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Pour l’instant, la clinique du Cap d’or n’a pas reçu d’infos de l’ARS concernant la reprogrammation de l’activité médicale. " Simplement des recommandations, la semaine dernière, pour la prise en charge des patients hors Covid, notamment en oncologie ", indique son directeur, Jean Vérillon.

Dans ce contexte, « on n’aura pas de chirurgie programmée, autrement dit une réouverture complète du bloc chirurgical, avant la fin du confinement » indique-t-il.

En attendant, la clinique travaille sur la sensibilisation des médecins, mais surtout des patients, au risque de pertes de chances. " Certaines interventions qui pouvaient attendre il y a un mois ne pourront pas attendre un mois de plus. En particulier en oncologie mais aussi en gastro-entérologie. On prévoit donc de rouvrir un peu plus de créneaux, y compris en endoscopie, pour ne pas passer à côté des cas graves. On va aussi réorganiser le bloc et ouvrir plus de salles pour être en mesure de prendre en charge ces patients urgents. "

Un message aux patients

Si les médecins sont invités à juger de l’opportunité de rappeler leurs patients déprogrammés, le directeur de la clinique pense qu’il faut aussi faire passer un message à ces derniers. « Tous ceux qui n’osent pas prendre rendez-vous ou qui ont annulé des rendez-vous d’imagerie, qui ne sont pas venus parce qu’ils ont peur du coronavirus. Il faut leur dire que le virus est partout, mais que dans les établissements de santé plus qu’ailleurs, les parcours des patients Covid-19 sont étanches. Toutes les prises en charge des patients hors Covid se font en pleine sécurité. Il ne faut pas avoir peur de se faire soigner. »

Il faut plutôt redouter, pense-t-il, « les risques pris à retarder les prises en charge » : « On se prépare à une seconde crise sanitaire, plus silencieuse. »

Pas forcément moins grave.

« Plus le temps passe, plus on risque de se retrouver avec des patients qui présenteront des pathologies aggravées et des pertes de chances », s’alarme le Dr Salvatore Avallone, chirurgien à la clinique du Cap d’or, à La Seyne. Ça commence à poser problème. Depuis un mois, les gens ne viennent plus, même aux urgences. "

Alors qu’habituellement il réalise chaque mois une quarantaine d’interventions de chirurgie digestive, viscérale ou bariatrique, le Dr Avallone n’a opéré que deux patients depuis la mi-mars. « Le premier, c’était pour un cancer du côlon en occlusion, une urgence vitale donc, et l’autre pour une hernie réductible. J’ai le même retour de mes collègues dans d’autres établissements, publics ou privés. Aux urgences à l’hôpital, ils se demandent où sont passés les AVC ? Je pense qu’on va se retrouver avec une vague de patients à gérer, plus de cancers détectés tardivement, plus d’interventions à gérer en urgence et des pertes de chances pour les patients. »

« Éviter les pertes de chances pour les patients »

© Var-Matin, 16/04/20