Le ballonnet à ultrasons, dirigé grâce à une sonde dans l’artère, est positionné au niveau du rétrécissement.

Puis un générateur va envoyer des impulsions qui vont créer des ultrasons. « Une bulle de vapeur va se former et créer une onde de choc qui va fragmenter la calcification », poursuit le Dr Lipiecki, qui salue cette « technique prometteuse, avec moins de séquelles pour le malade ».

À la fin de l’intervention, un stent (un ressort) est installé pour éviter que l’artère ne se rebouche et permet d’éviter une récidive.

En quinze secondes, la plaque d’athérome est pulvérisée, le sang circule à nouveau. Un stent (un petit ressort) est posé à la place pour éviter une récidive. Le patient, sous anesthésie locale, est ressorti du bloc seulement vingt minutes après le début de l’opération et était conscient.

 

© La Montagne - Fanny Guiné - Vendredi 2 août 2019

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