Actualités

Les différents responsables des hôpitaux des Deux-Sèvres l’ont dit et répété. S’il y a un lieu où la sécurité sanitaire est la plus sûre en ce moment, c’est bien dans leurs établissements. Et pourtant, la croyance du contraire est si forte que la baisse du passage par les services des urgences a diminué parfois de 50 % depuis le début du confinement. De la même manière, les cabinets des médecins de ville sont malheureusement délaissés a déploré le Dr Gacioch, président du conseil départemental de l’Ordre des médecins. Et ça ne va pas sans poser de graves problèmes. C’est pourquoi, à l’initiative de l’ARS des Deux-Sèvres et de son directeur, Laurent Flamant, un point a été effectué sur cette situation particulière. Ces problèmes, dont on mesurera probablement les conséquences dans plusieurs mois, ont été évoqués par le Dr Éric Behbahani : « Nous enregistrons des retards de diagnostics parce que les patients tardent à passer aux urgences. C’est vrai pour des AVC (lire ci-dessus) mais également pour des appendicites qui se sont transformées en péritonites, des cancers du colon, des artérites. C’est vrai dans les Deux-Sèvres mais également dans toute la France. À force d’attendre par peur probablement de contracter le Covid-19, alors qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter, un grand nombre de patients arrivent avec des complications ». Et ce qui est vrai pour les hôpitaux l’est bien entendu également pour la médecine de ville.
 

Sécurité avant tout

Tordre le cou à ces croyances en vigueur depuis le début du confinement est certainement le message crucial à faire passer auprès de chacun. Ce à quoi s’est attaché Bruno Fauconnier, directeur du centre hospitalier de Niort : « Notre vocation est de prendre en charge tous les patients et toutes les pathologies. Nous avons prévu deux parcours pour accueillir les patients, dont un réservé au Covid-19 ». Des propos confirmés par Pierrick Dieumegard, directeur du CHNDS : « Les centres hospitaliers sont ouverts. On peut et on doit venir à l’hôpital. Les centres hospitaliers sont des lieux où il y a le moins de risques de contagion », et par Cyrille Keriquel, directeur de la polyclinique Inkermann à Niort : « Nous avons mis un plan de sécurisation des patients en place ».
Et si toutefois le déconfinement est fort probable dans les Deux-Sèvres le 11 mai prochain, il n’est pour autant nul besoin d’attendre pour se rendre aux urgences ou chez votre médecin traitant s’il vous semble que votre état de santé le nécessite.

 

©La Nouvelle République, le 2 mai 2020- Par Jean-François Minot
©Photo : La Nouvelle République, le 2 mai 2020