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06/01/2026

La photobiomodulation : un soin de support pour améliorer le confort des patients

La photobiomodulation est une technique thérapeutique utilisant une lumière de basse intensité, laser ou LED, pour stimuler les mécanismes naturels de réparation des tissus. Non invasive, indolore et sans effet thermique, elle est aujourd'hui reconnue par plusieurs sociétés savantes internationales comme un soin de support efficace en oncologie, notamment en complément des traitements de et de

À l' (ICPN), la photobiomodulation s'intègre depuis 2021 en routine dans les soins de support, coordonnés par les oncologues radiothérapeutes et les équipes soignantes, pour accompagner les patients tout au long de leur traitement. 

Qu'est-ce que la photobiomodulation médicale ?

La photobiomodulation, également désignée par l'acronyme PBM ou par l'ancien terme de low level laser therapy (LLLT), repose sur l'émission de photons à des longueurs d'onde précises dans le spectre rouge (630-700 nm) et infrarouge proche (800-1 100 nm). Ces longueurs d'onde constituent ce que les chercheurs appellent la « fenêtre thérapeutique » : elles pénètrent les tissus sans les endommager et atteignent les structures cellulaires profondes. 

Contrairement aux lasers chirurgicaux qui agissent par destruction thermique des tissus, la photobiomodulation est une thérapie athermique. Elle ne chauffe pas, ne brûle pas et ne provoque aucune ablation tissulaire. Son action est entièrement photobiochimique.

Comment la photobiomodulation agit-elle au niveau cellulaire ?

Lorsqu'un rayonnement rouge ou infrarouge atteint les cellules, il est capté par des molécules spécifiques appelées chromophores. Le chromophore principal de la photobiomodulation est le cytochrome c oxydase, une enzyme clé de la chaîne respiratoire mitochondriale, responsable de la production d'ATP, la molécule énergétique fondamentale de toutes les cellules de l'organisme.

Dans les conditions de stress, d'inflammation ou d'hypoxie tissulaire, situations fréquentes lors des traitements anticancéreux, cette enzyme peut être partiellement inhibée. La lumière émise par la photobiomodulation va lever cette inhibition et relancer la production d'énergie cellulaire. Il en résulte une cascade de réactions biologiques bénéfiques :

  • Augmentation de la production d'ATP et amélioration du métabolisme cellulaire
  • Réduction du stress oxydatif par modulation des espèces réactives de l'oxygène
  • Inhibition des cytokines pro-inflammatoires et réduction de l'inflammation locale
  • Accélération des processus de réparation et de régénération tissulaire
  • Réduction de la conduction douloureuse au niveau des fibres nerveuses

C'est la précision de ces mécanismes d'action, aujourd'hui bien documentés dans la littérature scientifique internationale, qui distingue la photobiomodulation d'une simple exposition à la lumière.

Photobiomodulation et cancer - indications en oncologie et radiothérapie

La photobiomodulation ne cible pas la tumeur et n'a pas de visée curative sur le cancer. Son rôle en oncologie est celui d'un . Elle agit sur les tissus sains endommagés par les traitements pour en réduire les effets secondaires, améliorer la tolérance et maintenir la qualité de vie du patient. 

Plusieurs sociétés savantes internationales, dont la MASCC/ISOO (Multinational Association for Supportive Care in Cancer) et l'ESMO (European Society for Medical Oncology), recommandent la photobiomodulation dans des indications précises liées à la radiothérapie et à la chimiothérapie.

La mucite radio-induite, l'indication la mieux documentée

La mucite est une inflammation douloureuse des muqueuses de la bouche et de la gorge, fréquente chez les patients traités par radiothérapie dans la sphère ORL. Elle peut provoquer des douleurs intenses, des difficultés à avaler, une altération de l'alimentation et une dégradation marquée de la qualité de vie. Dans les formes sévères, elle peut conduire à une interruption du traitement. Des protocoles de photobiomodulation par laser ou LED permettent de réduire significativement l'intensité et la durée de cette complication. 

Des essais contrôlés randomisés ont démontré son efficacité dans la prévention et la prise en charge de la mucite aiguë radio ou chimio-induite, ce qui en fait l'indication oncologique la plus solide sur le plan des preuves cliniques.

Autres indications en lien avec la radiothérapie

Au-delà de la mucite, la photobiomodulation dans le spectre rouge ou infrarouge a montré des résultats cliniques positifs dans d'autres complications liées à la radiothérapie :

  • L'épithéliite aiguë (ou dermite radique) : réaction inflammatoire cutanée dans la zone irradiée, pouvant évoluer vers des lésions douloureuses
  • Le lymphœdème du membre supérieur : gonflement chronique fréquent après traitement du
  • La xérostomie : sécheresse buccale liée à l'atteinte des glandes salivaires lors de l'irradiation de la tête et du cou
  • Le trismus : raideur et limitation de l'ouverture buccale après irradiation de la sphère ORL
  • La dysphagie aiguë : difficultés de déglutition induites par la radiothérapie cervicale

Ces indications font l'objet d'études cliniques en cours et leur niveau de preuve est variable selon la pathologie. L' évalue chaque situation individuellement pour déterminer si la photobiomodulation représente une option pertinente dans le parcours de soin du patient.

Comment se déroule une séance de photobiomodulation à l'ICPN ?

Les séances sont réalisées par des professionnels formés, dans un cadre sécurisé, au sein de l'Institut de Cancérologie Paris Nord. Le protocole est défini par l'équipe médicale en amont, en cohérence avec le traitement anticancéreux en cours.

  • La séance est courte, généralement de quelques minutes selon les zones traitées
  • Elle est totalement indolore et ne nécessite aucune préparation particulière de la part du patient
  • La lumière est appliquée directement sur les zones concernées, de façon ciblée
  • Elle peut être réalisée avant, pendant ou après la radiothérapie selon les besoins et les indications médicales
  • Les séances sont répétées selon un rythme défini par le protocole, en général plusieurs fois par semaine pendant la durée du traitement

Le profil de tolérance de la photobiomodulation est l'un de ses atouts majeurs en oncologie. Les effets indésirables rapportés dans la littérature restent rares, bénins et transitoires. Un léger érythème localisé ou une légère sensation de chaleur cutanée dans de rares cas. Elle n'interfère pas avec l'efficacité du traitement anticancéreux.

Un soin de support au cœur d'une prise en charge pluridisciplinaire

La photobiomodulation ne se substitue pas aux traitements oncologiques. Elle s'y intègre comme un soin complémentaire, dans une logique d'accompagnement global du patient. En limitant l'impact des effets secondaires sur le quotidien, elle contribue à maintenir une meilleure qualité de vie et, dans certains cas, à préserver la continuité du traitement. 

À l'ICPN, ce soin de support est proposé en coordination avec les oncologues radiothérapeutes et l'ensemble des équipes soignantes, dans le cadre de la démarche qualité et de la prise en charge personnalisée que l'Institut met en œuvre depuis plus de dix ans. Chaque indication est évaluée au cas par cas pour garantir une prise en charge adaptée, sécurisée et bénéfique pour chaque patient.