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Opérations annulées, port du masque pour tous, prêt de matériel et de personnel à l'hôpital
La polyclinique s'adapte à l'épidémie

La Polyclinique du Val de Loire, à Nevers, adapte son fonctionnement à la lutte contre le coronavirus. Par des mesures drastiques pour protéger ses personnels, ses patients et aussi une aide matérielle et humaine au centre hospitalier, comme l'expliquent Arnaud Goguillot et Ivan Sollogoub, respectivement directeur et président de la commission médicale d'établissement.

Opérations annulées. La polyclinique n'assure que la chirurgie d'urgence dans toutes ses spécialités. Elle a, « depuis vendredi 13 mars, mis fin à toute la chirurgie programmée ». La médecine oncologique est maintenue. Les lits libérés ont permis d'augmenter le nombre d'hospitalisations des patients fragiles dans ce service. « Aujourd'hui, laisser des personnes immunodéprimées, sous chimiothérapie, seules à domicile avec toutes les mesures de confinement, c'est extrêmement compliqué. »

Le service de médecine oncologique suit, chaque jour, vingt-deux patients. Et près d'une trentaine d'autres en chimiothérapie ambulatoire.

Protection.

« L'établissement a été transformé en bunker. » Une décision prise pour éviter toute propagation du virus et la contamination des patients sous chimiothérapie qui courraient « un risque gigantesque ».

La direction impose à tous, personnels et visiteurs, le port du masque, le contrôle de la température et le nettoyage des mains au gel hydroalcoolique à l'entrée. Et un motif valable pour pénétrer. « Aujourd'hui, nous n'avons aucun patient ni salarié atteint du Covid. » Les personnels dits à risques, en raison de pathologies, ont été retirés des plannings. Le télétravail a été mis en place pour les non-soignants.

Aide à l'hôpital.

La polyclinique prête au centre hospitalier de Nevers six de ses onze respirateurs, ces appareils utilisés pour pallier les difficultés respiratoires des malades du coronavirus. Elle met aussi à sa disposition, à la demande, du personnel médical ou paramédical compétent en réanimation. « Dès le départ, nous avons eu le souci de nous rendre utiles. »

Les respirateurs prêtés sont les seuls à « pouvoir répondre à la problématique de la réanimation ». Deux blocs opératoires et une salle de réveil restent ouverts.

Reports.

Les opérations reportées se calculent par centaines. Les interventions chirurgicales représentent « 90 % de l'activité ». Si l'hôpital, fortement sollicité par la pandémie, connaît de son côté des débordements, la polyclinique a proposé d'absorber les urgences au sein de ses blocs opératoires.

Dès le déconfinement amorcé, elle « reprendra en charge les patients qui relèvent d'une pathologie chronique » (urologie, ophtalmologie).

Solidarité.

Le personnel a été très sensible à la générosité et au bel esprit de solidarité qui a animé des entreprises, organismes professionnels et particuliers. Des masques, gants, surblouses lui ont été offerts. Il a même été gâté en chocolats et pizzas.

« Tout cela a contribué à rassurer nos équipes dans un contexte très difficile. Nous avons remercié individuellement tous ces donateurs pour leur gentillesse. Qu'ils le soient encore aujourd'hui », concluent Arnaud Goguillot et Ivan Sollogoub.

La clinique a été transformée en bunker.

Article paru dans  le Journal du Centre le 18/04/20
Ludovic Pillevesse / ludovic.pillevesse@centrefrance.com