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#Alcool#Cardiologie#Conseils#Dépendance(s)#Diabète#Hypertension artérielle#Hôpital Privé Saint-Martin - Bordeaux

28/10/2026

Mieux connaitre l’accident vasculaire cérébral pour mieux réagir

Un accident vasculaire cérébral (AVC), qu'est-ce que c'est ?

L'AVC, que l'on appelle aussi « attaque cérébrale », est un déficit neurologique focal d'origine vasculaire : la circulation sanguine est interrompue dans une partie du cerveau, du fait de l’obstruction ou de la rupture d'un vaisseau. Le mot « accident » souligne le caractère soudain de l'événement.

Lors d'un AVC, les cellules cérébrales sont rapidement endommagées car elles se retrouvent privées d'oxygène ou comprimées par un épanchement de sang.

En France, en 2022, les AVC ont conduit à l’hospitalisation de 122 422 adultes et ont été responsables de plus de 30 000 décès. Plus d'un million de personnes vivent en France avec un antécédent d'AVC, qui est la première cause de handicap acquis chez l'adulte.

Quels sont les symptômes d'un AVC ?

L’apparition brutale de certains symptômes doit alerter : un visage qui se déforme, des difficultés à parler, une faiblesse ou une paralysie d'un côté du corps, des troubles de la vision. Certaines personnes peuvent aussi ressentir des céphalées intenses ou des problèmes d'équilibre. En cas de survenue de ces symptômes, appelez immédiatement le 15, même si les signes disparaissent au bout de quelques minutes. Les premières heures sont décisives pour la prise en charge, chaque minute compte.

 Les symptômes étant identiques pour les deux types d’AVC, seule l’imagerie (scanner cérébral ou IRM cérébrale) permet de les distinguer et d’adapter le traitement.

Les différents types d'AVC

On distingue deux grands types d’AVC : l’AVC ischémique et l’AVC hémorragique.

  • Dans environ 80 % des cas, il s’agit d’un AVC ischémique (ou infarctus cérébral) lié à l’obstruction d’une artère à destinée encéphalique pouvant relever de deux mécanismes : soit un caillot se forme sur une artère abîmée par l’athérosclérose, soit un caillot migre du cœur, on parle alors d’embolie cardiaque.

L'AVC cardio-embolique représente 15 à 30 % des AVC ischémiques. En cas de pathologie cardiaque, un caillot peut se former dans les cavités cardiaques, migrer dans la circulation sanguine et obstruer une artère cérébrale. Trois situations sont à connaître :

  • La fibrillation atriale (FA) qui est la première cause d'AVC cardio-embolique. Il s’agit d’un trouble du rythme cardiaque prenant naissance dans l'oreillette gauche. Les signaux électriques y deviennent anarchiques, ce qui empêche cette cavité de se contracter normalement: elle ne fait que frémir. Du sang peut alors stagner et un caillot se former dans l’oreillette gauche, en migrant il peut obstruer une artère cérébrale et causer un AVC. La FA multiplie par 5 le risque d'AVC et serait à l'origine de 15 à 30 % des AVC selon les études. Les AVC liés à une FA sont plus sévères : mortalité accrue dès la première année et pronostic fonctionnel plus sombre.
  • Le foramen ovale perméable qui est une petite communication persistant entre les deux oreillettes chez environ 25 % des adultes. Le plus souvent sans conséquence, il peut laisser passer un caillot formé dans une veine de l’oreillette droite vers l’oreillette gauche puis vers la circulation cérébrale.
  • L'endocardite qui est une infection des valves cardiaques. Elle peut libérer des débris infectieux dans le sang. Ces fragments peuvent alors migrer et obstruer les artères cérébrales.

L'accident ischémique transitoire (AIT).

L'AIT est un signal d'alarme majeur : il est de même nature qu'un AVC ischémique, mais l’obstruction n'est que temporaire. Ses symptômes durent généralement moins d'une heure (au maximum 24 heures) et disparaissent sans laisser de traces. L'imagerie standard ne montre alors aucune lésion permanente. Parce que ses symptômes sont brefs et réversibles, il risque de passer inaperçu ou d’être pris pour un simple malaise. C’est pourtant une urgence médicale absolue, il annonce un danger imminent. Le risque d'AVC est maximal dans les 24 à 48 heures qui suivent, et 20 à 25 % des AVC sont précédés d'un AIT. Dès l’apparition du moindre signe évocateur, même s’il a disparu, le bon réflexe est donc de consulter immédiatement les urgences pour passer des examens notamment une imagerie cérébrale afin d’éviter l'infarctus cérébral.

Dans environ 20 % des cas, c’est un AVC hémorragique, causé par la rupture d’un vaisseau, survenant fréquemment dans un contexte d’hypertension artérielle.

AVC et infarctus du myocarde : ce qui les rapproche

L'AVC et l'infarctus du myocarde partagent des mécanismes identiques, ce qui justifie pleinement de les aborder ensemble. Dans la majorité des cas, ils découlent de la même maladie des artères : l’athérosclérose.

AVC et infarctus du myocarde : deux organes distincts, un même mécanisme

On se demande parfois si l'AVC est « un infarctus du cerveau ». C'est vrai en cas d’AVC ischémique. Le terme « infarctus » désigne la mort (ou nécrose) de cellules d'un organe causée par un manque brutal d'oxygène.

On parle d'infarctus du myocarde (parfois appelé dans le langage familier « crise cardiaque ») en cas de nécrose de cellules myocardiques du fait de l’obstruction d’une artère coronaire qui apporte le sang oxygéné au myocarde (muscle cardiaque).

On parle d’infarctus cérébral (ou donc plus souvent d’AVC ischémique) en cas de nécrose de cellules cérébrales du fait de l’obstruction d’une artère à destinée encéphalique qui apporte le sang oxygéné au cerveau.

L'AVC concerne le cerveau, l'infarctus du myocarde le muscle cardiaque. Dans les deux cas, le mécanisme responsable est très souvent semblable : l’obstruction d’une artère par un caillot formé dans une artère abîmée par l'athérosclérose. 

En revanche, les symptômes diffèrent. En cas d’AVC, comme on l’a vu, c’est l’apparition brutale d’un visage qui se déforme, de troubles de la parole, d’une faiblesse ou d’une paralysie d'un côté du corps, d’un trouble de la vision qui doivent alerter alors qu’en cas d’infarctus du myocarde des douleurs constrictives en barre dans la poitrine irradiant parfois dans la mâchoire ou dans l’épaule ou le bras gauche sont évocatrices.

Des formes annonciatrices peuvent exister dans les deux cas. L'AIT est un signal d’alarme clinique majeur d’AVC, l’angor instable (douleurs dans la poitrine de plus en plus fréquentes et intenses survenant pour des efforts minimes voire au repos) fait craindre un infarctus du myocarde. En cas de survenue de symptômes (cérébraux ou cardiaques), le réflexe est le même : appeler le 15.

Des formes silencieuses existent également dans les deux cas. Il s’agit d’accidents bien réels mais n’occasionnant pas de symptômes et risquant donc de passer inaperçus. 

En cas d’AVC et d’infarctus du myocarde, les conséquences dépendent notamment de l'étendue de la zone privée d’oxygène nécrosée et de la rapidité de la prise en charge.

Des facteurs de risque en commun

Pour l'infarctus du myocarde, les principaux facteurs de risque sont l'âge, le sexe masculin, le tabac, l'hypercholestérolémie, le diabète, l'obésité, l'hypertension artérielle, le stress et la sédentarité.

Concernant les AVC, l'étude internationale INTERSTROKE, publiée dans la revue The Lancet en 2016 et comptant 26 919 sujets de 32 pays, a montré que dix facteurs de risque modifiables étaient responsables de 90,7 % du risque global d'AVC. Cela signifie concrètement que la quasi-totalité des AVC surviennent chez des personnes présentant des facteurs de risque sur lesquels il est possible d'agir pour réduire la probabilité de faire un AVC. 

Les dix facteurs :

  • L’hypertension artérielle, le plus important : près de la moitié du risque dans l'étude (47,9 %) ;
  • Le tabagisme, l'arrêt du tabac réduit progressivement le risque ;
  • L'excès de graisse abdominale ;
  • Une alimentation déséquilibrée ;
  • Le manque d'activité physique ;
  • Le diabète ;
  • Le cholestérol ;
  • La consommation excessive d'alcool ;
  • Le stress et la dépression ;
  • Les causes cardiaques, associées à un risque environ trois fois plus élevé (odds ratio de 3,17) et qui pèsent 9,1 % du risque.

AVC : quelles sont les conséquences ?

En France, plus d’un million de personnes vivent aujourd'hui avec un antécédent d'AVC (identifié par une hospitalisation ou une affection de longue durée entre 2012 et 2022). Parmi elles, la Haute Autorité de Santé (HAS) estime que 500 000 patients conservent des séquelles au quotidien.

Après l'AVC : rééduquer et éviter la récidive

Première étape : La rééducation et la réadaptation. Selon la zone touchée, un AVC peut affecter la marche, l'usage d'un bras, la parole, le langage ou la déglutition. La rééducation mobilise kinésithérapeutes, orthophonistes, ergothérapeutes, mais aussi neuropsychologues, psychomotriciens ou enseignants en activité physique adaptée. En 2022, 35,6 % des patients hospitalisés pour AVC ont été transférés en soins de suite ou de réadaptation. La HAS recommande de miser dès le début de la rééducation sur l'éducation thérapeutique du patient et de son entourage, pour pérenniser les résultats. Le médecin traitant joue un rôle central dans la coordination du retour à domicile.

Deuxième étape : la prévention secondaire, pour éviter un nouvel AVC. Avoir déjà fait un AVC multiplie considérablement la probabilité d'une récidive. La prévention secondaire passe donc par le traitement et la maîtrise des facteurs de risque évoqués précédemment : contrôle de la tension artérielle, baisse du cholestérol, contrôle d’un diabète, arrêt du tabac, alimentation équilibrée, pratique d’une activité physique, et prise en charge d’une fibrillation auriculaire lorsqu’elle est en cause.

La réadaptation cardiaque et vasculaire : agir durablement sur le risque

Bien que les filières de rééducation soient historiquement séparées, la réadaptation neurologique pour l’AVC et la réadaptation cardiovasculaire pour les pathologies cardiaques, une passerelle thérapeutique essentielle les unit : le reconditionnement à l’effort.

L'AVC et l'infarctus du myocarde partagent les mêmes racines vasculaires. Dès lors, les artères cérébrales et coronaires bénéficient des mêmes mécanismes de protection. Une fois la phase de rééducation neurologique initiale stabilisée (destinée à récupérer la motricité et/ou le langage), la prescription d'une Activité Physique Adaptée (APA) devient le pilier commun de la prise en charge.

Encadré par des professionnels, ce réentraînement personnalisé poursuit un double objectif : 

  • Sur le plan neurologique : stimuler la plasticité cérébrale, améliorer l'endurance à la marche, réduire la fatigue post-AVC et favoriser l'autonomie.
  • Sur le plan cardiovasculaire : abaisser la tension artérielle, réguler le cholestérol et la glycémie, renforcer le cœur et réduire significativement le risque de récidive (prévention secondaire).

En combinant les exigences de la récupération neurologique et les bienfaits de l'entraînement cardiaque, l'activité physique adaptée s'impose comme un maillon indispensable pour reconstruire la santé globale du patient.

Des études cliniques menées par des organismes de référence comme la Fondation des maladies du cœur et de l’AVC ont montré que des programmes d'exercices physiques de réadaptation cardiaque apportent des bénéfices majeurs aux survivants d'un AVC. 

Un patient peut donc se voir proposer un programme de réadaptation d'inspiration cardiovasculaire ou y être orienté dans les deux cas suivants :

  • La double pathologie : si le patient a fait un AVC mais est atteint également d'une maladie cardiaque (insuffisance cardiaque, infarctus du myocarde associé, …). 
  • Le reconditionnement à l'effort : une fois la rééducation neurologique initiale terminée, l'activité physique encadrée (commune aux programmes cardiaques) s'avère particulièrement efficace pour éviter les récidives d'AVC.

Le CARCEV à Pessac : une prise en charge personnalisée, une équipe pluridisciplinaire

Le Centre Aquitain de Réadaptation Cardiaque et Vasculaire (CARCEV), à l'Hôpital Privé Saint-Martin de Pessac, près de Bordeaux, propose cette prise en charge en réadaptation en hospitalisation à temps partiel. Son objectif : permettre au patient de se rétablir après un problème cardiaque et de retrouver le maximum de ses capacités, en réduisant les facteurs de risque cardiovasculaires, en optimisant le traitement et en pratiquant une activité physique adaptée.

Comment y accéder ?

L'admission se fait généralement sur demande de votre cardiologue ou du service qui vous a pris en charge via la plateforme sécurisée ViaTrajectoire. Vous pouvez aussi contacter directement le service pour plus de renseignements.

  • Accueil du service : du lundi au vendredi, de 9 h à 16 h 30
  • Téléphone : 05 64 12 25 73 ou 05 64 12 25 71
  • Adresse : Hôpital Privé Saint-Martin, allée des Tulipes, 33600 Pessac