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#Actualité médicale#Cardiologie#Journée mondiale#santé des femmes#Hôpital Privé Saint-Martin - Bordeaux

16/10/2026

L'Arrêt cardiaque chez les Femmes

Chaque année en France, 40 000 à 50 000 personnes présentent un arrêt cardiaque, d'après la Fédération Française de Cardiologie (FFC), et seules 7 % environ des victimes y survivent. Chez les femmes, le pronostic est encore plus préoccupant : une étude publiée dans l'European Heart Journal conclut que leurs chances de survie représentent à peu près la moitié de celles des hommes.

Le cœur des femmes est encore mal connu : Symptômes moins bien reconnus, massage cardiaque pratiqué moins souvent par les témoins, facteurs de risque propres aux femmes encore trop peu dépistés : l'arrêt cardiaque au féminin souffre d'un déficit de connaissance. Le 16 octobre, la Journée mondiale de l'arrêt cardiaque est une véritable campagne de prévention  lancée à l'origine par le Conseil européen de réanimation et aujourd'hui portée par l'ILCOR, rappelle qu'agir vite peut sauver une vie.

 

Quelle différence entre un arrêt cardiaque et infarctus ? Et quelles conséquences ?

 

Définitions d'un infarctus et d'un arrêt :

Les deux termes sont souvent confondus, mais il s'agit de deux événements distincts.

  • (« crise cardiaque ») est un problème de circulation sanguine : une artère coronaire est obstruée, le plus souvent par un caillot formé sur une plaque d'athérome, et une partie du muscle cardiaque n'est plus irriguée. La personne reste en général consciente et peut ressentir une gêne dans la poitrine, des douleurs irradiant vers les bras, le dos, le cou, la mâchoire ou l'estomac, ainsi qu'un essoufflement.
  • L'arrêt cardiaque est un problème électrique : le cœur cesse brutalement de battre efficacement. La victime s'effondre, perd connaissance, ne respire plus et son pouls disparaît. Sans massage cardiaque ni défibrillation rapides, il est mortel.

Le lien entre les deux : un infarctus peut déclencher un arrêt cardiaque, une complication grave de la maladie coronaire mais pas systématique. L'infarctus serait d'ailleurs à l'origine d'environ trois quarts des arrêts cardiaques. Dans les deux cas, c'est une urgence vitale : on appelle immédiatement le Samu (15) et, en cas d'arrêt cardiaque, on masse jusqu'à l'arrivée des secours.

 

L'arrêt cardiaque est-il différent chez la femme ? 

 

Une étude publiée dans The Lancet Digital Health (équipe du centre Cedars-Sinai, près de 3 000 personnes) montre qu'environ la moitié des victimes avaient ressenti un symptôme annonciateur dans les 24 heures précédant en cas d’arrêt cardiaque.

Selon une campagne de prévention de la FFC datant de 2016, près de la moitié des femmes de moins de 60 ans victimes d'un infarctus n'ont pas ressenti les symptômes « classiques ». Un essoufflement brutal associé à une fatigue persistante peut être pris, à tort, pour de l'anxiété.

Lors d'un arrêt cardiaque dans un lieu public, les femmes reçoivent moins souvent un massage cardiaque de la part des témoins. Une étude présentée au congrès de la Société européenne de médecine d'urgence relève 52 % de massages chez les femmes contre 55 % chez les hommes ; une analyse nord-américaine de 39 000 urgences extrahospitalières trouvait 61 % contre 68 %. Parmi les explications avancées : l'idée fausse que l'arrêt cardiaque « touche surtout les hommes », et la crainte de toucher la poitrine ou d'être accusé de geste inapproprié. 

Quels sont les risques liés aux femmes ? Quels symptômes ?

Les femmes partagent avec les hommes les grands facteurs de risque : âge, hypertension, diabète, sédentarité, tabac; sans oublier les antécédents familiaux. Mais le cœur des femmes présente aussi des vulnérabilités propres, liées notamment à leur vie hormonale et reproductive :

  • la pré-éclampsie, l'hypertension gravidique, le diabète gestationnel et le syndrôme des ovaires polykystique signalent un risque cardiovasculaire plus élevé à long terme. La pré-éclampsie est reconnue depuis 2011 comme facteur de risque à part entière par l'American College of Obstetricians and Gynecologists ;
  • certaines maladies inflammatoires (polyarthrite rhumatoïde, lupus) ;
  • la contraception contenant de l'éthinylestradiol, surtout lorsqu'elle s'ajoute à d'autres facteurs (tabac, âge supérieur à 35 ans) ;
  • la fibrillation atriale, la dépression et la précarité.

Le tabagisme reste le premier facteur de risque majeur d'accident coronaire chez la femme de moins de 55 ans. Le diabète et le stress sont plus délétères pour les artères féminines. Au total, les maladies cardiovasculaires sont responsables de 42 % des décès chez les Européennes, pesant lourdement sur les causes de mortalité chez les femmes.

Trois moments clés pour le dépistage : la première prescription de contraception, la grossesse et la périménopause. Les antécédents familiaux doivent systématiquement être recherchés. Nous vous invitons à lire l'article ELSAN dédié aux .

À quel âge peut survenir une crise cardiaque chez une femme ?

Avant la ménopause, les œstrogènes contribuent à protéger les vaisseaux ; à la ménopause, leur chute fait rejoindre aux femmes le niveau de risque cardiovasculaire des hommes. Une étude américaine montre que ce rattrapage est rapide, avec une accumulation plus rapide de plaques dans les artères coronaires.

L'âge de la ménopause compte :

  • Ménopause précoce (avant 45 ans) : environ 50 % de risque supplémentaire de maladie cardiovasculaire et 19 % de risque supplémentaire de décès cardiovasculaire prématuré, selon une étude néerlandaise publiée dans JAMA Cardiology
  • Ménopause prématurée (avant 40 ans) : une vaste étude sud-coréenne (European Heart Journal) retrouve un risque d'insuffisance cardiaque supérieur de 33 % et de fibrillation atriale supérieur de 9 % par rapport à une ménopause après 50 ans.
  • Ménopause tardive (55 ans ou plus) : un risque cardiovasculaire inférieur d'environ 20 %.

Post-ménopause, les troubles du rythme sont aussi plus fréquents : une étude parue dans le Journal of the American Heart Association estime qu'environ une femme sur quatre pourrait développer une arythmie, l'insomnie et le stress étant des facteurs favorisants. Les troubles du rythme sont précisément le mécanisme de l'arrêt cardiaque.

La bonne nouvelle : activité physique régulière, alimentation de type méditerranéen, arrêt du tabac et gestion du stress contribuent à réduire le risque pendant et après la ménopause. Parler de sa ménopause (surtout si elle est précoce) à son médecin ou à son cardiologue fait partie de la prévention.

 

Le service de réadaptation cardiaque de Saint-Martin

 

Après un Infarctus du myocarde, une angioplastie ou une chirurgie cardiaque, la réadaptation cardiaque aide à retrouver sa santé, sa confiance et à éviter les récidives. À l'Hôpital Privé Saint-Martin (Pessac, Elsan), c'est le rôle du CARCEV, Centre Aquitain de Réadaptation Cardiaque et Vasculaire, en hospitalisation à temps partiel.

  • Pour qui ? Patients ayant une maladie coronaire (après un syndrome coronarien aigu ou une revascularisation, ou maladie coronaire stable), une insuffisance cardiaque, une artériopathie oblitérante des membres inférieurs, après une chirurgie cardiaque (valvulopathie, chirurgie de l’aorte, …), ou même à haut risque cardiovasculaire en prévention primaire (association de plusieurs facteurs de risque CV).
  • Une équipe pluridisciplinaire : cardiologue, infirmière, kinésithérapeutes, enseignant en activité physique adaptée, diététicienne, psychologue, infirmière tabacologue, ergothérapeute et assistante sociale.
  • Un programme personnalisé : séances de 3 heures, 3 à 5 fois par semaine, une vingtaine de séances en moyenne (soit 3 à 4 semaines), du lundi au vendredi de 9 h à 16 h 30. Réentraînement à l'effort sous télémétrie, avec surveillance de l'électrocardiogramme en temps réel.
  • Des ateliers d'éducation thérapeutique : diététique, activité physique, traitements, facteurs de risque, tabac, gestion du stress, relaxation.
  • Un suivi après le programme : bilan remis au cardiologue et au médecin traitant, orientation vers des clubs Cœur et Santé ou le sport sur ordonnance, et rendez-vous de suivi à 3 mois.

Au-delà du réentraînement physique, ce programme répond à des enjeux très concrets chez les femmes : arrêt du tabac, alimentation, stress, soutien psychologique et social.

Prendre rendez-vous

L'admission se fait généralement à la demande de votre cardiologue, du service de cardiologie ou de chirurgie où vous avez été pris en charge, via la plateforme sécurisée ViaTrajectoire. Vous pouvez aussi contacter directement le service pour connaître les disponibilités et les modalités de prise en charge par votre mutuelle.

  • Service de réadaptation cardiaque : 05 64 12 25 73 ou 05 64 12 25 71 (lundi au vendredi, 9 h – 16 h 30)
  • Accueil de l'hôpital : 05 40 13 02 67 (7 h – 20 h 30) · stm.contact@elsan.care
  • Adresse : Hôpital Privé Saint-Martin, allée des Tulipes, 33600 Pessac (tram B, station « Saige »)

FAQ Centre Aquitain de Réadaptation Cardiaque et Vasculaire (CARCEV)

Le CARCEV (Centre Aquitain de Réadaptation Cardiaque et Vasculaire) est le service de réadaptation cardiaque en hospitalisation à temps partiel de l'Hôpital Privé Saint-Martin, à Pessac. Il accueille les patients avec une maladie coronaire (après un syndrome coronarien aigu ou une revascularisation, ou maladie coronaire stable), une insuffisance cardiaque, une artériopathie oblitérante des membres inférieurs, après une chirurgie cardiaque (valvulopathie, chirurgie de l’aorte, …), ou même à haut risque cardiovasculaire en prévention primaire (association de plusieurs facteurs de risque CV). La prise en charge n'y a pas de limite d'âge : l'intensité du programme est adaptée à chacun.

Une douleur musculaire est en général reproduite ou aggravée par les mouvements ou la palpation, alors que celle d’un Infarctus du myocarde est constrictive, intense et prolongée, au milieu de la poitrine, ni aggravée ni reproduite par les mouvements (mais une contracture ou une inflammation des cartilages peut imiter une douleur cardiaque). Il faut appeler le 15 si la douleur serre comme un étau, irradie vers le bras gauche, l’épaule, la mâchoire ou le haut du ventre, dure plus de 20 minutes sans céder au repos, ou s’accompagne de sueurs, de nausées, d’essoufflement ou d’un malaise, surtout en cas d’antécédents cardiovasculaires. Chez les femmes, les personnes âgées et les diabétiques, les signes peuvent être plus discrets (essoufflement inexpliqué, nausées, fatigue intense, simple gêne thoracique), et l’infarctus peut même survenir sans symptôme. Des douleurs à l’effort de plus en plus fréquentes, intenses ou qui apparaissent au repos peuvent précéder l’infarctus et justifient une consultation rapide. Dans le doute, mieux vaut appeler le 15 que rester chez soi et perdre de précieuses minutes. Ces repères ne remplacent pas un avis médical. Nous vous invitons à lire cet article ELSAN sur le

Des cardiologues de la FFC déplorent que la réadaptation soit peu suivie par les femmes après un infarctus, et évoquent notamment des obligations familiales passées avant leur propre rétablissement. Le recours à la réadaptation est globalement faible en France (28 % des patients après un infarctus en 2014) et plus faible encore chez les femmes. Au CARCEV, une psychologue et une assistante sociale font partie de l'équipe pour aider à lever les freins pratiques et psychologiques.

À la fin du séjour, un bilan complet est remis au cardiologue et au médecin traitant. L'équipe oriente ensuite vers des Clubs Cœur et Santé, des clubs de sport et santé ou dans des structures du programme PEPS dans lesquelles est réalisée de l’activité physique adaptée pour prolonger les bénéfices, et un rendez-vous de suivi est fixé 3 mois plus tard au CARCEV avec le cardiologue, la diététicienne, l'enseignant en activité physique adaptée et l'infirmière.

La maladie coronaire. L'arrêt cardiaque résulte le plus souvent d'un trouble aigu du rythme (fibrillation ventriculaire) survenant sur des artères coronaires malades. L'infarctus serait ainsi à l'origine d'environ trois quarts des cas. Les autres maladies cardiaques à risque d'arythmie sont les valvulopathies et l'insuffisance cardiaque. Plus rarement, la cause n'est pas cardiaque (embolie pulmonaire, hémorragie cérébrale, rupture ou dissection de l'aorte). Maladie coronaire et insuffisance cardiaque font partie des indications de la réadaptation au CARCEV.

Il réduit nettement les risques, mais ne peut pas les supprimer. Après un infarctus, la réadaptation en centre spécialisé est recommandée avec un haut niveau de preuves : chez les patients coronariens, elle s'accompagne d'une baisse d'environ 26 % de la mortalité cardiovasculaire et de 20 % de la mortalité globale, ainsi que d'une diminution significative des réhospitalisations. Dans l'insuffisance cardiaque stabilisée, elle réduit aussi la mortalité et les réhospitalisations. Ces chiffres concernent le CARCEV mais aussi les autres centres de réadaptation cardiaque. Les centres de réadaptation cardiaque favorisent une diminution des facteurs de risque cardiovasculaires, optimisation du traitement et une activité physique adaptée régulière.

Oui, c'est ce qu'on appelle un infarctus silencieux. Il est découvert après coup, par exemple lors d'un bilan avec électrocardiogramme, alors que la personne n'a pas ressenti de symptômes typiques. Les personnes diabétiques sont particulièrement concernées, car la neuropathie diabétique diminue la perception de la douleur. Chez les moins de 55 ans, une étude canadienne a relevé davantage de syndromes coronaires sans douleur thoracique chez les femmes (19 %) que chez les hommes (13,7 %). À nuancer : la douleur thoracique reste le symptôme le plus fréquent chez les femmes comme chez les hommes, mais elle peut être masquée par un essoufflement, une fatigue brutale, des nausées ou des sueurs. Un infarctus silencieux n'est pas moins grave : le retard de diagnostic expose à une mortalité plus élevée.  Ce que montre cette étude menée en 2019 : le manque de réanimation par les témoins, dans l'espace public, les femmes reçoivent beaucoup moins souvent un massage cardiaque de la part des passants. En Europe, une femme a environ 42 % de chances en moins qu'un homme de bénéficier des gestes de premiers secours avant l'arrivée du SAMU. Une femme victime d'un arrêt cardiaque en dehors de l'hôpital a deux fois moins de chances de survivre qu'un homme.