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#Cancer#Institut de Cancérologie Paris Nord

22/07/2026

Diagnostic du cancer des uretères - examens et techniques utilisés

Le cancer des uretères fait partie du groupe des cancers des voies urinaires supérieures. Il prend naissance dans la paroi des canaux qui relient les reins à la vessie. C’est un cancer rare qui représente environ 5 à 10 % des cancers urothéliaux et dont la majorité siège dans la vessie. Le diagnostic repose sur plusieurs examens complémentaires qui permettent d’identifier la tumeur, d’évaluer son extension et de choisir la meilleure prise en charge. 

Diagnostic du cancer des uretères

Diagnostic de cancer de l’uretère : les premiers examens

La première étape du diagnostic est la consultation médicale avec interrogatoire et examen clinique. Le médecin se renseigne notamment sur les facteurs de risque comme le , certains antécédents urologiques ou des expositions professionnelles à des substances chimiques, autant de causes sur lesquelles il est possible d'agir pour lutter contre le cancer.   Ensuite, une analyse d’urine est prescrite pour voir si une hématurie (présence de sang dans les urines) ou une éventuelle infection urinaire sont présentes. Une cytologie urinaire peut compléter cet examen afin d’identifier des cellules anormales ou cancéreuses présentes dans l’urine.   Un bilan sanguin est également demandé. Les tests de la fonction rénale permettent d’évaluer l’impact d’un éventuel trouble au niveau du rein. Une formule sanguine complète peut mettre en évidence une anémie liée à un saignement chronique ou des signes d’infection.  

Uro-TDM : l’examen de référence pour visualiser les uretères

L’uro-TDM, aussi appelé uroscanner, est aujourd’hui l’examen d’imagerie principal dans le diagnostic du cancer des uretères.

Dans quels cas un uro-TDM est-il demandé ?

Il peut être prescrit si une anomalie des voies urinaires est suspectée, surtout en présence de sang dans les urines, de douleurs lombaires inexpliquées ou d’une dilatation du rein visible à l’échographie. L’Uroscanner analyse l’ensemble de l’appareil urinaire : reins, uretères et vessie. Il permet de rechercher une masse tumorale, un épaississement anormal de l’uretère ou un obstacle au passage de l’urine. L'uro-TDM évalue également les conséquences de la tumeur sur le , comme une hydronéphrose, et peut chercher une éventuelle atteinte ganglionnaire ou métastatique.

Comment se déroule l’uro-TDM ?

L’examen repose sur une tomodensitométrie avec injection d’un produit de contraste iodé dans une veine du bras. Ce produit est éliminé dans les urines, ce qui permet d’obtenir des images détaillées des voies urinaires à différents temps de circulation. Le patient est allongé sur une table mobile à travers l’anneau du scanner. L’examen dure de 15 à 30 minutes. Une sensation de chaleur diffuse ou un goût métallique dans la bouche peuvent apparaître au moment de l’injection, ces signes sont habituels et transitoires. Un jeûne de quelques heures peut être demandé avant l’examen. Des antécédents d’allergie à l’iode, de diabète ou d’insuffisance rénale doivent être signalés avant la réalisation du scanner.

Urographie intraveineuse : quelle place dans le diagnostic du cancer de l’uretère ?

L’urographie intraveineuse (UIV) est un examen plus ancien qui est aujourd’hui largement remplacé par l’uro-TDM.

Pourquoi faire une urographie intraveineuse ?

L’urographie intraveineuse peut parfois être utilisée dans certaines indications pour étudier la morphologie des voies urinaires et le drainage des urines. Comme le scanner, l’UIV utilise un produit de contraste iodé éliminé par les reins. L’examen peut montrer une anomalie du trajet urinaire, une interruption du passage du contraste ou une image évocatrice d’une tumeur de l’uretère.

Comment se passe une urographie intraveineuse ?

L’examen se déroule en position allongée sur une table de radiologie. Après la mise en place d’un cathéter dans une veine, le produit iodé est injecté puis plusieurs clichés radiographiques sont réalisés à intervalles réguliers. Une deuxième série d’images peut être nécessaire une à deux heures plus tard afin d’étudier le remplissage de la vessie et l’évacuation des urines. Comme avec les autres examens utilisant un produit iodé, une sensation de chaleur passagère peut survenir après l’injection. Les complications sévères sont rares, mais les antécédents allergiques et les troubles rénaux doivent être signalés avant l’examen.

 

Comparaison des examens diagnostiques du cancer des uretères

ExamenObjectif principalProduit de contrasteAnesthésieStatut actuel
Uro-TDM
(uroscanner)
Visualiser la tumeur et son extensionIodé (IV)NonExamen de référence
Urographie
intraveineuse (UIV)
Morphologie des voies urinairesIodé (IV)NonRemplacé par l’uro-TDM
Urétéroscopie (URS)Exploration directe + biopsiesNonGénéraleConfirme le diagnostic
IRMÉvaluation des extensions localesParfoisNonBilan d’extension
Scanner thoraciqueRecherche de métastases pulmonairesIodé (IV)NonBilan d’extension
Scintigraphie
osseuse
Recherche d’atteinte osseuseTraceur radioactifNonSi douleurs osseuses

Urétéroscopie : pour confirmer un diagnostic de cancer des uretères

L’urétéroscopie (URS) permet une exploration directe de l’intérieur des uretères et des cavités rénales.

Quand réaliser une urétéroscopie ?

L’urétéroscopie est indiquée lorsqu’une lésion suspecte a été identifiée à l’imagerie ou lorsqu’une cytologie urinaire retrouve des cellules anormales. Cet examen permet d’établir le diagnostic formel grâce aux biopsies réalisées pendant le geste. Il permet également d’évaluer l’aspect de la tumeur et parfois de traiter certaines petites lésions de bas grade par voie endoscopique.

Comment se déroule une urétéroscopie ?

L’intervention se déroule en général sous anesthésie générale. Un instrument fin (urétéroscope) est introduit par les voies naturelles, à travers l’urètre puis la vessie, jusqu’à l’uretère concerné. L’urologue peut observer directement la muqueuse urinaire, effectuer des prélèvements et réaliser des lavages pour analyse cytologique. Certaines tumeurs peuvent être détruites au laser au cours du même geste. Une sonde double J peut être mise en place et laissée de manière temporaire pour faciliter le drainage du rein après l’intervention. Les résultats des biopsies permettent ensuite de préciser le grade tumoral et d’orienter la prise en charge.

Le bilan d’extension du cancer des uretères

Quand le diagnostic est confirmé, des examens complémentaires peuvent être demandés pour préciser le stade du cancer. L’ IRM permet d’évaluer certaines extensions locales. Un scanner thoracique peut être fait pour rechercher d’éventuelles métastases pulmonaires. Une , disponible parmi nos spécialités, peut aussi être indiquée en présence de douleurs osseuses ou d'anomalies biologiques évocatrices d'une atteinte osseuse. L'ensemble du dossier est discuté en , conformément à notre parcours patient, afin de définir la stratégie thérapeutique adaptée au profil du patient. L'équipe de l'Institut de Cancérologie Paris Nord peut ensuite assurer la prise en charge des patients atteints de en coordination avec l'équipe chirurgicale, dans le cadre de notre oncologie médicale.

 

Étapes du parcours diagnostique du cancer des uretères

ÉtapeExamen réaliséInformations obtenues
1 - Consultation initialeInterrogatoire + examen cliniqueFacteurs de risque, symptômes
2 - Analyses biologiquesAnalyse d’urine + bilan sanguinHématurie, fonction rénale, anémie
3 - Cytologie urinaireAnalyse cellulaire des urinesPrésence de cellules anormales
4 - Imagerie principaleUro-TDMLocalisation et étendue de la tumeur
5 - ConfirmationUrétéroscopie + biopsiesGrade tumoral, diagnostic formel
6 - Bilan d’extensionIRM / scanner thoracique / scintigraphieStade du cancer
7 - Décision thérapeutiqueRéunion de concertation pluridisciplinaire (RCP)Stratégie de traitement adaptée

Références bibliographiques

  • Soria F, Shariat SF, Lerner SP et al.. "Epidemiology, diagnosis, preoperative evaluation and prognostic assessment of upper-tract urothelial carcinoma (UTUC).". World J Urol. 2017. 35(3):379-387.
  • Krajewski W, Łaszkiewicz J, Nowak Ł et al.. "Current methods facilitating diagnosis of upper tract urothelial carcinoma: a comprehensive literature review.". Curr Opin Urol. 2023. 33(3):230-238.
  • Morgan Rouprêt, Marko Babjuk, Éva Compérat et al.. "European Association of Urology Guidelines on Upper Urinary Tract Urothelial Cell Carcinoma: 2015 Update". European Urology. 2015.
  • Morgan Rouprêt, Marko Babjuk, Éva Compérat et al.. "European Guidelines on Upper Tract Urothelial Carcinomas: 2013 Update". European Urology. 2013.
  • Association Française d'Urologie. "Fiche info patient – Urétéroscopie (URS)". Dernière mise à jour mai 2025.
  • Cancer de la Vessie Canada. "Cancer urothélial des voies supérieures".
  • Société canadienne du cancer. "Diagnostic du cancer du bassinet du rein ou de l'uretère".

Questions fréquentes sur le cancer des uretères

Quels sont les premiers signes d'un cancer de l'uretère ?

Le signe le plus fréquent est l'hématurie, c'est-à-dire la présence de sang dans les urines, visible ou détectée à l'analyse. Des douleurs lombaires inexpliquées peuvent également apparaître. Ces symptômes doivent conduire à consulter rapidement un médecin, qui prescrira une analyse d'urine, un bilan sanguin et des examens d'imagerie pour rechercher une éventuelle tumeur des voies urinaires supérieures.

Quel est l'examen de référence pour diagnostiquer un cancer de l'uretère ?

L'uro-TDM, ou uroscanner, est l'examen d'imagerie de référence pour le diagnostic du cancer de l'uretère. Il utilise un produit de contraste iodé injecté en veine pour obtenir des images détaillées des reins, des uretères et de la vessie. Il permet de détecter une masse tumorale, un épaississement de l'uretère, une hydronéphrose ou des signes d'extension ganglionnaire ou métastatique.

Comment se déroule un uroscanner ?

Le patient est allongé sur une table mobile qui passe dans l'anneau du scanner. Un produit de contraste iodé est injecté dans une veine du bras. Il est ensuite éliminé par les urines, permettant d'obtenir des images précises des voies urinaires. L'examen dure entre 15 et 30 minutes. Une légère sensation de chaleur ou un goût métallique peuvent survenir lors de l'injection, ces effets sont temporaires et sans danger.

À quoi sert l'urétéroscopie dans le diagnostic du cancer de l'uretère ?

L'urétéroscopie permet une exploration directe de l'intérieur des uretères à l'aide d'un instrument fin introduit par les voies naturelles. Elle est indiquée lorsqu'une lésion suspecte est détectée à l'imagerie ou que la cytologie révèle des cellules anormales. Elle permet de réaliser des biopsies pour confirmer le diagnostic, de préciser le grade tumoral et parfois de traiter certaines petites tumeurs de bas grade au laser.

Quelle est la différence entre l'uro-TDM et l'urographie intraveineuse ?

L'uro-TDM et l'urographie intraveineuse (UIV) utilisent tous deux un produit de contraste iodé pour visualiser les voies urinaires. Cependant, l'uro-TDM fournit des images en coupe bien plus détaillées et est aujourd'hui l'examen de référence. L'UIV est un examen plus ancien, désormais largement remplacé par le scanner, mais elle peut encore être utilisée dans certaines indications spécifiques pour analyser la morphologie et le drainage des voies urinaires.

Quels examens sont réalisés pour évaluer l'extension d'un cancer de l'uretère ?

Une fois le diagnostic confirmé, un bilan d'extension est réalisé. Il comprend généralement une IRM pour évaluer les extensions locales, un scanner thoracique pour rechercher des métastases pulmonaires et parfois une scintigraphie osseuse en cas de suspicion d'atteinte osseuse. L'ensemble du dossier est ensuite discuté en réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP) pour définir la stratégie thérapeutique adaptée.

La cytologie urinaire est-elle utile pour détecter un cancer de l'uretère ?

Oui, la cytologie urinaire est un examen complémentaire utile dans le diagnostic du cancer de l'uretère. Elle consiste à analyser les cellules présentes dans les urines afin de détecter d'éventuelles cellules anormales ou cancéreuses. Elle est souvent associée à l'analyse d'urine standard. Un résultat positif peut orienter vers la réalisation d'une urétéroscopie avec biopsies pour confirmer le diagnostic.

Le cancer de l'uretère est-il rare ?

Oui, le cancer de l'uretère est relativement rare. Il appartient au groupe des cancers des voies urinaires supérieures et représente environ 5 à 10 % des cancers urothéliaux, dont la grande majorité siège dans la vessie. Les principaux facteurs de risque sont le tabagisme, certains antécédents urologiques et des expositions professionnelles à des substances chimiques cancérigènes.

Article écrit le 22/07/2026, vérifié par L'équipe médicale de l'Institut de Cancérologie Paris Nord - ICPN