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Il n'a perdu sa main que quelques heures. On n'avait encore jamais fait ça en Auvergne. Mais à en croire le docteur Jean-David Stussi, ce genre d'opération pourrait se reproduire : « Il y a encore quelques années, ce genre d'accident arrivait essentiellement dans le monde agricole. Mais aujourd'hui, avec la crise de l'énergie, de plus en plus de particuliers se mettent à scier du bois, à utiliser des outils qu'ils ne maîtrisent pas toujours. Les accidents ont explosé. »

« Les gens préfèrent toujours garder un membre, même s'il n'est pas fonctionnel, que de le perdre »

Pour autant, l'accident qui s'est déroulé à Arlanc mi-décembre n'est pas arrivé à un novice. Bernard fendait du bois avec un fendeur de bûche qu'il connaît bien. Mais ce jour-là, c'est son poignet et non la bûche qui s'est retrouvé sectionné. « Dans mon malheur, j'ai eu de la chance : tout s'est déroulé très vite : hélicoptère, prise en charge, opération Des minutes essentielles ont été gagnées. »

Pour le chirurgien, il y a « comme souvent dans ces cas-là » un moment d'hésitation. Un poignet en partie écrasé et une main sectionnée, « on se demande très vite si une prothèse n'est pas un meilleur choix qu'une main qui risque de devoir être à nouveau amputée.

Mais une main ! L'enjeu affectif est tel qu'on ne se pose pas longtemps la question. Les gens préfèrent toujours garder un membre, même s'il n'est pas fonctionnel, que de le perdre. Et à première vue, la revascularisation semblait possible ».

Et le docteur Stussi n'est pas un novice. Dans sa jeunesse, il a procédé à la première réimplantation totale d'une oreille en France (la cinquième au monde).

Cinq heures d'intervention pour toute une équipe.

Le choix est donc vite fait et le travail commence. Cinq heures d'opération, pour toute une équipe spécialisée dans la main, et l'opération semble être un succès : « Nous avons attendu un peu avant de communiquer, mais là, la main est irriguée normalement, elle a repris sa couleur. De ce côté-là, c'est une réussite ».

Pour le reste, il va falloir attendre et ne pas trop rêver : cette main gauche ne retrouvera sans doute jamais son agilité d'avant, mais avec d'autres opérations et beaucoup de rééducation, elle pourrait rester une main d'appoint, saisir quelques objets.

La patience fait désormais partie intégrante du traitement.

Depuis une vingtaine d'années, la clinique de La Châtaigneraie, à Beaumont, est devenue un centre référence de la main sous l'impulsion des Dr Collin, Haloua et Claisse. L'équipe actuelle compte 8 chirurgiens qui répondent à 20 à 30 urgences par jour venues de 5 à 6 départements. 

Retrouvez le reportage de cette toute première intervention à la Clinique La Châtaigneraie.

 

La Montagne, publié le 03/01/23 par Arnaud Vernet. 

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