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27/04/2020

Nancy : la « belle solidarité » des équipes de Gentilly

La polyclinique prend encore en charge 7 patients Covid-19 en réanimation, 3 en post-réanimation et 13 en lits de médecine, contre 45 au plus haut de l’activité. Au cœur de l’action, chacun salue « la cohésion extraordinaire » de tous les personnels.

Il a retrouvé sa réanimation en cours d’épidémie après un arrêt de travail pour accident : « Même si je suivais de l’extérieur, quand je suis revenu j’ai eu l’impression d’être dans un autre univers. C’est impressionnant la rapidité avec laquelle les choses se sont mises en place. Comme une évidence », relate le Dr Thierry Jacques.

Ce mardi 20 avril, le médecin, responsable de la réa Covid-19 à la polyclinique Gentilly de Nancy, s’active. De 6 lits en temps normal, les capacités de réanimation sont passées à 18, grâce à la transformation d’une unité de soins continus et d’une salle de réveil de bloc opératoire pour pouvoir prendre en charge les patients les plus gravement atteints nécessitant une assistance respiratoire.

La réanimation, une spécialité que nombre de citoyens ont semblé découvrir en cette période de crise, remarque le Dr Jacques : « Mais c’est notre quotidien ». Si ce n’est le nombre de malades qui a requis des renforts. En équipements, en personnel médical, paramédical : « Tous ceux qui étaient partis de la réanimation ces dernières années pour diverses raisons, sont revenus prêter main-forte. Cela fait plaisir », témoigne Sylvie Dardaine, cadre des services de réanimation et soins continus.

La course aux équipements toujours

La tension est retombée ces jours derniers. La polyclinique de Gentilly qui avait accueilli son premier patient Covid-19 le 17 mars, prend encore en charge 7 patients en réanimation, 3 en post-réanimation et 13 patients Covid-19 en lits de médecine, contre 45 au plus haut. La course aux équipements, elle, perdure. Ce mardi, en cellule de crise, on évoquait la problématique des gants, avec « trois jours de visibilité. Autant de fois que vous rentrez dans une chambre, vous devez en changer. La consommation est gigantesque », souligne Sylvie Dardaine : « Pour les sur-blouses, on a trouvé un système D (N.D.L.R. : des dizaines de couturières bénévoles en assemblent grâce à des kits en papier intissé) mais pour les gants ce ne sera pas possible… Cela inquiète les soignants ».

« La peur de ramener le virus à la maison »

La pression est un peu retombée chez eux aussi : « Le boulot, on le connaît. Le plus compliqué au début c’était le stress de l’habillage, la peur d’attraper le virus, de le ramener à domicile. On prend les plus extrêmes précautions quand on rentre à la maison. Ce n’est pas facile à vivre », reconnaît Sélima, infirmière de réanimation et mère de famille. La « belle solidarité » au sein des équipes a aidé à dépasser la fatigue, les moments difficiles : « La distance, les patients alsaciens qui nous ont été envoyés et qui se réveillaient dans une autre région que la leur. Les décès, peu mais brutaux… »

Mais Sélima et sa collègue Ophélie, venue prêter appui dans le service, n’omettent pas de raconter aussi « les victoires, qui font du bien : la première sortie ou encore les huit patients alsaciens tous repartis chez eux. Une grande satisfaction après un moment très compliqué ».

© Marie-Hélène Vernier, L'est Républicain  23/04/20