#Cancer de l'œsophage

26/05/2026

Cancer de l'œsophage : symptômes, diagnostic et traitements

 Le cancer de l'œsophage est une pathologie maligne relativement rare mais au pronostic sévère. En France, on compte environ 5 500 nouveaux cas par an, dont 80 % chez des hommes de plus de 55 ans (Ligue contre le Cancer). Longtemps silencieux, il est souvent diagnostiqué tardivement ce qui peut compliquer sa prise en charge. 

Qu'est-ce qu'un cancer de l'œsophage ?

L'œsophage est un long tube musculaire d'environ 25 centimètres qui relie le pharynx à l'estomac. Il permet d’acheminer les aliments et les liquides vers le système digestif grâce à des contractions musculaires réflexes. Un cancer de l'œsophage se développe lorsque des cellules de la paroi de cet organe se multiplient de façon anormale. 

On distingue principalement deux types : 

Le carcinome épidermoïde, il se développe à partir des cellules de revêtement de la muqueuse, surtout dans les tiers moyen et supérieur de l'œsophage. Son incidence est en baisse régulière en France, grâce notamment à la réduction du tabagisme. 

L'adénocarcinome, il est par contre en nette progression. Il se développe dans la partie basse de l'œsophage, souvent sur une lésion préexistante appelée œsophage de Barrett, qui est fréquemment associée au chronique et à l'obésité.  

Carcinome épidermoïde vs adénocarcinome de l'œsophage

CritèreCarcinome épidermoïdeAdénocarcinome
LocalisationTiers moyen et supérieurPartie basse de l'œsophage
Principaux facteurs de risqueAlcool et tabacObésité et reflux gastro-œsophagien
Lésion précurseurMuqueuse de revêtementŒsophage de Barrett
Tendance en FranceEn baisse régulièreEn nette progression
Lien avec boissons chaudesOui (>65°C, CIRC 2016)Non documenté
Prévention principaleArrêt tabac et alcoolContrôle du poids et du reflux

Les deux types de cancer de l’œsophage évoluent en sens inverse. Le carcinome épidermoïde recule grâce à la lutte contre le tabac et l'alcool, tandis que l'adénocarcinome progresse en raison de la montée de l'obésité dans les pays occidentaux.

Les causes et les facteurs de risque possibles du cancer de l'œsophage

L'alcool et le tabac représentent les deux principaux facteurs de risque du carcinome épidermoïde. L’arrêt de ces deux substances combinées permettrait d'éviter environ 90 % des cas de ce type selon la Ligue contre le Cancer. 

L'obésité et le reflux gastro-œsophagien favorisent quant à eux le développement de l'adénocarcinome en exposant chroniquement la muqueuse à l'acidité gastrique. La consommation de boissons très chaudes (au-delà de 65 °C) augmente également le risque de carcinome épidermoïde (classé « probablement cancérogène pour l'homme » par le CIRC depuis 2016). 

Certaines pathologies digestives chroniques fragilisent aussi la muqueuse sur le long terme, comme l'achalasie (trouble du fonctionnement de l'œsophage qui empêche les aliments de progresser normalement vers l'estomac), le syndrome de Plummer-Vinson ou les lésions caustiques de l'œsophage. 

Dans le cas de l'achalasie, les cancers apparaissent en moyenne 15 à 20 ans après le diagnostic.

Quels sont les symptômes du cancer de l'œsophage ?

La dysphagie est le signe le plus fréquent. Il s’agit d’une difficulté à avaler, d’abord pour les aliments solides, puis pour les liquides lorsque la maladie évolue. 

Ce symptôme est généralement lié à un rétrécissement de l’œsophage en raison de la croissance tumorale. Une perte de poids est aussi présente dans plus de la moitié des cas. Elle résulte à la fois de la difficulté à s’alimenter et d’une altération de l’état général. 

D'autres signes cliniques peuvent être observés comme des douleurs thoraciques, des régurgitations, un hoquet ou une chez le patient cancéreux. 

À un stade plus avancé, une modification de la voix peut être observée en cas d’atteinte du nerf laryngé. Mais ces signes ne sont pas spécifiques, ce qui explique le diagnostic souvent tardif de la maladie.

Le diagnostic du cancer de l'œsophage

Le diagnostic de cancer de l’œsophage repose sur plusieurs examens. La consultation avec interrogatoire permet de recueillir les antécédents, les symptômes et les facteurs de risque du patient. 

L'endoscopie œsogastroduodénale est l'examen de référence. Elle permet de visualiser directement l'intérieur de l'œsophage et de réaliser des biopsies pour confirmer la nature cancéreuse des cellules. Un scanner thoraco-abdominal évalue ensuite l'extension locale et à distance de la tumeur. 

Il est parfois complété par un PET Scan pour affiner le bilan et guider la stratégie thérapeutique.  

Parcours diagnostique et thérapeutique du cancer de l'œsophage

ÉtapeExamen / ActionObjectif
1 - ConsultationInterrogatoire médicalRecueillir symptômes et antécédents
2 - DiagnosticEndoscopie œsogastroduodénale + biopsiesConfirmer la nature cancéreuse
3 - Bilan d'extensionScanner thoraco-abdominalÉvaluer l'extension locale et à distance
4 - Bilan complémentairePET Scan si nécessaireAffiner la stratégie thérapeutique
5 - Décision thérapeutiqueRéunion de Concertation PluridisciplinaireAdapter le traitement au stade
6 - TraitementChirurgie / Chimiothérapie / RadiothérapieTraiter selon le stade de la maladie
7 - SurveillanceSuivi au long cours post-traitementDépister récidive ou second cancer

Quels sont les traitements du cancer de l'œsophage ?

La prise en charge est définie en Réunion de Concertation Puridisciplinaire (RCP) et adaptée au stade de la maladie et à l'état de santé général du patient. Pour les cancers précoces, la résection endoscopique est le traitement de référence. 

Pour les cancers localisés, la chirurgie (œsophagectomie) est le traitement principal, parfois précédée d'une ou d'une radiochimiothérapie pour optimiser les résultats. 

Pour les cancers localement avancés, une radiochimiothérapie est généralement proposée en première intention, avec des à surveiller, et peut constituer le seul traitement en cas de contre-indication chirurgicale. 

Pour les cancers métastatiques, la chimiothérapie peut aider à ralentir la progression tumorale, soulager les douleurs et améliorer la qualité de vie.

L’équipe du rappelle que même durant le traitement, l'arrêt du tabac reste bénéfique. Il améliore la tolérance aux traitements et influence positivement le pronostic, quel que soit le moment du diagnostic. 

Pronostic du cancer de l'œsophage

Le pronostic de cancer de l’œsophage est globalement défavorable. Il dépend du stade au diagnostic, de l'envahissement des , de la présence de métastases et de l'état général du patient. La survie nette à 5 ans est estimée à 16 % chez l'homme et 20 % chez la femme pour les cas diagnostiqués entre 2010 et 2015. 

Elle a néanmoins doublé entre 1990 et 2015, passant de 9 à 18 %, ce qui montre les progrès réalisés en matière de prise en charge.

Chiffres clés du cancer de l'œsophage en France

IndicateurValeurPrécision
Nouveaux cas par an en France~5 500Source : Ligue contre le Cancer
Part des hommes touchés80 %Hommes de plus de 55 ans
Survie nette à 5 ans (homme)16 %Cas diagnostiqués entre 2010 et 2015
Survie nette à 5 ans (femme)20 %Cas diagnostiqués entre 2010 et 2015
Progression de la survie globaleDe 9 % à 18 %Entre 1990 et 2015 (x2)
Cas évitables (carcinome épidermoïde)~90 %Par arrêt alcool et tabac combinés
Délai moyen d'apparition (achalasie)15 à 20 ansAprès le diagnostic de la pathologie
Température à risque (boissons chaudes)>65 °CClassé probablement cancérogène (CIRC 2016)

Après la fin des traitements oncologiques, une surveillance au long cours est instaurée. Les patients présentent en effet un risque accru de second cancer, notamment au niveau des voies aérodigestives supérieures, du poumon ou d'un , et en particulier chez les consommateurs d'alcool et de tabac.

 

Références bibliographiques

  • "Cancers de l'œsophage". e-cancer.fr.
  • "Les cancers de l'œsophage - Institut ...". e-cancer.fr.
  • Domper Arnal MJ, Ferrández Arenas Á, Lanas Arbeloa Á. "Esophageal cancer: Risk factors, screening and endoscopic treatment in Western and Eastern countries.". World J Gastroenterol. 2015. 21(26):7933-43.