#Prévention et dépistage

09/03/2026

Dépistage du cancer du col de l’utérus : participation et leviers d’amélioration

Le cancer du col de l'utérus pourrait être évité 9 fois sur 10 grâce au dépistage régulier. Or, 40% des femmes concernées ne font pas ce dépistage ou pas de manière régulière. Le dépistage repose sur le frottis et le test HPV entre 25 et 65 ans.

Tableau synthétique sur le dépistage du cancer du col de l'utérus

Indicateur

Donnée-clés

Participation globale au dépistage organisé

60,9 % (Santé publique France, 2025)

Standard européen

70 %

Participation dépistage cancer du sein (comparaison)

46,3 %

Écart territorial

> 25 points

Hautes-Alpes

73,5 %

Seine-Saint-Denis

45,7 %

Recours global (2015–2020, Drees)

52,6 %

Classes favorisées (dépistage)

1,6 fois plus de recours

Part des invitations dans le dépistage (2024)

8.8 %

Cas annuels

> 3 100

Décès annuels

≈ 770

Cancers évitables grâce au dépistage

90 %

Vaccination HPV complète à 16 ans (filles)

44,7 %

Vaccination HPV complète à 16 ans (garçons)

15,8 %

Objectif du programme

80 % de participation

Objectif sanitaire

-30 % d’incidence et de mortalité en 10 ans

Résumé sur le dépistage du cancer du col de l'utérus

  • 60,9 % des femmes participent au programme national de dépistage organisé (2025).

  • Le taux reste inférieur au standard européen de 70 %.

  • Les écarts territoriaux dépassent 25 points.

  • Les femmes issues des classes favorisées ont 1,6 fois plus recours au dépistage.

  • Les invitations représentent 8.8 % des dépistages en 2024.

  • Le cancer du col de l’utérus provoque plus de 3 100 cas et 770 décès par an.

  • 90 % des cancers du col de l'utérus pourraient être évités grâce au dépistage régulier.

  • La vaccination HPV prévient 70 à 90 % des cancers du col.

  • 44,7 % des filles de 16 ans ont un schéma vaccinal complet (15,8 % des garçons).

  • L’objectif national est d’atteindre 80 % de participation et de réduire l’incidence et la mortalité de 30 % en 10 ans.

Cet article s’appuie sur des données validées par les autorités de santé (Inca, Assurance maladie, Drees, Santé publique France, Vaccination info service) et sur l’expérience des médecins du groupe ELSAN.

Dépistage du cancer du col de l'utérus : 60,9% de participation globale

Selon les derniers chiffres de Santé publique France (données novembre 2025), la participation au programme national de dépistage organisé du cancer du col de l'utérus est globalement de 60.9%. C'est un chiffre en progression de près de 10 points depuis 2017. Mais il reste encore inférieur au standard européen qui s'établit à 70%. Il est bien meilleur que la participation au dépistage du cancer du sein : 46.3%.

Pourquoi la participation reste-t-elle insuffisante en France ?

Il existe cependant des disparités entre les différents territoires en France. L'écart de participation entre le département le moins participatif et le plus participatif est de plus de 25 points :

  • Hautes-Alpes : 73.5% de participation;

  • Seine-Saint-Denis : 45.7% de participation.

Les invitations ou courriers ne font pas encore recette

Par ailleurs, en 2024, les invitations envoyées par l'Assurance maladie représentent seulement 8.8% des dépistage (en baisse de plus 4% par rapport à 2023). La Drees, l'organisme d'étude et de statistiques du ministère de la Santé, note que ce programme national de dépistage est encore trop récent -sa mise en place date de 2018- et que le nombre d'invitations n'est encore assez significatif pour en tirer des conclusions statistiques.

Les femmes les plus modestes participent moins

Selon la Drees, la recours au test de , a été proche de 52.6% entre 2015 et 2020. L'étude de la Drees ne considère que les dépistages individuels, le dépistage organisé ne datant que de 2018, "les invitations sont trop rares sur la période d’étude pour pouvoir effectuer des statistiques spécifique".

Dépistage individuel pour les plus aisées

La Drees montre surtout que le recours au dépistage est corrélé au niveau social des femmes. Celle qui appartiennent aux classes aisées dans son étude ont 1.6 fois plus de chance de réaliser ce test que celles qui sont issues des classes les moins aisées. Au final, la Drees relève deux tendances que l'on retrouve dans le dépistage du cancer du sein et dans le dépistage du cancer colorectal :

  • les plus modestes participent moins au dépistage;

  • les plus aisées, lorsqu'elles ont le choix, choisissent le dépistage individuel.

Vaccin contre le papillomavirus

Cette inégalité se retrouve de manière plus marquée lorsqu'il s'agit de vaccination contre le virus HPV (. Les jeunes femmes de 16 ans ont 1.8 fois plus de chance de bénéficier d'un schéma de vaccination complet lorsqu'elles sont issues des couches sociales les plus favorisées. Rappelons que la vaccination contre le papillomavirus (HPV) prévient 70 à 90% des cancers du col de l'utérus.

Dépistage du papillomavirus : comment ça marche ?

Les freins au dépistage

L'Inca liste les freins possibles qui pourraient bloquer le recours au test de dépistage du cancer du col de l'utérus :

  • ignorance de la maladie,

  • méconnaissance du dépistage,

  • sujet considéré comme tabou,

  • aucun professionnel de santé ne l'a proposé,

  • pas d'accès à des soins gynécologues,

  • crainte des traitements,

  • tests précédemment réalisés et normaux,

  • facteurs d'inégalité : classe sociale, niveau d'instruction, pathologies chroniques, handicap...

Dépistage gratuit

Il faut rappeler que le dépistage organisé a pour but de rapprocher les publics les plus éloignés de la prévention en réduisant les obstacles financiers. Mais la Drees conclut que la gratuité ne suffit pas et des actions supplémentaires doivent être menées pour sensibiliser les populations les moins ouvertes à la prévention.

Quel est l'intérêt du dépistage du cancer du col de l'utérus ?

Mis en place, en 2018, après plusieurs expérimentations locales, le dépistage organisé du cancer du col de l'utérus vise 3 objectifs principaux :

  • faire baisser l'incidence et les décès de 30% en l'espace de 10 ans,

  • atteindre 80% de participation,

  • diminuer les inégalités d'accès à ce dépistage. Ainsi, ce sont les femmes de 50 ans appartenant à des classes sociales moins favorisées, souffrant de comorbidité, déclarées en affection de longue durée (ALD), ayant des relations avec d'autres femmes ou en situation de handicap qui échappent le plus à ce dépistage.

Pathologie "évitable"

Le cancer du col de l'utérus est considéré comme une pathologie dite "évitable" par les autorités sanitaires. En effet, il pourrait être évité 9 fois sur 10 grâce à un dépistage régulier. Grâce à la vaccination contre le papillomavirus (recommandée dès 11 ans), en association avec le dépistage, on pourrait, insiste l'Inca, envisager d'éradiquer cette maladie. Le cancer du col de l'utérus est le 12e cancer le plus fréquent chez les femmes, Le premier est le cancer du sein. Le cancer du col de l'utérus n'en concerne pas moins plus de 3100 cas par an et 770 décès annuels (sources Inca 2025). Rappelons que plus ce cancer est pris en charge tôt, meilleures sont les chances de guérison.

Couverture vaccinale des femmes pour le papillomavirus

Aujourd'hui, près de la moitié des jeunes filles de 16 ans (données 2023 Santé publique France) ont un schéma complet de vaccination contre le papillomavirus, soit : 44.7 %. Chez les jeunes garçons du même âge, ce taux est de 15.8%, mais les recommandations les concernant sont arrivées bien après.

Comment se déroule le dépistage du cancer du col de l'utérus ?

Le dépistage vise à détecter la présence du papillomavirus (les cancers du col de l'utérus sont principalement dus à une infection persistance par le HPV) ou d'anomalies des cellules du col de l'utérus.  Ce dépistage s'adresse à toutes les femmes de 25 à 65 ans, en 2 étapes, selon l'âge.

Frottis cervico-utérin

  • Entre 25 et 29 ans : il est proposé de réaliser un frottis cervico-utérin. Le frottis permet de prélever des cellules. Il est suivi d'un examen de ces cellules. 2 frottis sont dont faits à partir de 25 ans à un an d'intervalle. Si les résultats sont normaux, un 3e frottis est proposé, 3 ans après, soit 29 ans.

  • Entre 30 et 65 ans : un frottis est proposé tous les 5 ans (si les précédents résultats ont été rassurants). A partir de ce frottis, un test de la présence du virus HPV (papillomavirus) est réalisé. On parle de test HPV-HR.

Examens complémentaires

Si un frottis détecte la présence de cellules anormales ou du virus HPV, des examens complémentaires vous seront proposés afin de déterminer si l'on est en présence d'une pathologie, et de préciser laquelle.

Le dépistage s'accompagne idéalement d'un suivi gynécologique régulier.

À quelle fréquence faut-il faire un frottis pour le dépistage du cancer du col de l'utérus ?

Le frottis à la recherche de cellules anormales se fait: 

  • à partir de 25 ans,

  • puis un an après,

  • puis trois ans après.

Ensuite, si les résultats ont été rassurants, les frottis sont réalisés :

  • tous les 5 ans à partir de 30 ans, jusqu'à 65 ans.

A partir de quel âge dois-je faire un frottis pour le dépistage du cancer du col de l'utérus ?

L'âge à partir duquel le frottis, dans le cadre du dépistage du cancer du col de l'utérus, vous est proposé est de 25 ans.

Que détecte un frottis du col de l'utérus ?

Le frottis ne détecte rien. Il s'agit d'un geste médical, fait avec votre accord, et qui consiste à prélever des cellules au niveau du col de l'utérus, à l'aide d'un speculum. Différents outils sont utilisés dont une petite brosse pour récolter les cellules. Ces cellules sont envoyées dans un laboratoire pour une analyse cytologique. Grâce à ce prélèvement, on peut détecter, ou non, des anomalies dans les cellules et/ou la présence du virus HPV, par le biais d'un test.

Qu'est-ce qu'un test HPV et à quoi sert-il dans le dépistage du cancer du col de l'utérus ?

Le test HPV ou papillomavirus recherche la présence de ce virus dans les cellules prélevées chez les patientes au cours d'un frottis. On sait que la plupart des cancers du col de l'utérus sont dus à la présence persistante du HPV. Cette infection par le HPV est très courante chez les humains. Souvent, elle guérit toute seule, mais dans 10% des cas, le virus peut persister au niveau du col de l'utérus et entraîner des modifications cellulaires. Celles-ci peuvent déboucher à terme sur des lésions précancéreuses qui peuvent devenir ensuite un cancer du col de l'utérus.

Différence entre frottis test HPV ?

Le frottis est le geste médical qui consiste à prélever des cellules sur le col de l'utérus. Le test HPV peut être réalisé à partir des cellules prélevées par frottis afin de mettre en évidence, ou non, la présence du virus HPV.

Sources

Cet article médical a été écrit par un rédacteur expert santé et SEO (EEAT et YMYL), Pierre Luton. Il a un but uniquement informatif et ne se substitue en aucun cas à l’avis de votre médecin, seul habilité à poser un diagnostic. 

Pour établir un diagnostic médical précis et correspondant à votre cas personnel ou en savoir davantage et avoir plus d’informations sur votre pathologie, nous vous rappelons qu’il est indispensable de prendre contact et de consulter un médecin.