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AVIGNON - Un couple sur cinq a des difficultés pour concevoir un enfant. Le centre d’assistance à la procréation de la polyclinique Urbain V chouchoute les couples et les embryons.

Déco façon appart contemporain, peinture bleu canard sur les murs, canapés accueillants, tablettes et photographies noir et blanc…
Depuis trois semaines, le centre d’assistance médicale à la procréation (AMP) d’Urbain V n’a plus rien d’une clinique : couleurs chaudes et ambiance cosy s’affichent d’entrée, après quatre mois de travaux. "Tout a été relooké pour que les couples soient plus à l’aide", indique le docteur Élodie Scalici, médecin biologiste responsable du centre depuis février 2018. "Nous avons voulu qu’ils se sentent chez eux et que pour eux, venir ici soit moins douloureux même si ça l’est toujours…" C’est désormais "Andromède" et "Cassiopée" qui s’ouvrent aux hommes : au bout d’un petit couloir tamisé, deux salles aux noms de constellations ont été aménagées pour eux dans une déco design, avec des plafonds en ciels étoilés, des petites lampes à la lumière tamisée, un fauteuil ou une banquette confortable,  pornographiques, casques anti-bruit bluetooth et support pour téléphone portable en prime.


Le "Sperm’Appart" à deux pas de l’automate
Dans ce "Sperm’Appart", tel que l’ont baptisé Élodie Scalici et sa consoeur biologiste Sophie Zaragoza, tout a été pensé pour que le recueil de sperme soit le plus facile possible. Et ça marche ! "Certains messieurs veulent même refaire leur spermogramme", sourient les deux médecins. "Ici, on propose quelque chose d’inédit, où l’approche humaine remplace le côté aseptisé et médicalisé que l’on voit en général dans les autres centres…" Relooké mais aussi repensé, le centre AMP analyse désormais dans la foulée les paramètres du sperme: une petite trappe de l’autre côté du couloir, une sonnette… et le réceptacle arrive directement dans le laboratoire de spermiologie attenant.

En outre, depuis la semaine dernière, un automate permet d’augmenter le nombre quotidien d’analyses : "Nous aurons des spermogrammes en une minute au lieu de quarante-cinq en général", explique le Dr Zaragoza. "C’est l"intérêt des patients qui prime", ajoute Élodie Scalici, rappelant que l’infertilité est un problème de santé publique. "Au niveau mondial, un couple sur cinq a des difficultés pour concevoir et nous avons ici de plus en plus de demandes, c’est pourquoi nous avons redynamisé le centre d’Avignon et nous chouchoutons les couples au maximum."

Ce n’est pas Anaïs qui dira le contraire, elle qui a eu un véritable coup de coeur pour le docteur Scalici. "J’ai vraiment accroché avec elle, le feeling s’est fait tout de suite", raconte la future maman de 29 ans. "Il existe une communauté Instagram avec des femmes qui font des FIV comme moi, et il semble que communiquer aussi facilement avec ses médecins, ce n’est pas donné à tout le monde."
Pas donné à tous les centres non plus d’offrir aux papas des salles de recueils intimistes ou encore des consultations et des examens dans un même lieu. Des atouts appréciés par Michaël, 30 ans, qui envisage ainsi son prochain spermogramme avec plus de sérénité.

Dans l’incubateur, les embryons au chaud et sous haute surveillance

Sur une centaine de centres de procréation médicalement assistée (PMA) en France, celui de la polyclinique Urbain V est classé sixième. "Tout ce que nous avons mis en place depuis un an et demi a déjà fait écho puisque nous comptabilisons 400 tentatives de fécondation in vitro depuis le début de l’année, nous en aurons environ 800 fin 2019." Outre, au premier étage, la prise en charge des couples et leur accueil, des équipements de pointe ont été installés au rez-de-chaussée, dans le laboratoire de fécondation in vitro. On y entre coiffé d’une charlotte, vêtu d’une blouse et couvre-chaussures aux pieds. C’est dans cet endroit à l’air exempt de tout microorganisme ou composé organique volatile (COV) - "comme dans un bloc opératoire", note le Dr Scalici -, que les ovules sont fécondés et que les embryons naissent.


En face des micro-injecteurs trône un nouvel incubateur "Timelapse". Il maintient les ovules fécondés dans des conditions optimales (à 37º, "respecter la chaîne du chaud est indispensable, c’est comme une énorme couveuse"), ce qui favorise leur développement, mais pas seulement : cet incubateur dernier cri permet une surveillance en continu. L’ovule fécondé est filmé, ses évolutions cellulaires enregistrées heure après heure, jour après jour, cellule après cellule, jusqu’à l’éclosion de l’embryon. "C’est magique de voir cela quand on est biologiste !", sourit Elodie Scalici. C’est au stade blastocyste (résultat d’une fécondation réussie à un stade où ces cellules sont nettement différenciées), cinq jours après la fécondation, que l’embryon est implanté dans l’utérus de la patiente. C’est en effet à ce moment, pour le cas d’une fécondation naturelle, qu’il pénètre normalement dans la cavité utérine.

Simplifier

La prise en charge des couples infertiles se fait en trois temps : le bilan initial, la visite chez un gynécologue spécialiste en fertilité (qui prescrit un traitement de stimulation) et le rendez-vous avec la biologiste. "Dès qu’il y a un spermogramme pathologique, on revoit les couples rapidement", souligne le Dr Scalici. Le centre AMP d’Urbain V travaille aussi avec un masseur certifié; une psychologue clinicienne fait également partie du staff.

 

©La Provence – 25 juin 2019 – Par Stéphanie Esposito