20/05/2026
Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) devient le syndrome ovarien, métabolique, polyendocrinien (SMOP)

Si vous avez reçu un diagnostic de SOPK, vous avez peut-être croisé cette information sur les réseaux sociaux ou dans la presse ces derniers jours. Le nom a changé officiellement et pour de bonnes raisons.
Le 12 mai 2026, à Prague, la communauté médicale internationale a pris la décision que le syndrome des ovaires polykystiques ne s'appellerait plus ainsi. Il porte désormais le nom de syndrome métabolique ovarien polyendocrinien (SMOP). Ce n'est pas un simple toilettage administratif. C'est la reconnaissance, enfin, de ce que des millions de femmes vivent depuis des années sans toujours trouver les mots pour le décrire, ni les médecins pour l'entendre pleinement.
| Élément | Information |
| Ancien nom | SOPK : Syndrome des ovaires polykystiques |
| Nouveau nom | SMOP : Syndrome métabolique ovarien polyendocrinien |
| Date officielle | 12 mai 2026 |
| Lieu de l'annonce | Congrès européen d'endocrinologie, Prague |
| Organisations impliquées | 56 sociétés savantes et groupes de patientes internationaux |
| Processus | 14 ans de travail, plus de 14 300 personnes consultées |
| Transition prévue | Période de 3 ans jusqu'en 2028 |
| Femmes concernées | 1 sur 8, soit plus de 170 millions dans le monde |
Résumé : SOPK devient SMOP
Pourquoi ce changement de nom ?
- Le terme "polykystique" était inexact : il n'existe pas de kystes, mais des follicules immatures.
- L'ancien nom réduisait le syndrome à un problème ovarien, effaçant ses dimensions métaboliques, hormonale et cardiovasculaire.
- 14 ans de travail international et plus de 14 300 personnes consultées ont abouti à cette décision.
Ce que le changement de nom par SMOP désigne mieux :
- Un trouble du système hormonal et métabolique global, pas seulement gynécologique.
- Des impacts sur le poids, la peau, la fertilité, les maladies cardiovasculaires et le bien-être psychologique.
Ce qui ne change pas pour vous :
- Votre diagnostic SOPK reste valable à 100 %.
- Les examens, les traitements et le suivi médical sont identiques.
- SOPK et SMOP coexisteront pendant 3 ans dans les dossiers médicaux.
Pourquoi le SOPK s'appelle désormais le SMOP ?
Le SOPK portait mal son nom depuis le début. Quand le syndrome a été décrit pour la première fois en 1935, les médecins ont observé à l'échographie ce qu'ils ont pris pour des kystes sur les ovaires. Le nom "polykystique" s'est imposé. Problème : il était faux.
Ce qu'on voyait n'était pas des kystes (cavités remplies de liquide), potentiellement pathologiques. C'était des follicules immatures, de petites structures contenant des ovocytes qui n'avaient simplement pas pu arriver à maturité. Une nuance médicale fondamentale, mais aux conséquences bien réelles pour les femmes dont l'échographie ne montrait "rien d'anormal" et qui sont reparties sans diagnostic, parfois après des années d'errance.
Le second problème était encore plus profond. En mettant les ovaires au centre du tableau, le nom SOPK invisibilisait tout le reste :
- Des dérèglements hormonaux complexes (hyperandrogénie, résistance à l'insuline).
- Des répercussions métaboliques : prise de poids, risque accru de diabète de type 2.
- Des manifestations cutanées : acné, pilosité excessive, chute de cheveux.
- Un impact cardiovasculaire sur le long terme.
- Des effets sur la santé mentale : fatigue chronique, anxiété, dépression.
C'est pourquoi, après 14 ans de travail collectif impliquant 56 sociétés savantes et plus de 14 300 patientes et professionnels de la santé consultés, la communauté médicale internationale a enfin pris la décision de modifier son appellation.
SOPK, SMOP : de quoi parle-t-on exactement ?
Le SMOP (ex-SOPK) est la première cause d'infertilité féminine, selon l'Inserm. L'OMS estime qu'il touche entre 10 et 13 % des femmes en âge de procréer, soit environ une femme sur huit dans le monde, et que 70 % d'entre elles l'ignorent.
C'est un syndrome, ce qui signifie qu'il regroupe plusieurs manifestations pouvant varier considérablement d'une femme à l'autre.
Les symptômes les plus fréquents du SMOP (anciennement SOPK)
- Règles irrégulières, espacées ou absentes.
- Troubles de l'ovulation, pouvant entraîner des difficultés à concevoir.
- Acné persistante, souvent hormonale.
- Pilosité excessive sur le visage ou le corps.
- Prise de poids ou difficultés à perdre du poids.
- Fatigue chronique.
- Résistance à l' insuline, pouvant favoriser un diabète de type 2.
Toutes ces manifestations ne sont pas forcément présentes en même temps. C'est d'ailleurs ce qui rend ce syndrome si difficile à reconnaître, et parfois si long à diagnostiquer.
Quel est le diagnostic du syndrome métabolique ovarien polyendocrinien ?
Son diagnostic repose sur les critères de Rotterdam, qui associent au moins deux des trois éléments suivants :
- Des cycles irréguliers ou une absence de règles (anovulation ou dysovulation).
- Une hyperandrogénie clinique ou biologique : excès d'hormones masculines (testostérone), se traduisant par de l'acné, une pilosité excessive (hirsutisme) ou une alopécie.
- Un aspect échographique des ovaires avec de nombreux follicules immatures.
Selon ameli.fr, le diagnostic repose sur un bilan hormonal et, si nécessaire, une échographie abdominopelvienne. Ces examens restent inchangés avec le nouveau nom.
Traitement du SMOP et prise en charge : ce qui change (ou pas)
Rassurez-vous, votre diagnostic de SOPK reste valable. Le SMOP désigne exactement la même affection. Il n'y a aucune démarche à effectuer, aucune consultation à refaire pour "mettre à jour" votre dossier.
Ce qui va progressivement évoluer :
- Le terme SMOP apparaîtra sur vos prochains comptes-rendus médicaux et ordonnances.
- SOPK et SMOP coexisteront pendant une période de transition de trois ans, prévue jusqu'en 2028.
- Les recommandations internationales de prise en charge seront mises à jour d'ici 2028.
Ce qui ne change absolument pas :
- Les examens diagnostiques (bilan hormonal, prise de sang, échographie pelvienne).
- Les traitements et les approches thérapeutiques.
- Le suivi médical et gynécologique.
- Votre prise en charge, qu'elle soit médicale, nutritionnelle ou liée à la fertilité.
Ce changement de nom a une portée bien au-delà du vocabulaire. En nommant enfin ce syndrome pour ce qu'il est vraiment, un trouble métabolique, hormonal et polyendocrinien, les experts espèrent réduire l'errance diagnostique, améliorer la recherche et, surtout, permettre une prise en charge globale des femmes concernées.
Cet article médical a été relu par une rédactrice experte santé et SEO (EEAT et YMYL), Meryem Lamlih. Il a un but uniquement informatif et ne se substitue en aucun cas à l’avis de votre médecin, seul habilité à poser un diagnostic. Ses données sont à jour à la date de publication de l'article.
Pour établir un diagnostic médical précis et correspondant à votre cas personnel ou en savoir davantage et avoir plus d’informations sur votre pathologie, nous vous rappelons qu’il est indispensable de prendre contact et de consulter un médecin.
Sources
The Lancet
Inserm : Institut national de la santé et de la recherche médicale
ameli.fr : Assurance Maladie