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Pole d’excellence depuis quinze ans en matière de traitement du cancer, le centre de radiothérapie hébergé dans la clinique du Pont de Chaume reste en pointe. La nouvelle machine du fabricant américain Varian vient d’arriver cette semaine à Montauban et sera opérationnelle dès le 25 septembre. Grâce à sa technologie, Alcyon (c’est son nom) permet de diminuer de 50 % la durée d’un traitement. Un gain de temps pour les soignants qui peuvent recevoir plus de patients chaque jour mais aussi un avantage pour les malades allongés sur la table : sur l’ancienne machine il fallait parfois conserver sa position sans le moindre mouvement pendant une cinquantaine de secondes contre une quinzaine avec ce nouvel engin.

« Avant d’acheter cet accélérateur, nous sommes allés le voir fonctionner à Lyon et avons été séduits par ses capacités et sa simplicité d’utilisation. Initialement, ce modèle avait été fabriqué pour le marché africain avec une simplification de la maintenance, une faible consommation en électricité et en eau. Mais les efforts du constructeur pour développer une machine à la technologie simplifiée nous ont intéressés, reconnaît le docteur Philippe Dudouet, un des trois oncologues radiothérapeutes du centre montalbanais. Nous sommes les premiers de Midi-Pyrénées à réceptionner ce modèle ultra-performant et le groupe Oncorad Garonne dont nous faisons partie va en recevoir deux autres en fin d’année à la clinique Pasteur de Toulouse. »


110 patients traités chaque jour

Machine


Un investissement qui avoisine 1,5 million d’euros, facture entièrement réglée par ce groupe de radiothérapeutes libéraux. Dans cette unité montalbanaise, la nouvelle machine va permettre de proposer plus de rendez-vous quotidiens. Pour faire face aux besoins des patients, les équipes travaillent actuellement de 7 h 30 à 22 heures. Des créneaux ont même été ouverts le samedi. « Sur une année, on effectue 11 000 traitements et il nous arrive en ce moment de monter jusqu’à 110 patients traités par jour, un chiffre colossal pour les équipes, explique la physicienne Christine Boutry. Nos patients viennent du département mais aussi du Lot, qui ne dispose pas de centre de radiothérapie. »

Dans le traitement du cancer, 75 à 80 % des cas ont recours à ce type de traitement. Les cas traités les plus importants sont celui du sein, de la prostate mais aussi les cancers ORL (oto-rhino-laryngologie). « Entre 35 et 40 % de notre activité se consacre à une radiothérapie palliative pour soulager les patients, précise le docteur Dudouet. Avec le nouvel accélérateur, nous allons travailler avec encore plus de précision sur les zones d’intérêt en fonction des contraintes de doses par organe traité. L’ergonomie de la machine est moins impressionnante pour le patient et permettra, on l’espère, de réduire leur anxiété au moment de leur traitement. »

En plein développement, le centre de radiothérapie vient d’acheter du terrain à la clinique et projette d’ici 2023-2024 de construire à quelques mètres un nouveau centre de traitement. L’occasion de se doter d’une troisième machine mais aussi de prévoir l’emplacement d’une quatrième pour faire face à des besoins toujours en augmentation.


© La Dépêche du Midi, le 5 septembre- Par Philippe Cahue

© Photo : DDM, PhC