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Un infirmier-anesthésiste de Niort, un professeur de lycée de Fontenay et une entreprise de Rives-d’Autise se sont unis, pour développer un prototype de caisse d’intubation.

« Le projet a été lancé vers le 15 avril », explique Julien Lecourtiller, 27 ans, infirmier-anesthésiste de la polyclinique Inkermann de Niort. À la demande d’un médecin anesthésiste de l’unité Covid-19, mise en place dans l’établissement pour accueillir d’éventuels malades, il devait concevoir une caisse d’intubation. « Car l’intubation est l’un des gestes médicaux les plus à risque. »Pourquoi lui ? Il avait déjà démarché des entreprises locales sud-vendéennes pour un appel aux dons de masques afin « d’aider le personnel de la clinique ». Grâce à leur générosité, 5 000 masques ont été collectés.

Un équipement peu répandu en France

Posée au niveau de la tête du patient, la caisse d’intubation dispose de deux trous à l’arrière, permettant au soignant de glisser ses bras et d’introduire un tube dans la trachée, en toute sécurité. Un équipement peu répandu en France, il a donc fallu s’inspirer de ce qui se fait en Chine, au Canada, ou en Italie, à partir de photos. Pays où l’outil a été développé pour parer, alors, au manque d’accessoires de protection. « Ici, le défi était de réaliser la même chose, comme moyen supplémentaire de protection au dispositif existant, masques FPP2, surblouses, visières, contre le risque de projection de gouttelettes dans le contexte actuel de Covid-19 », souligne Julien Lecourtiller.

Pour la conception, il s’est tourné vers Thierry Villeneuve, professeur en sciences de l’ingénierie au lycée Rabelais de Fontenay-le-Comte, qui avait participé à la fabrication de visières (Dimanche Ouest-France du 5 avril). « Un nouveau challenge », que le Fontenaisien était prêt à relever. Pour la fabrication, le duo contacte une entreprise de Rives-d’Autise, Atlantique conception.

Des retours positifs à Niort

Le plus compliqué a été de trouver le matériau, le polycarbonate, car très prisé actuellement, notamment par les commerces. Ses spécificités ? « Il est pliable et facilement collable », indique Thierry Villeneuve. Plusieurs entreprises sont démarchées. Au final, « Véranda Rideau, à Saint-Mathurin,nous a fait don de deux-trois plaques. »

Du projet à sa concrétisation, il aura fallu trois semaines. Deux prototypes (mesurant chacun 600 mm de large, 400 mm de profondeur, 550 mm de hauteur) sont faits, dont un déjà utilisé dans la clinique de Niort. « Les médecins sont contents. Ils l’ont testé sur des patients sains (non porteurs du Covid-19) », rapporte Julien Neuville. Cette caisse d’intubation permettra, d’une part, d’« être prêt en cas d’une deuxième vague ». Et d’autre part, « dans les mois à venir, nous serons amenés à prendre des gens testés positifs dans les blocs opératoires, des zones à risque où des gestes à risque sont effectués ». Plus globalement, il permettra aux soignants de se protéger « des virus avec risque respiratoire, comme la tuberculose, très contagieuse, contre laquelle on prend les mêmes précautions : masques FPP2, gants… ».

Un prototype qui pourrait intéresser les établissements hospitaliers fontenaisiens, selon Thierry Villeneuve. Et de projeter les déclinaisons possibles, tels dans les cabinets de dentistes « où il y a des risques de projection ». Et d’imaginer qu’un jour, une entreprise puisse se lancer dans une production industrielle. Tout est possible. À suivre donc. 

 

©Ouest France, le 19 mai 2020 - Par  Malika Merouari.
©Photo : Ouest France, le 19 mai 2020.