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Des électrodes pour chauffer à blanc les nerfs qui véhiculent les douleurs lombaires et les détruire. Cette technique, jusqu’ici seulement disponible dans les CHU, est proposée à l’hôpital privé Océane depuis le début du mois. Huit patients en ont déjà bénéficié. Un espoir pour ceux atteints de lombalgie chronique.


Ça s’appelle un générateur pour rhizolyse et ça ressemble à une espèce de Minitel, avec des câbles. L’hôpital privé vient d’en faire l’acquisition pour soigner les patients souffrant du « mal du siècle », des douleurs lombaires chroniques. Pas n’importe quel mal de dos : cela s’adresse aux patients qui souffrent d’une arthrose articulaire postérieure (45 % des douleurs), dont les articulations des vertèbres lombaires sont tellement usées qu’elles occasionnent des souffrances invalidantes. Quand les séances de kiné sont devenues inefficaces, souvent ne restait plus que la chirurgie pour consolider les vertèbres, avec le renfort de vis ou de tiges et venir à bout des douleurs. Une opération lourde, nécessitant cinq jours d’hospitalisation et une longue rééducation.


Mal de dos chronique
Une technique est utilisée depuis plusieurs années, dans les CHU (Centre hospitalier universitaire), pour éradiquer ce mal de dos chronique. Les patients morbihannais devaient se rendre à Rennes ou Nantes pour se faire soigner, avec cette technique. Grâce à ce générateur et à la thermocoagulation qu’il permet, le chirurgien orthopédique va neutraliser les nerfs secondaires qui véhiculent la douleur. « On coagule les petits nerfs qui transportent la douleur jusqu’à l’articulation des vertèbres », explique Jean-Marc Hamon, chirurgien orthopédique, spécialiste de la colonne vertébrale, à l’hôpital privé Océane. « À travers la peau, on fait entrer des électrodes, qui sont positionnées sur le passage de ces petits nerfs. On les fait chauffer à 80°, ce qui interrompt les circuits de la douleur. Il n’y a pas de cicatrice, puisqu’on pique à travers la peau et l’intervention de 20 minutes se déroule en hôpital de jour, sous sédation. Il n’y a pas d’anesthésie générale ».


La douleur s’arrête puisqu’elle n’est plus transportée. En langage médical, le D. Hamon confirme que « les rameaux nerveux sensibles sont détruits et cessent de transmettre leur message douloureux. Depuis le début du mois d’avril, huit patients ont été opérés, selon cette technique et les premiers résultats sont très encourageants. Leurs douleurs ont disparu. Cette intervention peut être reconduite tous les cinq ans, dès lors que les nerfs occis se sont reconstitués. Le générateur est loué pour cinq ans, par l’hôpital privé Océane, au fabricant américain Stryker. Le coût est de 220 €, par procédure et de 350 € par patient. Une intervention prise en charge par l’Assurance maladie.

 

© Le Télégramme - Mercredi 24 avril 2019