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C'est une première dans le Cher : il est désormais possible de soigner les anévrismes de l'aorte dits à risque, c'est-à-dire mal localisés, grâce à une imprimante 3D. L'opération a été menée pour la première fois dans le département, le 23 juin 2021, à l'hôpital privé Guillaume de Varye de Saint-Douchard et c'est un succès. L'homme de 73 ans est reparti deux jours plus tard, sans cicatrice.


Cette nouvelle procédure s'ajoute aux deux méthodes déjà existantes pour soigner les anévrismes de l'aorte : une méthode chirurgicale qui consiste à ouvrir l'abdomen et une autre qui consiste à poser une endoprothèse aortique. Mais ni l'une ni l'autre ne permettait de guérir un patient en cas d'anévrisme dit complexe et donc situé dans une zone à risque. Grâce à l'imprimante 3D, les médecins peuvent donc s'exercer avant sur une reproduction de l'aorte du patient. Une reproduction sur-mesure sans laquelle ils ne pourraient pas opérer ensuite.

Qu'est-ce qu'un anévrisme de l'aorte abdominale ?
L'anévrisme de l'aorte abdominale est une dilatation de l'aorte qui est pathologique et qui - à partir d'un certain diamètre - entraîne un risque de rupture. Les ruptures des anévrismes aortiques sont 100% mortelles en l'absence de chirurgie. Elles doivent donc être traitées préventivement chez les patients qui ne se plaignent pas avant d'atteindre le stade de rupture.

Il y a deux types de traitement : soit la chirurgie ouverte où il faut ouvrir l'abdomen pour retirer l'anévrisme et coudre une prothèse aortique à la place, soit des techniques qui sont peu invasives - qui existent déjà depuis quelques années - où l'on monte par les artères fémorales (sans ouvrir le ventre) une prothèse qui va être positionnée à l'intérieur de l'anévrisme pour que le sang aortique passe dans l'endoprothèse et ne passe plus dans l'anévrisme. Cette méthode permet d'exclure l'anévrisme tout en le laissant en place et ainsi d'éviter une rupture. Ces deux méthodes existent depuis des années et sont désormais bien codifiées.

A quoi sert l'imprimante 3D ?
Dans le cas des anévrismes à risque : on ne peut pas mettre d'endoprothèse habituelle parce qu'elle va boucher les artères destinées aux reins et au tube digestif. On peut alors faire une chirurgie ouverte mais ce procédé – beaucoup plus lourd - peut entraîner des complications en post-opératoire. Cette méthode ne peut donc pas être adressée aux patients les plus fragiles. Jusqu'à récemment on ne pouvait donc pas opérer ces patients qui étaient contraints de vivre avec un risque de menace de rupture.

C'est donc dans ces cas-là - ceux d'anévrismes de l'aorte dits complexes – que cette nouvelle méthode est efficace. Concrètement, l'imprimante 3D modélise l'aorte du patient à partir de scanners avec des coupes précises. Les médecins peuvent donc - à partir de cette fausse aorte - créer l'endoprothèse sur mesure, à la main, qui sera ensuite poser à l'intérieur de la vraie aorte du patient et ce, sans incision chirurgicale, comme l'explique Denis Belhomme, chirurgien vasculaire à la clinique Guillaume de Varye. C'est lui qui s'occupe de toutes les pathologies vasculaires, artérielles et veineuses : "Ça permet d'être absolument certain que les petites fenêtres sont positionnées au millimètre près devant les différentes artères destinées aux reins et au tube digestif."

Pour le médecin en charge de cette opération : " C'est absolument essentiel, on peut redresser des erreurs qui ont été faites. Au départ, on pense que l'on va positionner les fenêtres de l'endoprothèse à tel endroit et on se rend compte en déployant l'endoprothèse - dans ces moulages aortiques qui sont en fait la reproduction de l'aorte du malade - qu'à tel endroit il ne va pas falloir faire de telle manière. C'est donc absolument essentiel."

Une personne sur deux sans médecin traitant dans le Cher
Cette intervention est également une grande fierté pour le médecin : " C'est une satisfaction parce que c'est quand même un pas de franchi. Ça a un côté un peu magique parce que quand on compare cette procédure à la chirurgie habituelle que l'on fait dans ces localisations hostiles - beaucoup plus lourdes pour les patients - c'est sûr que ça révolutionne complètement la façon de traiter ces anévrismes."

Denis Belhomme espère également que ce genre d'avancée permettra de lutter contre la désertification médicale dans le département du Cher. Selon lui, le vrai problème actuellement est le manque de médecins traitants dans le département : " Dans le Cher, on estime qu'il y a environ une personne sur deux qui n'a pas de médecin traitant. "

Les prochaines interventions aidées par l'imprimante 3D dans le cas d'une rupture d'anévrisme complexe auront lieu à partir du mois de septembre.


© Kathleen Comte, "C'est une première dans le Cher, les anévrismes de l'aorte abdominale traités grâce à l'impression 3D", France Bleu, 16 juillet 2021

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