#Chirurgie plastique et esthétique

24/10/2023

Correction médico-chirurgicale des rides du visage

Correction médico-chirurgicale des signes de vieillissement du visage

Après le teint et les ridules, et avant le relâchement de la , les creux sont responsables de l’apparition d’ombres portées qui assombrissent le visage et jouent un rôle important dans l’impression de « coup de vieux» ! « Je vous propose maintenant d’en comprendre la cause, et d’envisager leur correction »… écrit le Dr Jean-Pascal Fyad (chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique, Polyclinique Majorelle, Clinique Saint-André), poursuivant sa série d’articles sur la "correction médico-chirurgicale des " (chapitre 3). A retrouver dans la nouvelle lettre (n°32, septembre 2023).

Coup de vieux

Nous avons vu, dans les précédentes lettres médicales, que l’impression de «» laissée par un visage familier, reposait sur l’analyse instantanée par notre œil de sa luminance (luminance = réflexion de la lumière) : plus le visage est sombre, plus il paraît âgé ! Nous avons vu également quels étaient les et leur correction.

Anatomie profonde et anatomie superficielle

Les contours du squelette crânio-facial constituent l’anatomie « profonde» du visage, associant concavités et convexités. Les convexités osseuses que sont les os frontaux, les zygomas, le nez ou le menton (les « pare-chocs » du visage) sont des zones naturelles de réflexion de la lumière. Ces zones apparaissent toujours plus claires !

A contrario, les concavités des fosses temporales, des orbites et des maxillaires supérieurs sont propices à la création de zones d’ombres. Ainsi, ces concavités profondes deviennent des convexités en surface, du moins chez l’enfant et l’adolescent : les tempes sont planes, les contours des orbites ne sont pas visibles, les joues sont pleines et convexes.

Effets de l’âge, joue, peau, ridule

Avec l’âge, toutes les structures changent : l’os, (les muscles) et la graisse. Au niveau osseux, le contenant orbitaire s’élargit et le contenu graisseux n’arrive plus à remplir parfaitement la cavité. Les paupières supérieures se creusent et le cadre orbitaire apparaît : c’est la « squelettisation » du regard.

Un étage en dessous, la perte des dents (et de l’os alvéolaire qui les maintient), ne permet plus le soutien des tissus mous susjacents : les joues se creusent. (« Conservez vos racines » !). Heureusement, ces creux naturels sont remplis de tissus mous qui en modifient l’ana tomie superficielle (muscles temporaux, globes oculaires et graisse orbitaire, graisse jugale).

Graisse des joues

C'est certainement le changement le plus visible, la graisse des joues fond et se ramollit. Pour bien comprendre cette transformation, on peut la rapprocher de ce qui se passe au niveau des après une grossesse : la glande perd parfois en volume, mais s’amollit toujours ! Il en résulte un creusement du décolleté, et un aspect tombant du sein : c’est la même chose pour les joues ! La graisse sous cutanée qui remplit tout l’espace en avant du maxillaire supérieur, et permet le maintient des muscles peauciers (de la peau) responsables des mimiques, s’amenuise et perd sa tonicité.

Des creux vont alors apparaître au centre de la joue bien sûr, mais aussi à ses limites crâniale et caudale ; vers le haut, la vallée des larmes et le cerne ( jonction palpébro-jugale) sont l’expression la plus emblématique de cette fonte graisseuse.

Vers le bas, le ramollissement de la graisse jugale et de la peau provoque la formation de la bajoue. La bajoue est une migration de la graisse jugale vers le cou, entraînant une perte de la limite visuelle entre visage et cou (ligne mandibulaire ou « jaw line »). La joue déborde cette limite et tend à se confondre visuellement avec le cou.

Au total, avec l’âge, la convexité de la joue s’altère et perd son pouvoir de réflexion de la lumière. D’abord plane, puis creusée des cernes et des vallées des larmes, la joue glisse vers le cou et se couvre d’ombres…

Comment faire pour éliminer les rides du visage ?

Correction des volumes :

Jusqu’au milieu des années 90, le comblement des ridules de la peau par injection de collagène et les liftings étaient les seules options possibles de rajeunissement du visage.

En 1995, l’américain Sydney Coleman a standardisé les injections de graisse autologue du visage (puis du reste du corps). Grâce à lui, les« » sont devenus sûrs et efficaces !

Qu'est-ce qui est le plus efficace contre les rides ?

Il a montré en outre, qu’à côté du lifting qui repositionnait les tissus déplacés ou réduisait leur distension, la restauration des volumes normaux du visage était incontournable afin d’obtenir des résultats harmonieux et surtout « naturels ». En effet, il ne sert à rien de corriger une bajoue et un cou relâché, si la joue au-dessus reste creusée par la vallée des larmes et si l’aspect fatigué du regard perdure à cause des cernes !

Aujourd’hui donc, la correction des creux du visage par réinjection de sa propre graisse est une étape obligée dans toute chirurgie du relâchement (des paupières, du visage ou du cou).

Acide hyaluronique :

Les années 90 ont vu également l’arrivée de l’acide hyaluronique qui a révolutionné le comblement des rides, et la correction des signes de vieillissement du visage !

Ce gel n’a pas le potentiel allergique du collagène bovin. En outre, différentes textures permettent de corriger au choix, les ridules superficielles, les plis, et même les volumes profonds du visage. La restauration des volumes du visage est devenue simple et réalisable au cabinet.

Grâce à ces innovations (la graisse et l’acide hyaluronique), on a compris que la perte des volumes était un facteur important du vieillissement du visage et qu’il devait être corrigé.

Comment atténuer les rides ?

Cependant, certains médecins avancent que la déflation des volumes explique à elle-seule la ptose (descente) des tissus et que restaurer les volumes par injection pourrait suffire à redonner un aspect plus jeune au visage : le « lifting médical » remplacerait le « lifting chirurgical »… Cette croyance explique peut-être l’épidémie d’injections excessives parfois rencontrées. Les visages « boursoufflés » des injections excessives viennent ajouter leurs caricatures à celle des visages « tirés » des mauvais liftings.

Alors où est la vérité ? Peut-être quelque part entre les deux. Il y a certainement une place pour une approche globale et très mesurée, visant à corriger les signes les plus disgracieux de l’âge, au cas par cas, sans chercher la transformation et en se gardant des dogmes…