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En attendant la construction d’un bâtiment de 10.000 m², le Médipôle de Gentilly multiplie les projets avec notamment, en 2020, un Centre dédié à la prise en charge de l’obésité, mais aussi une nouvelle unité de chimiothérapie ambulatoire.

Le groupe Elsan a multiplié ces dernières années les fusions et autres acquisitions en France. Aujourd’hui, il concentre ainsi sur Nancy le Médipôle de Gentilly (composé de la polyclinique du même nom et de la clinique Ambroise-Paré), mais aussi de la polyclinique de Majorelle. C’est là d’ailleurs que Franck Vanlangendonck a passé sept ans avant de prendre la direction du Médipôle où, avec son adjoint Jean Bellemin-Noël, il a impulsé depuis un an et demi une politique de rénovation. Au rang des évolutions : un centre dédié à l’obésité et la création d’un nouveau service de chimiothérapie ambulatoire.

Optimiser les temps de présence

A ce dernier chapitre, les travaux sont engagés (1,8 M€). Elle va permettre de porter de 22 à 32 le nombre de postes tout en optimisant les temps de présence des patients pour faciliter leur vie quotidienne. Deux circuits distincts permettront la prise en charge des patients dont les injections sont rapides de ceux dont les protocoles sont plus longs.En fait, « la chimiothérapie ambulatoire progresse beau-coup ». Et sur un espace de 920 m², il s’agit d’offrir un « par-cours de soins et de support optimal ».

Salons socio-esthétique et de coiffure

Le nouveau service accueillera ainsi, directement en son sein, l’unité de reconstitution des chimiothérapies, actuellement localisée à la pharmacie de la polyclinique. C’est évidemment une évolution majeure.Il s’agit aussi de proposer au même endroit un salon socio-esthétique, un espace de coiffure ou encore une salle d’activité physique adaptée. Autant de services importants pour des patients confrontés à la maladie. L’espace de consultations permettra également de développer la téléconsultation en oncogénétique (risques génétiques et héréditaires) avec un médecin de Marseille pour réduire les délais. Le nouveau service devrait ouvrir début septembre.

68.000 patients accueillis : c’est ce que représente l’activité du Médipôle de Gentilly (Polyclinique Gentilly et Ambroise-Paré) pour un total de plus de 170 médecins, 680 personnes, 513 lits et places.

Un œil numérique

18.000 préparations anticancéreuses injectables : c’est ce que prépare chaque année l’URC (Unité de reconstitution des chimiothérapies). L’obsession, c’est évidemment d’éviter les erreurs de produits et de dosages. La polyclinique de Gentilly va s’équiper au sein de son nouveau service de chimiothérapie ambulatoire d’un Drugcam. Il s’agit, schématiquement, d’un œil numérique relié au dossier du patient, auquel on va, en salle blanche, présenter chaque produit pour validation. Cet outil de contrôle vidéo numérique permet aussi une traçabilité totale. C’est le premier du genre en région.

Gentilly service dialyse
Après l’inauguration fin 2018 d’un nouveau service de dialyse, le Médipôle prépare un grand projet immobilier. Photo ER/C.J

Un bâtiment de 10.000 m2 en perspective

Des chambres modernisées, des zones de circulation rénovées, un service d’urologie remis à niveau, des salles de soins recréées... : depuis un an et demi, et sans même parler du nouveau service de dialyse ambulatoire (5 M€) inauguré en septembre 2018, la Polyclinique de Gentilly a lancé un vaste programme de travaux pour remettre en phase l’infrastructure vieillissante avec la qualité médicale. Mais toutes les opérations s’inscrivent sur fond de projet immobilier de grande envergure. À l’affiche : « un bâtiment supplémentaire de 10.000 m2 », explique le directeur du Médipôle Franck Vanlangendonck. Il viendra s’adosser à la polyclinique et permettra de faire de Gentilly et d’Ambroise-Paré (où le groupe Elsan n’est pas propriétaire des murs) une seule unité, la plus importante du secteur privé en Lorraine.

Nouveaux parkings

Il s’agit évidemment de renforcer la dynamique actuelle avec des synergies entre les équipes d’excellence, de leur apporter support et soutien. « C’est un énorme travail avec la communauté médicale, les personnels, les patients », souligne le Dr Alexandre Durand, président de la commission médicale d’établissement. Le projet permettra la réunification des plateaux techniques, un nouveau service d’urgence, une nouvelle entrée. Il y aura aussi des nouveaux parkings souterrains et en silo (200 places supplémentaires au global), de nouvelles circulations sur le site : autant d’éléments qui vont transformer le quotidien médical, hôtelier et tout simplement pratique du Médipôle. Le projet est en cours de finalisation et le permis de construire va être déposé. A noter, même s’il s’agit d’un autre établissement du groupe, que l’avenir de la clinique Saint-André de Vandoeuvre n’est plus remis en question par le tracé modifié du futur tram.

 

Obésité : « Faciliter le parcours de soins »

Gentilly

Le futur Centre dédié à la prise en charge de l’obésité comportera une cuisine thérapeutique

La chirurgie de l’obésité ? Dix ans que le Dr Anthony Rouers la pratique à Nancy. Et il le martèle volontiers : « Elle ne s’envisage que dans un cadre pluridisciplinaire ». Les patients suivent un parcours de six mois au moins ; lequel passe autant par le pneumologue (apnée du sommeil ?) que par le diabétologue, le cardiologue, le psychiatre, le nutritionniste... La pathologie est en effet complexe et plurifactorielle. Mais l’enjeu, c’est aussi d’assurer un suivi postopératoire, sachant que dans ce type de pathologie le monde médical perd de vue 20 % de patients.

Une cuisine thérapeutique

Pour améliorer encore la prise en charge, la polyclinique de Gentilly a ainsi engagé des travaux pour créer un centre de 135 m² spécifiquement dédié à la prise en charge de l’obésité et qui sera opérationnel dès mars prochain. Il offrira ainsi une unité de lieu pour le suivi pré et post-opératoire. 300.000 € sont investis dans cette opération. Objectif : créer une maison agréable composée d’un espace d’accueil, de bureaux de consultation... Mais aussi d’une cuisine thérapeutique où « des repas seront préparés et dégustés avec bienveillance ». En fait, il est important, pour des patients souvent stigmatisés, qui souffrent de troubles du comportement alimentaire, du regard de la société, de se retrouver dans un espace partagé. Et cette cuisine, située au cœur du projet, va permettre de donner une dimension pratique au travail des diététiciennes. « Il est également essentiel », explique l’une d’elles « que le patient définisse ses objectifs. Nous sommes dans une démarche de collaboration thérapeutique ». C’est là aussi qu’on travaillera, en amont et en aval, sur les questions de satiété, les sensations corporelles...L’année dernière, la polyclinique de Gentilly a pris en charge 194 patients obèses pour une chirurgie dite bariatrique et 277 pour un bilan.

 « Nous avons un niveau de prise en charge exceptionnel. Gentilly a été classée 13e parmi les 50 meilleures cliniques de France par Le Point. Mais les infrastructures étaient vieillissantes. Nous avons travaillé à la rénovation et à un grand projet immobilier ».
Franck Vanlangendonck directeur du Médipôle de Gentilly  Directeur Gentilly

Gentilly     
Le service jour opératoire (JOP) de la polyclinique de Gentilly Elsan. Photo ER/C.J.

© Ghislain UTARD, l'Est Républicain 06/02/2020