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Si certains regrettaient leur sous-utilisation, la situation a évolué avec une répartition des rôles pour chacun des établissements privés qui auront ensuite à gérer les sorties de longues réanimations...

Tandis que l’on parle un peu partout de point de saturation au sein des hôpitaux publics et que l’ARS Paca lançait, hier, un appel urgent de mouvements de personnel volontaire vers l’Ile-de-France et le Grand Est " en grande détresse ", tout le monde s’interroge : pourquoi transfère-t-on de région à région alors qu’il suffirait d’utiliser les cliniques ?

Xavier Vaillant, secrétaire général de la fédération de l’hospitalisation privée du Sud-Est (FHP), et par ailleurs coordonnateur de cinq cliniques  varoises pour le groupe Elsan, fait le point.

Les passerelles public-privé existent-elles et fonctionnent-elles autant que l’on est en droit de l’espérer dans le Var ?
Oui. Il n’y a eu aucune tension entre nous et les points sont quotidiens. Dans un premier temps, les patients dont on jugeait qu’ils relevaient de l’hospitalisation venaient uniquement dans les centres de références à Sainte-Musse et Saint-Anne. Lorsque ceux-ci ont approché la phase de saturation, dès la semaine dernière, d’autres établissements ont reçu des patients Covid-19 comme la clinique des Fleurs à Ollioules qui, fait assez 
rare dans le privé, a un service réanimation. 

Comment s’est adaptée votre clinique ?
Nous avons rajouté des respirateurs, des lits, formé du personnel pour passer de douze à vingt lits disponibles en réanimation. Quinze sont déjà occupés, dont quatre pour des cas de Covid positifs. La clinique Cap-d’Or est venue renforcer Les Fleurs en nous prêtant des respirateurs et des équipes. De notre côté, pour libérer des places, nous pouvons leur confier des patients, Covid ou non, en surveillance continue lorsqu’ils
ne relèvent pas de la réanimation pure. Nous travaillons à avoir plus de lits, mais cela suppose d’avoir des compétences supplémentaires... 

Justement, les lits c’est une chose, mais matériel et personnel suivent-ils ?
Nous vivons au jour le jour sur les stocks. La préoccupation du jour concerne la pénurie de surblouses. Je profite d’ailleurs de l’occasion pour lancer un appel aux industriels ou distributeurs qui en auraient de disponibles. Carrefour nous a par exemple donné des équipements qui nous ont fait  beaucoup de bien.

Le support du privé dans un territoire en crise peut donc ne pas être suffisant ?
Oui, d’où les transferts de région à région. Et l’inconnue du nombre de cas à venir demeure... 

Existe-t-il un dépistage systématique de vos salariés ?
Au départ c’était uniquement ceux qui présentaient des symptômes. Nous l’avons étendu à ceux qui sont dans des services sensibles, mais c’est compliqué à généraliser faute de réactifs... Sinon, nous filtrons tous nos établissements en prenant la température des personnes qui entrent. 

Quel rôle aura le privé après le Covid-19 ?
La phase de rééducation aura effectivement son importance plus tard. Le jour où il faudra vider les réanimations pour que des personnes qui ont passé un mois sous respirateur et qui n’ont plus de muscles récupèrent. Tout notre secteur " Soin de suite et de réadaptation " aura aussi son rôle à jouer.

LAURENT AMALRIC
lamalric@nicematin.fr

La crise a poussé les cliniques varoises à se réorganiser en déterminant des priorités par établissement avec la réflexion : " Qu’est-ce que
chacun est capable de faire ? " Outre la clinique Les Fleurs (lire ci- dessus), seule la clinique Saint-Jean de Toulon possède des respirateurs artificiels. Sur les six à sept lits équipés pour la réanimation, une majorité est réservée pour des patients Covid-19. 

Quatre patients à Malartic
Même sans respirateurs, le pôle Malartic d’Ollioules fait de son côté partie des autres établissements privés varois avec Hyères et Cap d’Or, habilités pour l’heure, à recevoir des patients atteints du Covid-19. " Nous nous inscrivons en support des établissements de deuxième ligne du Var. Une  rganisation et des circuits ont été mis en place depuis plusieurs jours en réponse aux demandes du Groupement hospitalier de territoire (GHT), en  elais de l’ARS. La clinique Malartic, dotée d’un SAU (service d’urgence), reçoit de la régulation de Toulon, des patients Covid +, depuis la semaine  ernière. Une unité dédiée Covid + regroupe des lits d’hospitalisation et les lits de l’unité de surveillance Continues (USC). À ce jour quatre patients  ovid + sont hospitalisés, dont la moitié a moins de 65 ans ", détaille la directrice générale, Valérie Massenet qui se félicite que " les dotations de  asques commencent à arriver ". Par ailleurs, toujours au nom de la " juste répartition des tâches ", si elle n’a pas de patients Covid-19, la clinique des  Lauriers de Fréjus accueille  le service oncologie de l’hôpital public voisin avec mise à disposition d’un étage complet pour leur personnel et les chimiothérapies.

À Draguignan, la moitié de l’équipe d’anesthésistes de la clinique Notre- Dame est allée sur l’hôpital public pour prendre des gardes  n réanimation.

(c)Var Matin - LAURENT AMALRIC - lamalric@nicematin.fr

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