13/12/2024
Choléra : inquiétante découverte sur une nouvelle souche

Choléra : une souche résistante suivie à la trace
Une alerte conjointe de l'Institut Pasteur et de la revue scientifique New England Journal of medecine relance l'inquiétude sur l'existence d'une souche du choléra résistante. Ces deux institutions ont publié, les 11 et 12 décembre 2024, leur article sur la diffusion d'une souche considérée comme "hautement " résistante aux antibiotiques.
Etude aux résultats inquiétants
Une étude a été conduite par des scientifiques du Centre national de référence (CNR) des vibrions et du choléra de l' Institut Pasteur qui ont collaboré avec le centre hospitalier de Mayotte : ils ont retracé le parcours du vibrion, à travers l'Afrique, et depuis le Yémen, à partir de l'épidémie survenue dans ce pays en 2018-2019. Dans le New England Journal of medicine (édition abonnés), l'article est paru sous le titre : "Propagation à longue distance d'une épidémique du choléra résistante aux médicaments".
Epidémie : du Yémen à Mayotte en passant par le Liban
Grâce à l'étude des bactéries, les chercheurs ont pu suivre à la trace la dissémination d'une nouvelle souche de choléra résistante aux antibiotiques appelée AFR13 7PET : celle-ci apparaît au Yémen, puis au Liban, en 2022, au Kenya, en 2023 et en Tanzanie, puis aux Comores qui comprend l'île de Mayotte où l'on a récemment déploré une épidémie de choléra au printemps 2024. 221 personnes ont été touchées par cette souche problématique.
Une maladie encore sensible à la tétracycline
La nouvelle souche détectée résiste à deux des trois traitements antibiotiques (azithromycine et ciprofloxacine) recommandés contre le choléra. Elle reste sensible à la tétracycline à ce stade. Mais cela inquiète les spécialistes, car si elle devait résister à ce troisième traitement "cela compromettrait... tout traitement antibiotique par voie orale", s'alarme le Professeur François-Xavier Weill, responsable du CNR des vibrions, auteur principal de l'étude précise l'Institut Pasteur.
Crainte de résurgence du choléra en France à Mayotte
Cette inquiétude est renforcée par le fait que la bactérie est à nouveau présente sur le territoire de la Grande-Comores, ce qui fait craindre une résurgence de la maladie à Mayotte. Dans son bulletin d'octobre 2024, Santé publique France se félicite de la fin de l'épidémie sur ce département français. Aucun cas n'a été détecté depuis le 12 juillet dernier. Mais, s'inquiètent les autorités sanitaires françaises, la reprise épidémique sur l'île de Grande-Comores, fait craindre une reprise sur le territoire national.
Prévention contre le choléra
Il ne faut pas oublier que le choléra est synonyme d'eau contaminée et d'absence d'hygiène. Santé publique France rappelle les règles indispensables pour s'en prémunir :
Se laver les mains après être passé aux toilettes et avant de préparer le repas;
Ne pas utiliser ni boire d'eau non contrôlée;
Ne pas consommer de glaçon à partir d'eau non traitée, boire de l'eau traitée et notamment encapsulée;
Faire cuire les aliments;
Ne pas consommer de nourriture touchée par des personnes contaminées;
Ces règles sont aussi valables pour les personnes qui voyagent...
Traitement : sans antibiotique, comment se soigne le choléra ?
Le soin essentiel contre le choléra, rappelle l'Institut Pasteur, est l'hydratation des personnes contaminées qui se vident littéralement. Les antibiotiques sont utilisés en complément. Ils permettent de réduire la durée de l'infection et de casser les chaînes de contamination.
Définition et causes : qu'est-ce que le choléra ?
Le choléra est une pathologie diarrhéique qui trouve sa source dans une contamination par une bactérie appelée Vibrio cholerea. Il s'agit plus précisément d'un vibrion. Cette maladie peut prendre une forme sévère qui peut se révéler mortelle en quelques heures seulement si aucun traitement n'est administré.
Qu'est-ce qu'un vibrion ?
Un vibrion est une bactérie en forme de virgule et très mobile.
Vaccin contre le choléra
Le vaccin contre le choléra n'est pas recommandé systématiquement pour les voyageurs qui doivent néanmoins, en outre, respecter scrupuleusement les règles d'hygiène. Elle est recommandée pour les professionnels qui sont amenés à intervenir auprès des patientes et patients, en cas d'épidémie. Elle doit venir en complément des mesures d'hygiène, qui peuvent être utilement rappelées par le médecin traitant, généralement un ou une généraliste. Le vaccin ne confère pas une protection à long terme et doit être envisagé en même temps qu'une amélioration des conditions d'hygiène et d'accès à l'eau et d'une prévention.
💡 Bon à savoir : L'OMS rappelle qu'il existe trois vaccins :
Dukoral : il est principalement utilisé chez les voyageurs (2 doses).
Schanchol : la protection est de 3 ans si le schéma vaccinal est complet (2 doses).
Euvichol : la protection est de 3 ans si le schéma vaccinal est complet (2 doses).
Ces deux derniers vaccins sont utilisés pour les campagnes de vaccination de masse.
