06/08/2025
Demander un déclenchement à 37 SA (37e semaine d'aménorrhée)

Pourquoi envisager un déclenchement à 37 SA ? En résumé
À partir de 37 semaines d’aménorrhée (SA), certaines femmes enceintes se demandent s’il est possible ou judicieux de demander un déclenchement de l’accouchement . Est-ce trop tôt ? Est-ce risqué pour le bébé ? Quelles sont les méthodes utilisées et dans quelles conditions peut-on en bénéficier ? Dans cet article, nous répondons à toutes vos questions en vous apportant des informations médicales claires, fiables et actualisées, afin de vous aider à prendre une décision éclairée avec votre équipe soignante.
Déclenchement accouchement : définition et objectifs
Pourquoi déclenche-t-on un accouchement ?
Le déclenchement, aussi appelé induction du travail, consiste à provoquer artificiellement les contractions utérines dans le but d’engager le travail et aboutir à l’accouchement. Il est réalisé lorsque la poursuite de la grossesse présente plus de risques que la naissance pour la mère ou pour l’enfant. Le déclenchement peut être médicalement nécessaire ou, plus rarement, demandé par la patiente pour des raisons de convenance, à condition que le terme et l’état du col s’y prêtent.
Différentes situations possibles
Déclenchement pour raisons médicales (pré-éclampsie, diabète gestationnel, rupture prématurée des membranes, retard de croissance intra-utérin…)
Déclenchement post-terme (au-delà de 41 SA + 6 jours)
Déclenchement de convenance (généralement accepté à partir de 39 SA avec col favorable).
À combien de semaines peut-on déclencher un accouchement ?
37 semaines de grossesse : un seuil critique
Bébé à 37 SA : est-il prêt ?
À partir de 37 SA, le fœtus est considéré comme « à terme précoce ». Toutefois, son organisme, et en particulier ses poumons, peuvent ne pas être totalement matures. C’est pourquoi un déclenchement à 37 SA n’est proposé qu’en cas de nécessité médicale avérée. Il n’est pas recommandé à titre de convenance à ce stade.
Déclenchement à 38 SA ou 39 SA : pourquoi attendre ?
À 39 SA, les risques de complications néonatales (jaunisse, hypoglycémie, troubles respiratoires) diminuent légèrement par rapport aux semaines précédentes. Toutefois, les complications restent rares dès 37 SA chez les bébés en bonne santé et bien surveillés. L’étude ARRIVE (2018, NIH/NICHD) a montré que chez les nullipares à faible risque, un déclenchement à 39 SA réduit légèrement le taux de césarienne par rapport à une attitude d'attente. Ce résultat n’est pas généralisable à toutes les patientes, notamment les multipares ou celles avec des complications.
Comprendre les calculs de grossesse et leurs enjeux
SA, SG, DPA : quels repères ?
SA (semaines d’aménorrhée) :
SG (semaines de grossesse) :
DPA (date prévue d’accouchement)
| Acronyme | Signification | Définition/Détail |
| SA | Semaines d’aménorrhée | Durée de la grossesse calculée depuis le premier jour des dernières règles. |
| SG | Semaines de grossesse | Durée réelle de la grossesse à partir de la fécondation, soit environ 2 semaines de moins que les SA |
| DPA | Date prévue d’accouchement | Estimée à 40 SA, soit 280 jours après le premier jour des dernières règles. |
Ces repères sont essentiels pour le suivi obstétrical, l’évaluation du développement fœtal et la décision de déclenchement.
Quels calculs font les femmes enceintes ?
Les femmes enceintes calculent régulièrement :
leur DPA (date prévue d’accouchement) ,
leur avancement en SA (semaines d’aménorrhée) ou SG ( semaine de grossesse ) ,
le seuil de viabilité du fœtus,
le calendrier des échographies,
la date potentielle d’un déclenchement.
Elles utilisent souvent des applications mobiles ou des calendriers imprimés pour suivre l’évolution de la grossesse.
Indications de déclenchement médical à 37 SA
Pré-éclampsie :hypertension artérielle après 20 SA accompagnée d’au moins un signe de gravité, qui peut inclure :
Protéinurie ≥ 0,3 g/24 h (mais pas systématique), Troubles biologiques (thrombopénie, cytolyse hépatique), Retard de croissance intra-utérin, Céphalées persistantes, troubles visuels, etc. Risque pour la mère et le bébé.Diabète gestationnel : surtout s’il est mal équilibré ou si le bébé est macrosome (poids estimé ≥ 4 000 g).
Rupture prématurée des membranes : si le travail ne démarre pas spontanément dans les 12–24 h.
Oligoamnios : quantité insuffisante de liquide amniotique.
Souffrance fœtale ou anomalies du rythme cardiaque fœtal.
Comment savoir si le col est prêt ? (Score de Bishop)
Le score de Bishop évalue la « favorabilité » du col pour un déclenchement. Il prend en compte :
Dilatation
Effacement
Consistance
Position du col
Hauteur de la présentation fœtale
Un score ≥ 7 est favorable. En dessous, une préparation du col est généralement nécessaire.
Déclenchement accouchement col fermé : quelles options ?
Si le col est fermé :
Prostaglandines : en gel ou comprimé (ex. Angusta), pour assouplir et ouvrir le col
Ballonnet : méthode mécanique sans médicament, mais parfois inconfortable
Maturation cervicale : parfois sur plusieurs jours
Si le col est favorable :
Ocytocine : hormone injectée en perfusion pour stimuler les contractions
Peut être utilisée seule ou après prostaglandines/ballonnet
Prostaglandines : Administrées par voie vaginale ou orale (Angusta), elles permettent d’assouplir et d’ouvrir progressivement le col.
Ballonnet : Un petit ballon est inséré dans le col puis gonflé pour provoquer son ouverture de manière mécanique. Cette méthode ne nécessite pas de médicament, mais elle peut être inconfortable voire douloureuse chez certaines patientes. Elle présente toutefois l’avantage de limiter le risque d’hyperstimulation utérine.
Ocytocine accouchement : mode d’action et déroulement
L’ocytocine est une hormone injectée par perfusion intraveineuse. Elle stimule les contractions utérines. Elle est utilisée seule si le col est déjà favorable ou après préparation par prostaglandines ou ballonnet.
Déclenchement accouchement : risques potentiels
Taux plus élevé de césarienne si col peu favorable
Travail plus long
Hyperstimulation utérine
Risques pour le bébé : détresse respiratoire, hypoglycémie
Allongement du séjour en maternité
Durée déclenchement accouchement : à quoi s’attendre ?
Si col fermé : 24 à 48 heures
Si col déjà modifié : 12 à 24 heures
Multipares : travail souvent plus rapide
Déclenchement bébé : quelles répercussions à 37 SA ?
Un déclenchement à 37 SA peut exposer le bébé à :
des troubles respiratoires,
des difficultés d’alimentation,
une hypoglycémie,
une hospitalisation en néonatologie.
Ces risques diminuent avec chaque semaine gagnée.
Demander un déclenchement de convenance
Un déclenchement sans indication médicale (dit « de convenance ») n’est généralement pas pratiqué avant 39 SA. Il doit faire l’objet d’un échange éclairé avec l’équipe médicale, respecter des critères cliniques stricts, et s’inscrire dans un protocole bien défini. La simple « favorabilité » du col ne suffit pas à elle seule à justifier cette décision. La demande maternelle peut être entendue mais doit être encadrée pour éviter les complications.
Préparation à un déclenchement : conseils pratiques
Parlez-en avec votre sage-femme ou gynécologue
Préparez un sac pour la maternité
Renseignez-vous sur les étapes du déclenchement
Préparez un soutien moral pour vous accompagner
Un déclenchement à 37 SA peut être nécessaire dans certaines situations médicales précises. Il ne doit jamais être demandé uniquement pour confort à ce stade sans indication.
Chaque grossesse est unique : une discussion avec l’équipe médicale est indispensable pour évaluer les bénéfices et les risques, et vous accompagner vers un accouchement sécurisé et respectueux de votre projet de naissance.
Chez ELSAN, les équipes médicales vous accompagnent pour un accouchement sécurisé, personnalisé et respectueux de votre projet de naissance.
Un cas pratique : Clara*, 32 ans, témoignage
« J’ai demandé un déclenchement à 37 SA en raison de mon diabète gestationnel mal contrôlé. Mon bébé avait un poids estimé à 3,7 kg à 37 SA, ce qui est élevé pour ce terme et a contribué à la décision de déclenchement. L’équipe a utilisé un ballonnet, puis de l’ocytocine. L’accouchement a duré 18 heures. Mon fils a eu un peu de mal à respirer au début, mais tout s’est bien terminé. J’ai été hospitalisée 5 jours. »
* Le prénom a été changé pour protéger l'anonymat de la maman. Il s'agit d'un cas pratique qui résume les problématiques auxquelles peut-être confrontée une jeune maman.
