07/03/2022
La clinique Océane accompagne les obèses

Témoignages
Hier, c’était la journée mondiale contre l’obésité. Jennifer et Barbara, atteintes de cette maladie, ont suivi le «parcours obésité » de la clinique Océane. Jusqu’à subir une opération. Leur « renaissance ».
Un poids qui ne leur convient plus, jusqu’à mettre leur vie en danger. Le tout mêlé au regard grossophobe de la société. Une image de soi-même dénigrée et des aspirations loin de celles d’avant ou loin de celles espérées.
C’est pour reprendre le contrôle de leur corps et de leur vie que Jennifer Bon et Barbara ont suivi le «parcours obésité» de la clinique Océane de Vannes, lancé en mars 2021. Entourées d’une équipe de psychologue, d’éducatrice sportive, de diététiciennes, d’infirmières et de médecin, les deux femmes ont achevé ce parcours allant jusqu’à l’opération. Pourtant, ni l’une ni l’autre ne songeait à passer au bistouri.
Des problèmes de santé
Pour la première, habitant à Quily, près de Ploërmel, sa relation avec cette maladie multifactorielle n’est pas nouvelle. « L’obésité a commencé quand j’étais jeune », se souvient Jennifer, mère de famille de 37 ans. Cette maladie lui cause des problèmes de dos, de genoux mais aussi au niveau de l’aorte. Elle s’essaie alors à quelques régimes, mais aucun ne fonctionne.
Et après deux ans de réflexion et de retours d’opération de la part de proches, elle se décide à franchir le pas de la chirurgie. « Je me sentais mal dans ma peau, c’était compliqué de m’habiller », confie Jennifer. En septembre 2021, on lui pratique un « by-pass », une technique consistant à réduire la taille de l’estomac.
« Maintenant, je prends soin de moi »
Elle qui pesait 96 kg, portait du XXL et des pantalons taille 48 se retrouve à 68 kg, et à fouiller dans les rayons taille S et 38 des magasins.
Et progressivement, la Quilyenne accepte son nouveau corps : « Maintenant, je prends soin de moi, je prends plaisir à m’acheter de nouvelles choses. » C’est aussi son quotidien qui se retrouve modifié. Elle qui dit « revivre et retrouver goût à la vie » pratique des activités qui lui étaient jusqu’alors impossibles. « Je peux faire de la marche, alors qu’avant j’étais essoufflée. Je refais du vélo, je peux passer l’aspirateur ou encore monter sur une chaise pour faire les carreaux », rigole-t-elle.
Des grossesses et un changement de corps.
Quant à Barbara, 50 ans, sept années de réflexion et de « cheminement » lui auront été nécessaires avant de se lancer dans ce parcours. Celle qui auparavant était « une sportive de haut niveau avec un physique et un mental d’athlète » accumule les kilos.
« Je suis mère d’une famille très nombreuse. Les multiples grossesses m’ont fait prendre du poids et des rondeurs », évoque l’habitante du pays de Vannes. Elle se retrouve progressivement en surpoids et des comorbidités s’installent.
Des échanges et des rencontres avec l’association Obèse 56 entameront ce parcours vers une prise de conscience. « J’accompagnais une amie. Mais je ne pensais pas que, quatre ans plus tard, ce serait à mon tour d’être une patiente », relate Barbara.
« Reprendre mes rêves »
Se sentant entourée et soutenue par l’équipe de la clinique Océane, Barbara décide de se faire opérer. Motivée par l’envie « d’être cette mère de famille jeune, de reprendre mes rêves professionnels, sportifs, culturels ».
Depuis sa chirurgie, il y a trois mois, la cinquantenaire du pays de Vannes assure ne se priver de rien : « Je prends le même plaisir à préparer mon repas qu’avant. Je prends plus de temps pour mastiquer et partager ce moment avec ma famille. »
Jusqu’à parler, elle aussi, d’une « renaissance » : « Ce n’est pas tant le fait de perdre du poids ou de changer de taille de vêtements. C’est le fait de se sentir bien. Je suis comme un papillon qui quitte sa chrysalide. »
La clinique Océane accompagne les obèses
Selon les chiffres 2020 d’Obépi, 50 % de la population française est en surpoids. Avec un taux d’obésité de 17 %.
Face à ces données, la clinique Océane de Vannes a mis en place, en mars 2021, un parcours complet lié à l’obésité. Car « il y a un gros manque de prise en charge de cette population », avance la médecin Dr Louarn et l’infirmière en chirurgie Aurélie Detrez.
Ce parcours accompagne les personnes atteintes d’obésité avant, pendant et après l’opération, au travers de consultations individuelles et d’ateliers de groupe. Et ce, pendant au moins six mois. « Ce parcours s’adresse à des personnes ayant un indice de masse corporelle supérieure à 40 ou supérieur à 35 mais avec des comorbidités (cholestérol, diabète, apnée du sommeil) », explique la médecin.
« L’opération est la dernière chose à faire »
Des diététiciennes, une psychologue et une éducatrice sportive participent également à ce parcours pour donner des clés de réussite aux patientes. « Il faut identifier les facteurs responsables de la prise de poids car ce sont ces derniers qui peuvent revenir après l’opération », souligne Léa Cathesson, une des diététiciennes. Il s’agit aussi de « déculpabiliser » les personnes concernées. Car l’obésité, « ce n’est pas parce que l’on mange trop ci ou ça, c’est un tout.
C’est une maladie multifactorielle », ajoute Marine Massonnaud, psychologue. En un an, 130 patients ont été accompagnés et 34 personnes ont été opérées au sein de l’hôpital privé. Mais l’infirmière Aurélie Detrez insiste : « L’opération est la dernière chose à faire, si la personne n’a pas le choix. C’est une opération risquée et qui entraînent des changements d’habitude de vie. »
© Marie Desevedavy, "La clinique Océane accompagne les obèses", Ouest-France, 5-6.03.2022
