#Médecine

05/11/2020

Myoclonie : Dr Nicolas Vitello, neurologue à la Polyclinique La Pergola, fait le point pour Femme Actuelle

Myoclonie : comment expliquer ces contractions musculaires involontaires ?

La myoclonie désigne une secousse musculaire involontaire, brève et soudaine : on fait le point avec un neurologue.

 

Myoclonie : de quoi s'agit-il exactement ?

Le terme " myoclonie " est formé du préfixe grec " myo- " (qui désigne les muscles, comme dans myopathie) et du grec ancien " klonos " (qui fait référence à l'agitation).

 

Définition.

Première chose à savoir : la myoclonie n'est pas une maladie mais plutôt un signe clinique qui, lorsqu'il est pathologique, peut constituer le symptôme d'une pathologie plus vaste. " Il s'agit d'un mouvement anormal, d'une secousse musculaire (comparable à un sursaut) qui est brève (elle dure moins d'une seconde), involontaire, soudaine et brusque " définit le Dr. Nicolas Vitello, neurologue. Il s'agit donc d'un symptôme neurologique.

Attention ! " Une myoclonie n'est pas forcément pathologique ! " souligne le neurologue. Il existe ainsi des myoclonies dites " physiologiques " qui surviennent, elles, de façon tout à fait normale.

Par exemple le hoquet (qui correspond à une myoclonie, donc à un sursaut, des muscles de la respiration), le sursaut (lorsqu'on a peur ou lorsqu'on est très nerveux, par exemple) ou encore la myoclonie hypnagogique : " il s'agit d'un sursaut que l'on peut expérimenter en début de nuit, lorsqu'on commence à s'endormir, et qui s'accompagne souvent d'une hallucination – comme l'impression de tomber " note le spécialiste, qui ajoute que ce dernier phénomène est amplifié avec le stress et l'irrégularité du sommeil.

 

Myoclonie : quelles peuvent être les causes ?

Causes. Lorsqu'elle est pathologique (et non physiologique !), la myoclonie peut avoir de nombreuses origines :

  • Certains traitements médicamenteux favorisent la survenue de myoclonies pathologiques. Par exemple : certains antidépresseurs (amitriptyline, par exemple), neuroleptiques, anti-convulsivants, anti-parkinsoniens (lévodopa, par exemple), somnifères ou encore anti-infectieux (quinolones, par exemple).
  • Une maladie neurodégénérative : la maladie de Parkinson, la maladie d'Alzheimer la maladie de Creutzfeldt-Jakob ou encore la maladie de Huntington, par exemple.
  • Une maladie génétique : la myoclonie héréditaire essentielle est ainsi une maladie qui atteint entre 1 et 9 personnes sur 1 million. Elle apparaît plutôt avant l'âge de 30 ans. (source : OrphaNet)
  • L'épilepsie : les personnes qui souffrent d'épilepsie peuvent ainsi subir des " crises myocloniques ".
  • Une maladie métabolique ou hormonale : un trouble de la thyroïde ou une carence en vitamines et/ou en minéraux, par exemple.

 

À savoir. " On peut observer une myoclonie pathologique à tout âge, autant chez l'homme que chez la femme " souligne le Dr. Vitello.

 

Myoclonie : diagnostic et traitements

 

Diagnostic. Le diagnostic d'une myoclonie pathologique repose d'abord sur un examen clinique. " En cas de myoclonie, on va étudier les antécédents médicaux du patient, mais aussi faire le tour de ses traitements médicamenteux et examiner la myoclonie en elle-même : où se trouve-t-elle ? Depuis combien de temps dure-t-elle ? Quelles sont ses caractéristiques ? "

Ainsi, lorsque la myoclonie pathologique résulte d'une atteinte du tronc cérébral, le sursaut peut être déclenché à l'aide d'une stimulation sonore (lorsqu'on tape dans les mains, par exemple), il peut concerner les 4 membres et/ou survenir lors de la marche.

Lorsque la myoclonie pathologique résulte d'une atteinte de la moelle épinière, il n'y a généralement qu'un seul membre concerné par ce mouvement involontaire, brusque et soudain : en revanche, il n'y a pas de réaction à la stimulation sonore.

Enfin, lorsque la myoclonie résulte d'une atteinte au niveau du cortex cérébral (on parle d'atteinte corticale), le sursaut peut se manifester lorsqu'on étire le membre concerné : les muscles de la face peuvent aussi être touchés.

À savoir. En cas de myoclonie, l'examen clinique peut être complété par un bilan sanguin exhaustif (qui évalue notamment l'activité de la thyroïde) et des examens d'imagerie médicale (IRM cérébro-médullaire, électroencéphalogramme...).

Traitements. Le traitement principal de la myoclonie dépend bien sûr de sa cause. Le traitement symptomatique, quant à lui, implique généralement des médicaments : des anti-épileptiques (si la myoclonie est d'origine épileptique), des traitements GABA-ergiques (en cas d'atteinte corticale) voire une paralysie du muscle atteint avec de la toxine botulique, en cas de myoclonie résultant d'une atteinte de la moelle épinière.

Merci au , neurologue à la (groupe ELSAN).

© Femme Actuelle, 27/10/20