La musicothérapie pour soulager les malades
A la polyclinique Montréal d'autres voies sont explorées pour soulager les patients, comme la musicothérapie.
De la musicothérapie pour soulager les malades à la clinique Montréal
Quand la douleur est devenue insoutenable, que le corps n'est que souffrance, que le moral a perdu tous ses ressorts, que la vie s'essouffle, la polyclinique Montréal accueille dans son service de soins palliatifs, dans une dizaine de chambres, autant de patients. Un lieu hors du temps o๠la santé, la vie, la mort s'envisagent autrement. Bien sà»r ici on soigne et l'équipe médicale, une vingtaine de personnes, ne ménage pas sa peine, son humour, son engagement. © La Dépêche du 20 janvier 2010
Dans cette unité de soins les patients arrivent souvent à bout de force, et si la chimie est là , ce n'est pas une fin en soi, d'autres voies sont explorées comme la musicothérapie. Nicole est de passage pour une dizaine de jours. Allongée dans son lit, on sent son corps fin fragile, mais attention point d'angoisse ni de tristesse, aujourd'hui c'est fête. Jean-Louis Rieu-Piquet, le musicothérapeute, est là avec Christiane et Jeanine, les aides soignantes qui sont venues dans la chambre sans formalités, en voisines. Dans ses grands yeux bleus, les souvenirs remontent, son visage se balance, ses mains frappent en cadence, sur un Aznavour jazzy, qui l'amène au bout de la terre, au pays des merveilles.
La musique remplit sa vie, elle vit.
Sa fille fredonne en lui tenant la main. Nicole travaillait dans la mode à Paris, et quand Paris s'éveille avec Jacques Dutronc Nicole se là¢che : " Je préférais les grands soirs, les matins étaient plus difficiles. Je me souviens de tangos argentins bien collés. " Voilà , la thérapie fait son effet. " La musique constitue un moyen d'expression et de communication quand tous les autres ne suffisent plus ou sont impossibles €¦ Elle représente une nouvelle approche, favorise le développement sensoriel, joue le rôle de soupape émotionnelle, une stimulation mentale et un moyen de socialisation ", appuie, visiblement heureux, Jean-Louis Rieu-Piquet.
Dans le Languedoc-Roussillon il est le seul à proposer de la musique en thérapie.
" C'est la volonté de Bertrand Mignot, le directeur de la polyclinique Montréal, souligne le docteur Jean-Charles Gaston. " Un toubib qui n'hésite pas à pousser la chansonnette dans les chambres, à se déguiser en Dalida, à se déhancher dans la chambre de Robert, 60 ans, fan de Patrick Sébastien. Ils ont fait tourner les serviettes, avec le Petit bonhomme en mousse. Robert est parti mais son fils a tout filmé. " C'était un moment de grà¢ce ", explique-t-il aujourd'hui. Pour Alain, la trentaine, il a " fait sa dernière teuf " il y a quelques jours, avant son départ sous d'autres cieux. Alors ne vous étonnez pas si dans le couloir vous entendez des voix chantonner : " Nous irons tous au paradis, croyez-moi ! "
© La Dépêche du 20 janvier 2010 - www.ladépêche.fr
