23/05/2025
Métastase : nouvelle piste de traitement annoncée par l’Inserm

Une nouvelle piste de traitement des cancers
"Une nouvelle classe de molécules contre les cellules cancéreuses réfractaires", titre l'Inserm le 7 mai 2025. L'étude que présente cet organisme de recherche est prometteuse dans la lutte contre le cancer et, particulièrement, contre les métastases. On sait que l'échec thérapeutique est souvent associé à la présence de métastases : 70% des morts par cancer sont dûs à la présence de métastases que les thérapeutiques actuelles ne parviennent pas à éliminer efficacement.
Publication dans Nature le 7 mai 2025
Ce qu'annoncent conjointement l'Institut Curie, l' Inserm et le CNRS, c'est justement la mise au point de molécules qui ont la capacité de détruire ces cellules cancéreuses à potentiel métastatique. Cette annonce a fait l'objet d'une parution dans la prestigieuse revue Nature le 7 mai 2025.
Une stratégie efficace in vitro
Il s'agit de résultats obtenus in vitro qui demanderont d'être validés d'abord chez l'animal, puis chez les êtres humains.
Définition : qu'est-ce qu'une métastase ?
Une métastase est une tumeur cancéreuse secondaire qui se développe à partir de cellules provenant d'une autre tumeur, appelée cancer primaire ou primitif.
Cancer primitif
Les métastases, ce sont donc des tissus cancéreux, des tumeurs secondaires, qui s'échappent de la tumeur primitive dont ils sont issus pour migrer vers d'autres organes.
Métastases foie, cerveau, poumon, osseuses
Le diagnostic peut mettre en évidence l'apparition de métastases cérébrales, hépatiques (foie), pulmonaires, osseuses...
Tumeur primaire ciblée
Les métastases sont problématiques, explique Raphaël Rodriguez, directeur de recherche au CNRS, chef du laboratoire de biomédecine à l'institut Curie qui a présenté cette étude, car on les repère souvent tardivement. En outre, elles ne sont généralement pas en grand nombre. Les médicaments dont on dispose aujourd'hui ciblent la tumeur primaire, mais pas cette faible fraction de cellules qui ne prolifèrent pas, mais qui ont tendance à migrer.
Le fer, point fort et point faible
L'équipe de Raphaël Rodriguez s'est donc intéressée à ces cellules qui s'échappent des cancers primaires, qui sont réfractaires aux traitements actuels, et vont migrer vers d'autres organes où elles risquent de les mettre en danger. A force de les étudier, les chercheurs ont pu déterminer leurs points forts et leurs points faibles.
Leur point fort c'est une certaine teneur en fer et cuivre qui les rend plus agressives et résistantes. Elles parviennent à internaliser le fer grâce à une protéine, CD44, qu'elles expriment à leur surface. C'est le rôle essentiel du fer et du cuivre qui a retenu l'attention des chercheurs depuis plusieurs années.
Cancer ou tumeur métastatique
Ces cellules ont donc déployé une capacité d'adaptation qui, pour certaines, leur permet d'échapper aux traitements actuels. "Pour s'adapter, les cellules ont besoin de plus de fer et de cuivre", a expliqué Raphaël Rodriguez sur France inter le 22 mai 2025. Dans ces conditions, c'est un point fort que l'on peut retourner contre elle, car le fer et le cuivre, comme on le sait, s'oxydent (rouillent). On a donc inventé une nouvelle molécule qui permet de capturer ce fer et de décupler sa capacité à oxyder, puis à tuer la cellule." On parle du phénomène de ferroptose : un processus de "dégradation oxydante des membranes des cellules catalysée par le fer", indique l'Inserm.
Biopsies
Cette nouvelle molécule qui agit sur les cellules qui ont des marqueurs qui les prédisposent à une dissémination métastatique a, pour l'instant, été testée avec succès in vitro sur des biopsies de patients (notamment de tumeurs de cancer du pancréas, du sein ou de sarcome)."
