Au coeur de la seule unité de soins palliatifs de l'Aude
L'Unité de soins palliatifs de la polyclinique Montreal attentive au projet de loi sur la fin de vie
Au cœur de la seule unité de soins palliatifs de l'Aude
La proposition de loi Léonetti-Clayes s'invite aujourd'hui à l'Assemblée nationale mais aussi dans les couloirs de cette structure de la polyclinique Montréal.
Au soir de son existence, l'être humain met en lumière les limites de cette société dite moderne. Tout au long de sa vie, l'homme tout puissant préfère en effet fermer les yeux devant une mort qu'il faudra pourtant bien regarder en face un jour.
Cette mort, l'unité de soins palliatifs de la polyclinique Montréal la côtoie tous les jours. Les membres de cette structure, unique dans le département, composent une équipe remarquable qui participe non sans émotion au " départ " des deux tiers de ses patients. Mais qui voit également avec une certaine satisfaction plus de 30% des malades quitter ces lieux en vie.
Les docteurs Dominique Blet, Henri-Pierre Cornu, Marine Mauviel, Sandra Schmidt, Alain Dufranc, Pascal Estève ou encore Annie Vencell, cadre de santé, forment un maillage peut-être unique en France.
Une dizaine de lits
L'organisation est à plusieurs niveaux avec d'abord le médecin traitant, puis une équipe mobile du " réseau " qui officie à domicile, dans les Ehpad, et même dans les hôpitaux comme Carcassonne, Castelnaudary et Limoux. Enfin, le dernier maillon de cette chaîne de santé est l'unité de soins palliatifs de la polyclinique.
Cette unité est dotée de dix lits pour les prises en charge plus complexes. Son personnel rassemble docteurs, infirmières, aides-soignantes, secrétaire, assistantes sociales, kinésithérapeute, psychologue et même des bénévoles, un musicothérapeute, deux réflexologues ou encore un sophrologue.
Ils sont tous attentifs au débat autour de la proposition de loi Léonetti-Clayes qui s'invite aujourd'hui à l'Assemblée nationale. Elle aura des répercussions dans leur travail. Jean-Pierre Perrigaud, le directeur de cette polyclinique du groupe MédiPôle-Partenaires, et Dominique Blet ont justement rencontré Jean Léonetti à Paris fin février.
" Mais nous devrons attendre les amendements et les décrets d'application qui arriveront après le vote de la loi ", souligne Henri-Pierre Cornu, de l'équipe mobile.
Par exemple, dans le nouveau texte les " directive anticipées " du patient pourraient désormais s'imposer au médecin, " sauf en cas d'urgence vitale ", souligne Dominique Blet.
Elles seront également sans limite de validité mais révocables à tout moment.
En l'absence de directives anticipées, la volonté de la personne qui ne peut plus s'exprimer, peut être relayée par une personne désignée auparavant par écrit par le patient.
Enfin, dans le texte qui sera débattu à partir d'aujourd'hui, va être examiné la possibilité d'ajouter un droit à " une sédation profonde et continue " avec des médicaments qui endorment et apaisent le patient jusqu'à son décès, sans le réveiller. La sédation profonde s'accompagne obligatoirement d'un arrêt des traitements dont font désormais partie l'hydratation et l'alimentation.
Développement en Ehpad.
" Mais pour combien de temps doit-on endormir une personne ? " se demande Marine Mauviel, médecin de l'unité. " Cela pose des questions sur l'applicabilité au monde urgentiste " poursuit Sandra Schmidt. La satisfaction vient du côté du développement des soins palliatifs à domicile et dans les Ehpad o๠il y a des efforts à faire. Mais o๠il y aura cependant besoin de personnel. " Nous sommes dans cette partie seulement deux personnes à mi-temps " explique encore le docteur Schmidt.
Ce mardi, les couloirs de l'Assemblée passeront au votre d'une autre loi. Ceux de " l'unité " continueront leur fantastique travail pour donner, même à la fin, du sens à la vie.
© Arnaud Tournié - 16 mars 2015 - L'Indépendant et Midi-Libre
