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Votre enfant a subi un traumatisme crânien ? Voici les symptômes qui doivent vous conduire aux Urgences et les bons réflexes à adopter.

Traumatisme crânien chez l'enfant ou le bébé : de quoi parle-t-on ?

Comme son nom l'indique, le traumatisme crânien (ou "trauma crânien") désigne "un traumatisme qui atteint le crâne, donc la tête : cela peut être une chute, un choc, un coup volontaire ou involontaire..." explique le Dr. Solange Moore, médecin pédiatre.

Lorsqu'un enfant heurte le coin d'un meuble avec sa tempe, lorsqu'il tire la nappe du salon et reçoit un vase sur le crâne, lorsqu'il fait une chute à vélo et chute sur la tête, lorsqu'il prend un coup de coude ou de genou au-dessus des yeux pendant une activité sportive, ou tout autre choc à la tête... il s'agit donc d'un traumatisme crânien. "Les traumatismes crâniens peuvent aussi survenir dans un cadre de maltraitance" souligne la pédiatre.

Traumatisme crânien : c'est grave, docteur ? "Le traumatisme crânien n'est pas toujours grave, mais il peut l'être : il est donc nécessaire de le prendre au sérieux, chez le bébé comme chez l'enfant" répond le Dr. Solange Moore. Il existe ainsi des traumatismes crâniens légers et des traumatismes crâniens sévères.

Traumatisme crânien : quels sont les signes à surveiller ?

Votre enfant a subi un traumatisme crânien, c'est-à-dire une chute, un choc ou un coup (volontaire ou involontaire) au niveau de la tête ? Les signes à surveiller dépendent de son âge :

  • avant l'âge de 2 ans, "c'est plus inquiétant, les médecins ont tendance à hospitaliser plus facilement, car l'enfant n'est pas en mesure de verbaliser ses symptômes : il n'y a pas encore la parole !" souligne le Dr. Solange Moore. Il est nécessaire de filer aux Urgences ou d'appeler les secours (15 ou 112 sur le téléphone) si le choc a été important (l'enfant a reçu un objet lourd sur la tête ou l'objet tombait de haut...), si l'enfant a l'air "sonné" ("il ne se comporte pas comme d'habitude, il est moins actif, il semble plus amorphe..." illustre la pédiatre) ou encore s'il y a des nausées et/ou des vomissements.
  • après l'âge de 2 ans, il faut impérativement consulter (se rendre aux Urgences ou appeler les secours : 15 ou 112 sur le téléphone) si le traumatisme crânien provoque des troubles du comportement (l'enfant est somnolent, bizarre, sonné, "il ne répond pas quand on lui parle"...), s'il y a des troubles de la conscience, s'il y a des troubles de l'équilibre, s'il y a des nausées et/ou des vomissements, ou encore s'il y a des mouvements anormaux (des spasmes, des mouvements désordonnés, des mouvements lents et répétés...).

Traumatisme crânien : c'est aussi grave chez le bébé ! "Il y a une idée reçue selon laquelle, le crâne d'un bébé étant mou, les traumatismes crâniens seraient moins graves chez les enfants avant l'âge de 2 ans, rapporte le Dr. Solange Moore. Si, effectivement, le crâne est plus souple avant 2 ans, il y a aussi une fragilité du réseau vasculaire intracrânien : le traumatisme crânien peut donc avoir des conséquences sévères !"

Traumatisme crânien : à l'hôpital, quels examens ?

"À l'hôpital, la radiographie du crâne n'est aujourd'hui plus systématique : un scanner cérébral ou un examen IRM pourra éventuellement être proposé en fonction de l'état de l'enfant" explique la pédiatre.

Sans surprise, les médecins demanderont des précisions quant aux circonstances ayant abouti au traumatisme crânien : "il y aura forcément une question relative à la maltraitance, ce qui ne signifie pas que les médecins vous accusent : simplement, ils sont très vigilants vis-à-vis de la maltraitance infantile" ajoute la spécialiste.

Traumatisme crânien : zoom sur le syndrome du bébé secoué. Il concerne plutôt les enfants âgés de moins de 6 mois, et souvent les enfants âgés de 2-3 mois : "on pourrait parler de traumatisme crânien volontaire : le bébé est saisi brutalement par le thorax et sa tête (qui représente environ 20 % du poids total de son corps) bascule d'avant en arrière, décrit le Dr. Solange Moore. Les ponts artérioveineux qui sont en formation dans la boîte crânienne (donc fragiles) se rompent et il y a une hémorragie : une poche de sang se forme et comprime le cerveau."

Malheureusement, le syndrome du bébé secoué peut aboutir au décès de l'enfant : "il y a toujours des séquelles" nous avertit la pédiatre. "C'est un geste qui est malheureusement très vite fait, avec la fatigue des premiers mois. Si vous êtes face à votre enfant, qu'il pleure, que vous ne le supportez plus, le meilleur réflexe reste d'aller prendre un bon bol d'air, quitte à le laisser pleurer dans son lit ; c'est beaucoup moins dangereux pour lui."

Traumatisme crânien chez l'enfant ou le bébé : que peut-on faire à la maison

Si votre enfant a subi un traumatisme crânien mais qu'il n'y a aucun symptôme inquiétant, "vous pouvez appliquer un glaçon emballé dans un gant de toilette sur son hématome : attention, ne mettez pas le glaçon directement sur la peau, car il y a un risque de brûlure" nous avertit le Dr. Solange Moore. En complément, le gel d'arnica (à acheter en pharmacie) peut aider ; idem pour le paracétamol en cas de maux de tête. "Ne donnez pas d'aspirine ni d'ibuprofène à votre enfant : cela peut aggraver un éventuel saignement péri- ou intracrânien" ajoute la pédiatre.

Traumatisme crânien : il faut toujours en parler au médecin. "Si votre enfant a subi un traumatisme crânien, même en l'absence de symptômes inquiétants, il faut quand même mentionner cet événement à votre médecin traitant et/ou à votre pédiatre, recommande le Dr. Solange Moore. En effet : la formation d'un hématome sous-dural (en particulier chez l'enfant plus âgé) peut prendre du temps, jusqu'à quelques jours, et provoquer des symptômes à retardement."

Merci au Dr. Solange Moore, pédiatre à la Polyclinique du Parc Saint-Saulve (groupe ELSAN).

© Apolline Henry, "Traumatisme crânien chez l'enfant ou le bébé : causes, symptômes, surveillance, séquelles et comment réagir ", Femme Actuelle, 7.03.22