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L’établissement marseillais est un des piliers de la spécialité dans la région


En France, 1 couple sur 7 connait ou connaitra des difficultés à avoir un enfant.
Sans solution, certains se tournent vers la médecine et les centres de procréation médicalement assistée. À Marseille, la clinique Bouchard réalise 1 300 tentatives de FIV ou d’insémination par an pour venir en aide à des futurs parents.

"Il existe plusieurs techniques d’aide à la procréation, mais avant de pouvoir en bénéficier, il faut qu’un médecin référent réalise tous les tests préliminaires afin d’adopter la meilleure prise en charge", détaille le docteur Philippe Terriou, Biologiste, responsable de l’équipe Bouchard-Alphabio, et membre de l’Institut de médecine de reproduction.


Avec ce bilan préliminaire, le spécialiste va chercher à déterminer la cause de la stérilité. Lorsque le bilan de fertilité est effectué (spermogramme pour l’homme, prises de sang et examen des ovaires, des trompes et de l’utérus pour la femme), les médecins peuvent être amenés à orienter le couple vers une PMA. "Notre travail est d’augmenter les chances du spermatozoïde de pénétrer l’ovule. Pour cela, nous avons plusieurs moyens : soit en pratiquant une insémination artificielle ou une fécondation in vitro".

Des techniques améliorées par la technologie
Pour la première citée, la technique consiste à stimuler les ovaires afin d’obtenir un ou deux ovocytes (ovules) qui seront fécondés naturellement dans la trompe par les spermatozoïdes préalablement sélectionnés par le labo puis inséminés par le gynécologue. "Le taux de réussite est de 15 % seulement, mais le vrai avantage c’est que la stimulation des ovaires est modérée et qu’il n’y a pas d’anesthésie générale", prévient le docteur.
La fécondation in vitro est plus invasive puisque la stimulation est plus forte et qu’une anesthésie générale est nécessaire. Elle permet la rencontre de deux cellules au laboratoire : l’une issue de la femme, l’ovocyte mûr, l’autre issue de l’homme, le spermatozoïde. "Une fois que la fécondation s’est produite, on laisse l’oeuf se diviser in vitro pendant 2 à 5 jours avant de le transférer dans l’utérus de la femme où il pourra s’implanter", détaille-t-il.


Pour disposer de plusieurs embryons à la fois, il faut forcer la nature puisque, naturellement, un seul follicule arrive à maturation à chaque cycle si bien qu’il n’y a qu’un seul ovocyte fécondable. Pour obtenir plusieurs ovocytes au cours d’un même cycle, on recourt à un traitement qui stimule les ovaires.


Mieux, la clinique Bouchard est équipée d’un dispositif de caméras miniaturisées directement placées dans les étuves de culture qui filme dans le noir la division des embryons en temps réel. Cette technologie évalue des paramètres morpho-cinétiques, grâce à un montage vidéo issu de nombreuses photographies (time lapse) prises au moment de la culture. Grâce à ce système, les chances de grossesses sont augmentées en sélectionnant mieux l'embryon qui a le plus de chance de s'implanter. "C’est un outil exceptionnel puisqu’on élève à 30–35 % les chances de grossesse. On veille sur les embryons en permanence pour observer leur évolution".


En plus de sélectionner l’embryon idéal, les spécialistes sont équipés de microscopes particuliers qui permettent d’étudier plus précisément les spermatozoïdes. "L’IMSI, technique d’injection de spermatozoïde dans l’ovule réalisée à très fort grossissement est une technique plus précise que l’ICSI classique réalisée
à faible grossissement, car on peut trier les spermatozoïdes à injecter en fonction de la présence ou pas de micro-vacuoles dans leur tête", précise-t-il.


Des moyens de reproduction remboursés par l’Assurance maladie
En moyenne, les chances de réussite sont de 25 % par tentative. "Tout dépend du nombre d’ovocytes matures qu’on arrive à récupérer et de la qualité des spermatozoïdes. Il faut tout de même compter quatre mois entreles tests préliminaires et la réalisation de la FIV", prévient le spécialiste.


Au cas où les tentatives ne sont pas fructueuses il est possible de les répéter plusieurs fois au cours d’une même année.


"L’insémination artificielle est moins lourde à réaliser, on peut donc en réaliser six par an. Si ces tentatives n’ont pas abouti à une grossesse, on propose rapidement la Fécondation In Vitro. On n’en réalise généralement que trois par an environ".


L’Assurance maladie permet aux couples de ne pas perdre espoir, puisque six inséminations sont remboursées totalement, contre quatre cycles complets pour une FIV. "L’aspect psychologique est primordial. Ça peut devenir une obsession à laquelle les réponses des médecins sont difficilement compréhensibles.
Nous avons donc une psychologue qui est à l’écoute des couples pour les soutenir dans leur démarche".


En adoptant une prise en charge globale, l’équipe Bouchard-Alphabio-IMR met toutes ses chances de son côté pour satisfaire les projets parentaux de leurs patients.
 

© Fabien Cassar, La Provence 13/03/20