#Cancer ORL

22/07/2026

Symptômes des tumeurs des glandes salivaires

Les tumeurs des glandes salivaires peuvent être bénignes ou cancéreuses. Elles se développent au niveau des parotides, des glandes sous-mandibulaires, sublinguales ou des petites glandes salivaires présentes dans la bouche et le pharynx. En France, environ 765 nouveaux cancers des glandes salivaires ont été diagnostiqués en 2018. 

Le premier symptôme d'une tumeur des glandes salivaires est le plus souvent une masse indolore, palpable près de l'oreille, sous la mâchoire ou dans le cou. D'autres signes (douleur persistante, partielle, difficulté à avaler) peuvent apparaître selon l'extension de la tumeur, comme dans les cancers de la mâchoire. 

Comment reconnaître une tumeur des glandes salivaires ?

Le symptôme de tumeur des glandes salivaires le plus fréquent est l’apparition d’une boule au niveau de la mâchoire, de la joue ou du cou. Cette masse est souvent indolore au début et peut évoluer lentement pendant plusieurs mois. Certaines personnes remarquent surtout une asymétrie récente du visage ou une sensation de gonflement persistant d’un seul côté. La localisation de cette tuméfaction dépend de la glande salivaire atteinte. 

Les tumeurs de la parotide apparaissent généralement devant ou sous l’oreille. Lorsqu’il s’agit des glandes sous-mandibulaires, la masse se situe plutôt sous l’angle de la mâchoire. Les glandes sublinguales, plus petites, peuvent provoquer un gonflement sous la langue ou dans le plancher buccal. Les glandes salivaires accessoires, présentes dans toute la cavité buccale et le pharynx, peuvent quant à elles entraîner une lésion au niveau du palais, de l’intérieur de la joue ou de la gorge. La plupart des tumeurs salivaires sont découvertes lors d’un examen clinique, d’une consultation dentaire ou après la palpation d’une masse. 

Certaines peuvent passer longtemps inaperçues, surtout quand elles se développent dans les petites glandes salivaires de la bouche. 

Symptômes selon la glande salivaire atteinte

Glande salivaireLocalisation de la masseSignes spécifiques
ParotideDevant ou sous l’oreilleRisque d’atteinte du nerf facial
Sous-mandibulaireSous l’angle de la mâchoireMasse palpable sous la mâchoire
SublingualeSous la langue / plancher buccalGonflement sous la langue
Glandes accessoiresPalais, joue intérieure, gorgeUlcère ou lésion qui ne cicatrise pas

Les cancers des glandes salivaires représentent environ 5 % des , qui incluent notamment des formes liées au papillomavirus. Les tumeurs de la parotide sont les plus fréquentes mais elles ne sont pas systématiquement cancéreuses. Environ deux tiers des tumeurs salivaires sont bénignes.

Quels sont les signes d'un cancer des glandes salivaires ?

Une masse salivaire n’est pas systématiquement cancéreuse. Certains signes peuvent toutefois orienter vers une tumeur maligne ou plus agressive. La douleur est un symptôme important, surtout lorsqu’elle persiste au niveau de la mâchoire, de l’oreille, de la gorge ou du cou. Elle peut devenir plus marquée pendant les repas, car la sécrétion de salive stimule la glande atteinte. L’atteinte du nerf facial constitue un autre signe d’alerte, notamment dans les cancers de la parotide. Les principaux signes évocateurs d'une tumeur maligne sont :

  • Douleur persistante à la mâchoire, à l'oreille ou au cou, aggravée pendant les repas
  • Faiblesse ou paralysie d'un côté du visage, avec difficulté à fermer l'œil
  • Engourdissement ou fourmillements d'une partie du visage
  • Difficulté à ouvrir la bouche ou à avaler
  • Modification de la voix ou présence de sang dans la salive

Certaines formes histologiques, notamment les carcinomes adénoïdes kystiques, ont tendance à infiltrer les nerfs voisins. La douleur ou les troubles sensitifs peuvent alors être plus marqués. Les cancers qui se développent dans les petites glandes salivaires du palais ou des sinus peuvent aussi provoquer un ulcère buccal persistant ou une lésion qui ne cicatrise pas.

Quand consulter pour une boule sous l’oreille ou la mâchoire ?

Toute masse cervico-faciale persistant au-delà de 3 semaines doit motiver une consultation ORL, même en l'absence de douleur. Une masse près de l'oreille ou sous la mâchoire peut correspondre à une infection, un ou une tumeur bénigne mais elle nécessite un avis médical. Plusieurs signes doivent conduire à consulter sans attendre :

  • Une masse cervico-faciale qui persiste ou augmente de volume en quelques semaines
  • Une douleur persistante du visage, de la mâchoire ou du cou sans cause identifiée
  • Une paralysie ou une asymétrie faciale récente
  • Une gêne à l'ouverture buccale ou à la déglutition
  • Une ulcération buccale ou nasale qui ne cicatrise pas

Le diagnostic repose sur un examen ORL dans un premier temps. Une échographie cervicale peut être réalisée afin de localiser précisément la lésion. L’IRM permet ensuite d’étudier l’extension de la tumeur, en particulier au niveau du nerf facial. Une cytoponction à l’aiguille fine peut compléter le bilan afin d’analyser les cellules tumorales. 

Le diagnostic définitif repose ensuite sur l’examen histologique réalisé après chirurgie. Selon les cas, un scanner thoracique ou un TEP-scanner peut aussi être demandé pour rechercher une extension ganglionnaire, des métastases ou une atteinte du avoisinants. 

Statistiques clés sur les cancers des glandes salivaires

IndicateurValeurPrécision
Nouveaux cas en France (2018)765Cancers des glandes salivaires
Part des cancers ORL~5 %Tous cancers ORL confondus
Tumeurs salivaires bénignes~66 %Deux tiers des tumeurs salivaires
Survie nette à 5 ans (femmes)72 %Données INCa 2021
Survie nette à 5 ans (hommes)61 %Données INCa 2021
Survie nette à 5 ans (tous)66 %Données INCa 2021

Peut-on guérir d’un cancer des glandes salivaires ?

Le pronostic dépend du type histologique, du grade tumoral, de l’extension de la tumeur et de l’âge au moment du diagnostic. Certaines formes évoluent lentement mais d’autres présentent un comportement plus agressif. Selon les données de l’INCa publiées en 2021, la survie nette standardisée à 5 ans atteint :

  • 72 % chez les femmes
  • 61 % chez les hommes
  • 66 % tous sexes confondus

Les tumeurs de bas grade ont généralement un meilleur pronostic. Certaines formes peuvent néanmoins récidiver plusieurs années après le traitement, et la doit être surveillée tout au long du suivi prolongé. Le traitement repose principalement sur la chirurgie. La préservation du nerf facial représente un enjeu important du traitement des tumeurs de la parotide. Lorsque le nerf est envahi par la tumeur, des troubles moteurs du visage peuvent persister après l’intervention. Une , dont les effets secondaires doivent être anticipés, peut parfois être proposée au CFRO pour des tumeurs de haut grade, certaines formes localement avancées ou s'il existe un risque élevé de récidive.

 

Références bibliographiques

  • Szewczyk M, Marszałek A, Sygut J et al.. "Prognostic markers in salivary gland cancer and their impact on survival.". Head Neck. 2019. 41(9):3338-3347.
  • Domenick NA, Johnson JT. "Parotid tumor size predicts proximity to the facial nerve.". Laryngoscope. 2011. 121(11):2366-70.
  • Israel Y, Rachmiel A, Gourevich K et al.. "Kaplan-Meier analysis of salivary gland tumors: prognosis and long-term survival.". J Cancer Res Clin Oncol. 2019. 145(8):2123-2130.
  • Société canadienne du cancer. "Symptômes du cancer des glandes salivaires".
  • Institut national du cancer (INCa) / Francim / Santé publique France. "Survie des personnes atteintes de cancer en France métropolitaine 1989-2018 – Glandes salivaires". Mars 2021.
  • Schiff BA, Lustig LR. "Cancer des glandes salivaires". MSD Manual (version grand public). Révision complète septembre 2024.
  • American Cancer Society. "Signs and Symptoms of Salivary Gland Cancer". 2025.
  • CORASSO. "Cancers des glandes salivaires : causes, traitements, suivi".
  • InfoCancer (ARCAGY-GINECO), Dr Bernard Poletto. "Le cancer de la parotide" [cancers des glandes salivaires].