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Aujourd’hui, les blessures dues aux mutilations sexuelles féminines subies dans l’enfance se soignent.

L’excision reste un sujet peu évoqué. « C’est un sujet tabou, ce qui reste problématique quand on essaye d’opérer les femmes concernées. Entre elles, elles en parlent peu », indique le docteur Xavier Duval-Arnould, gynécologue-obstétricien à la clinique Bretéché à Nantes.

« L’excision est interdite dans tous les pays du monde. Mais la réalité de la loi et ce qui se fait ne sont pas la même chose ». Beaucoup de fillettes subissent l’excision dans leur pays d’origine. Des années plus tard, ces femmes, venant de tout l’Ouest, sont opérées notamment à la clinique Bretéché. « Elles viennent par le bouche-à-oreille. On peut aussi s’en rendre compte lors d’un examen et on leur dit. Beaucoup de femmes le savent mais personne ne leur en a parlé avant. C’est bien d’échanger pour leur proposer une chirurgie réparatrice ».

En Guinée, 95 % des fillettes et des femmes sont touchées par cette pratique.
Certaines femmes ne veulent pas être « réparées ». D’autres sont très demandeuses. Il y a deux motivations principales pour franchir le cap : « la réparation de la blessure tout d’abord et, la seconde motivation, c’est la fonction sexuelle, avec des résultats positifs dans 70% des cas ». Une trentaine de femmes viennent chaque année consulter.

L’opération n’est pas très lourde, les suites parfois douloureuses. « Dans les cas d’excision les plus fréquents, les petites lèvres et le clitoris sont coupés. On ne peut rien faire. En général, il a aussi été coupé le gland du clitoris, la partie externe. En réalité, le clitoris se prolonge en profondeur. La chirurgie consiste alors à ouvrir et à libérer la partie profonde pour la mettre en avant ».

L’opération est possible en ambulatoire, depuis l’arrivée du gynécologue-obstétricien fin 2013. Elle est remboursée par la sécurité sociale, sans supplément à Bretéché. Peu de professionnels pratiquent en Loire-Atlantique cette opération qui offre un vrai renouveau à la majorité des femmes soignées. L’intervention est d’ailleurs accompagnée d’un suivi psychologique ou de sexologie.



Certificat

En France, aucun procès pour excision n’a eu lieu ces dernières années. Cette mutilation sous couvert de traditions, interdite dans tous les pays, serait en recul. Mais elle n’a pas disparu. Des familles, qui craignent une excision de leurs fillettes lors d’un séjour dans le pays d’origine, demandent un examen, avant le départ et au retour, pour éviter ainsi une mutilation.


© Presse Océan - Lundi 8 Avril 2019 - Caroline Tréman