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La technique est encore très peu pratiquée en France. À la Polyclinique du Parc depuis un an, un chirurgien propose à ses patients des prothèses de genou sur mesure.

Parce que chaque personne dispose de genoux qui lui sont propres, un chirurgien de la Polyclinique du Parc à Caen a décidé de se spécialiser dans la pose de prothèses sur mesure.


Deux mois pour fabriquer la prothèse

« Si un patient n'a pas le genou droit, il faut le lui laisser de travers, pour que son corps accepte au mieux cet élément extérieur qui va lui être intégré, explique-t-il. La prothèse ne doit pas modifier son schéma corporel ».

Le médecin travaille ainsi en étroite collaboration depuis 2018 avec un laboratoire suisse, où les prothèses sont conçues. Après des premiers échanges avec le patient, un scanner du bassin aux chevilles est réalisé, pour bien prendre en considération la morphologie de la personne à opérer, au moment de fabriquer la prothèse. Les ingénieurs du laboratoire suisse font alors une proposition au spécialiste caennais, avant que la prothèse ne soit fabriquée par une imprimante 3D. Il faut compter un délai de deux mois.

Ce type d'opération intervient quand il faut remplacer le cartilage du genou usé par l'arthrose. La première prothèse sur mesure a été posée à Caen début 2019. Si six à sept patients ont suivi dans l'année à la Polyclinique du parc, leur nombre devrait être multiplié par six dans les années qui viennent, soit une quarantaine. « Cette technique est géniale, nous ne sommes qu'au début de son utilisation. Plus la prothèse s'approche de l'anatomie d'origine, plus le patient va connaître un chemin court pour retrouver une démarche naturelle ».


"Je marche comme avant"

Après l'opération, les premiers pas des patients semblent donner raison à ce spécialiste orthopédiste. Leur démarche est plus fluide que celle des personnes qui ont été opérées de façon plus conventionnelle. « Dans la journée, je montais les escaliers de l'hôpital », se remémore Alain Maurice, opéré en mars 2019.

Un an plus tard, la pose de la prothèse a été « un grand succès. La première semaine a forcément été un peu difficile, et ensuite avec les 21 séances de rééducation, j'ai retrouvé rapidement une marche très naturelle. Aujourd'hui, je marche comme avant, je fais du golf et en ce moment, je me baisse même sans aucun souci pour faire du carrelage chez moi. »

 

©Liberté 05/03/2020 - par  Maxence Gorregues
©Photo : Liberté