Accouchement à domicile

Accoucher à domicile procède du désir de donner naissance à son enfant en dehors des contraintes du cadre hospitalier, en présence d'une sage-femme formée à ce type d’accouchement. C'est une décision qui ne s’improvise pas et qui demande réflexion.

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L'accouchement à domicile, aussi appelé accouchement accompagné à domicile (AAD), consiste à donner naissance à son enfant chez soi, en présence d'une sage-femme et parfois d'un médecin. En France, cette pratique reste marginale (elle représente moins de 1% des naissances) et suscite des débats importants au sein de la communauté médicale.

L'accouchement à domicile présente pourtant des avantages pour la femme enceinte : en effet, un environnement familier et confortable rassure et permet d'éviter le stress de l'hospitalisation. La femme enceinte conserve une liberté de choix quant au déroulement de son accouchement physiologique, qui a lieu dans des conditions naturelles et moins médicalisées.

Cependant, les professionnels de santé opposants à cette pratique soulèvent des inquiétudes concernant la sécurité de la mère et du bébé, notamment en cas de complications imprévues. Ils soulignent également l'importance de la mise en place d'un suivi médical précoce de la mère et de l'enfant à naitre,  et d'un accès immédiat à une maternité en cas de besoin.

Est-il possible d’accoucher à domicile, assistée par une sage femme ?

En France, l’accouchement à domicile (AAD) est un droit prévu par le Code civil depuis le début du XIXe siècle. Il ne représente dans les faits que 0,2 % des naissances chaque année. Mais selon l’Association professionnelle de l’accouchement accompagné à domicile (APAAD), une étude Ifop révèle que 36 % des femmes souhaiteraient en réalité accoucher chez elles, assistées ou non par une sage-femme. 

Il n’est toutefois pas possible d’accéder au souhait de chacune, car, toujours selon cette même source, sur 23 500 sages-femmes en activité, seules 80 d’entre elles exercent l’accouchement accompagné à domicile. Pour pouvoir pratiquer l’accouchement à domicile, les sages-femmes doivent souscrire à une assurance responsabilité civile professionnelle conformément à la loi Kouchner de 2002. Or le montant de cette assurance est un frein pour certaines sages-femmes. Certaines régions de France ne sont ainsi pas du tout couvertes par ces professionnelles de l’accouchement à domicile. 

Aussi, pour des raisons de distance, de disponibilité, certaines femmes se voient opposer un refus à leur demande d’accouchement à la maison. Si vous souhaitez accoucher chez vous, plus vous entreprendrez tôt la recherche d’une sage-femme, plus vous aurez de chances d’en trouver une qui soit disponible. 

Enfin, des raisons médicales peuvent également constituer un motif de refus d’accouchement à domicile. C’est le cas, par exemple, si vous souffrez d'un diabète gestationnel, d'une toxémie ou encore d'hypertension artérielle. Il en est de même si votre enfant se présente par le siège ou s’il s’agit d’une grossesse multiple ou à risque. Si vous optez pour l'accouchement à domicile, vous êtes donc dans l'obligation de consulter un médecin dans le cadre d'une consultation médicale en cours de grossesse afin qu'il statue sur la faisabilité du projet.

Accouchement à domicile (AAD) - Photographie d'une femme enceinte assise sur son canapé, à son domicile

 

Pourquoi accoucher à la maison ?

Le choix d’un accouchement à la maison obéit à différentes motivations. Parmi les motifs les plus fréquemment rencontrés, on observe le désir d’accoucher hors de l’enceinte d’un hôpital, au calme, dans un environnement familier et rassurant. Cette volonté peut également résulter d’une aversion ou phobie des hôpitaux, ou bien d’une mauvaise expérience en établissement de maternité. Autre motif avancé : le souhait de ne pas s’éloigner de ses autres enfants, quand le bébé à naître n’est pas le premier enfant du couple. 

Pour d’autres futures mamans, accoucher à la maison permet de limiter au maximum le nombre d’interlocuteurs médicaux. Car dans le cas d’un accouchement à domicile, seule la sage-femme aide la future mère à accoucher : elle est son unique interlocutrice (sauf si des complications nécessitent la consultation de spécialistes). La future maman a donc le temps d’instaurer un lien de confiance avec la sage-femme au fil des semaines, contrairement à l'accouchement en maternité qui implique l'intervention d'une professionnelle de santé généralement inconnue.

Enfin, accoucher à domicile est aussi un moyen de directement accueillir le bébé dans son futur lieu de vie et d'engager les parents dans l'accouchement, afin qu'ils soient acteurs de la naissance de leur enfant.

Prendre rendez-vous en ligne

Comment organiser un accouchement à la maison ?

Si vous décidez d’opter pour un accouchement à la maison, un minimum de planificationest requis.

Tout d’abord, vous devez trouver dans votre localité une sage-femme qui prend en charge les accouchements à domicile. Pour cela, vous pouvez consulter le site de l’APAAD, qui liste toutes les sages-femmes aptes à mener l’accouchement à domicile par région. Contactez la sage-femme, vérifiez qu’elle est bien disponible pour vous accompagner pendant votre période de grossesse et convenez d'un premier rendez-vous. Nous vous invitons également à aborder la question des dépassements d'honoraires avec elle pour avoir une idée du prix de la prestation d'AAD.

Une fois la sage-femme trouvée, vous serez suivie par elle en tant que patiente. Sauf complications nécessitant des examens ou des consultations auprès de spécialistes, cette sage-femme sera votre unique interlocutrice. Elle assurera une visite mensuelle et réalisera trois échographies au cours de la grossesse. 

Le jour de l’accouchement, la sage-femme se rendra à votre domicile, équipée d'un kit de sécurité contenant le matériel médical nécessaire à l'accouchement (monitoring,  perfusions, stéthoscope, etc). De votre côté, vous avez juste à prévoir une alèse plastifiée, des serviettes en éponge et une bassine

En cas de complications durant l’accouchement (bébé en souffrance, césarienne à envisager, hémorragie interne…), la sage-femme pourra faire appel aux services des sapeurs-pompiers pour assurer votre transfert vers l’hôpital le plus proche

Est-ce payant d’accoucher à domicile ?

L’accouchement est en grande partie pris en charge par la Sécurité sociale, quelle que soit votre localisation. Si vous bénéficiez d’une mutuelle, selon le contrat souscrit, cette dernière peut payer le reste à charge. 

Dans le cas d’un accouchement assisté à domicile, le coût global de l'intervention ne concerne pas seulement l’accouchement lui-même, mais aussi le forfait d’astreinte de la sage-femme qui vous accompagne. En effet, ce forfait d'astreinte implique une disponibilité totale et constante de la sage-femme à votre égard, à toute heure du jour et de la nuit, 7 jours sur 7, sur une durée de 5 semaines. Ce forfait d’astreinte peut être partiellement pris en charge par votre mutuelle : il est donc nécessaire de vous renseigner au préalable.

Quel est le prix pour accoucher chez soi en France ?

Le prix d’un accouchement à domicile en France varie selon le lieu de l'accouchement et la pratique ou non de dépassements d'honoraires par la sage-femme choisie. En région parisienne, le prix d'un AAD oscille entre 1 600 et 2 000 € en fonction des dépassements d'honoraires. Pour le reste de la France, le prix moyen d'un AAD avoisine les 700 euros.

Accouchement : qui choisir ? Gynécologue ou sage-femme ?

Sage-femme

Une ou un sage-femme (on parle aussi de maïeuticien) est une professionnelle de santé qui intervient auprès de la femme enceinte et du nouveau-né. Elle accompagne la femme avant, pendant et après l’accouchement. Il ou elle intervient dans le cadre d’un déroulement normal du processus qui mène à la naissance. Elle travaille donc avec d’autres professionnels, comme les gynécologues et/ou obstétriciens qui peuvent prendre en charge une situation pathologique. Elle joue un rôle important dans la prévention, le dépistage, l’éducation à la santé.

💡 Bon à savoir : Depuis fin 2023, les femmes enceintes peuvent déclarer une sage-femme référente. C’est elle, ou lui, en tant qu’interlocutrice, qui assurera le suivi de la grossesse. Cette déclaration se fait au moment où la femme enceinte déclare sa grossesse, ou plus tard, jusqu’au 5e mois de la grossesse.


Vous pouvez trouver une référente sur le site d’ELSAN.

Gynécologue

La gynécologie prend en charge tout ce qui touche aux organes et hormones sexuels spécifiques à la femme. Le ou la gynécologue-obstétricienne intervient spécifiquement sur la phase de l’accouchement. Ces spécialistes prennent en charge aussi toutes les pathologies en lien avec ce domaine. Le ou la gynécologue est notamment amenée à suivre la grossesse et le développement de l’enfant à naître, en collaboration notamment avec la ou le sage-femme.

Cet article médical a été relu et validé par un  ou une soignante spécialiste de la prise en charge des femmes enceintes au sein d’un établissement ELSAN, groupe leader de l’hospitalisation privée en France. Il a un but uniquement informatif et ne se substitue en aucun cas à l’avis de votre médecin, seul habilité à poser un diagnostic.

Pour établir un diagnostic médical précis et correspondant à votre cas personnel ou en savoir davantage et avoir plus d’informations sur votre pathologie, nous vous rappelons qu’il est indispensable de prendre contact et de consulter un médecin.

Vous trouverez ci-dessous la liste des gynécologuessages-femmes ou maïeuticiens exerçant dans nos établissements, à proximité de chez vous.

Vos questions les plus fréquentes

En général, combien de temps on reste a l’hôpital après un accouchement ?

La durée du séjour en maternité après un accouchement varie en fonction de plusieurs facteurs, tels que le mode d'accouchement, l'état de santé de la mère et du bébé, et les recommandations des praticiens.

En France, les recommandations nationales préconisent une durée d'hospitalisation de 72 à 96 heures après un accouchement par voie basse, soit 3 à 4 jours si la maman et le bébé vont bien. Dans la cas d'un accouchement par césarienne, la durée du séjour est un peu plus importante : elle varie de 96 et 120 heures, soit 4 à 5 jours. Ces durées d'hospitalisation sont des estimations  et peuvent varier en fonction de votre situation personnelle. Par exemple, un séjour peut être raccourci en cas d'accouchement physiologique sans complications et si la maman allaite. À l'inverse, un séjour peut être prolongé en cas de complications maternelles ou néonatales, d'une césarienne difficile, ou si la maman n'allaite pas encore son bébé.

La décision de sortie de la maternité appartient au médecin, après évaluation de l'état de santé de la mère et du bébé. Cette question ne se pose évidemment pas pour l'AAD.

Qu'est ce que l'APAAD ?

L'APAAD est l'Association Professionnelle de l'Accouchement Accompagné à Domicile. Elle recense le personnel médical en capacité d'accompagner l'accouchement à domicile.

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1er

acteur de la santé privée en France EN

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28 000

collaborateurs

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34 000

naissances par an

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4,9 millions

patients traités par an

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7 500

praticiens

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212

établissements et centres