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    Désogestrel : risque "faible mais avéré" de méningiome confirmé par l'ANSM, 1,6 million de femmes concernées

#Actualité médicale#Contraception#Gynécologie#Recherche

10/09/2026

Désogestrel : risque "faible mais avéré" de méningiome confirmé par l'ANSM, 1,6 million de femmes concernées

L'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) enverra un courrier à 1,6 million de femmes sous désogestrel dans les prochaines semaines à compter de ce jeudi 10 septembre. Suite à l'analyse des résultats d'une étude Epi-Phare commandée en juin 2025 par le comité de pharmacovigilance de l'Agence européenne des médicaments (EMA), cette dernière "a recommandé l’ajout du risque rare de dans la notice des contraceptifs" à base de ce progestatif, annonçait l'ANSM ce même matin dans un communiqué. Soulignant un risque "faible", l'organisme invite néanmoins "à ne pas arrêter leur contraception de leur propre initiative".

🔎Dans les grandes lignes🔍 Quels sont les nouveaux dangers potentiels des pilules à base de désogestrel mis en évidence par l'ANSM ?

  • L'ANSM informe 1,6 million de femmes après l'identification d'un risque rare de méningiome associé au désogestrel, rajouté de facto dans le résumé des caractéristiques du produit (RCP).
  • Le risque reste très faible mais augmente avec la durée d'utilisation : environ 1 cas pour 67 300 femmes après un an d'exposition et 1 cas pour 17 000 après cinq ans. L'arrêt du traitement sans avis médical demeure déconseillé.
  • Seules les pilules microprogestatives à base de désogestrel seul sont concernées ; elles sont désormais contre-indiquées en cas d'antécédent de méningiome.
  • Des symptômes neurologiques, visuels, auditifs ou des céphalées persistantes doivent conduire à consulter un professionnel de santé.
  • Le risque observé avec le désogestrel demeure nettement inférieur à celui décrit avec plusieurs autres progestatifs déjà connus pour augmenter le risque de méningiome.

Désogestrel : l'ANSM renforce sa surveillance

"Tumeur presque toujours bénigne qui se développe à partir des méninges", explique l'Assurance maladie, le méningiome est généralement non cancéreux mais n'en affecte pas moins la qualité de vie. Outre les 1,6 million de patientes, détaillant la conduite à tenir avec elles lors de leur prochaine consultation. Il convient en effet de les tenir bien informées du risque par leur professionnel de santé, en regard des chiffres mis en évidence par l'étude Epi-Phare.

Quel est le risque de méningiome associé à la pilule désogestrel ?

Durée d'utilisationPrévalence du méningiome liée au désogestrelÀ retenir
≥ 1 an

1 femme sur 67 300

Risque rare à l'échelle individuelle.
≥ 5 ans

1 femme sur 17 000

Risque décuplé.
7 ans (en continu)

Risque x2 par rapport aux utilisatrices de ≥ 5 ans

Renforcement de la surveillance conseillé.
1 an après l'arrêt

Retour à la prévalence en population générale

Disparition progressive du surrisque.

"Parmi les 8 391 femmes ayant subi une intervention chirurgicale pour un méningiome intracrânien [entre 2020 et 2023, ndlr], 287 (3,4%) ont utilisé du désogestrel 75µg (v 2769/83 910 (3,3%) contrôles), 7 (0,2%) ont utilisé du lévonorgestrel 30 µg (v 140 (0,2%)), et 157 (1,9%) ont utilisé de l'évonorgestrel associé à des œstrogènes (v 1933 (2,3%))", précise l'étude d'Epi-Phare.

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Cérazette, Optimizette… Liste des pilules progestatives concernées et leurs médicaments génériques

En tant que principe actif, le désogestrel entre dans la composition de plusieurs pilules progestatives pures (dites "microprogestatives") en prise continue, sans interruption entre les plaquettes. Elle se commercialise sous plusieurs marques et génériques strictement équivalents en dosage et en efficacité :

  • Cerazette (princeps).
  • Antigone, Optimizette, Elfasette, Diamilla, Lactinette, Claréal.
  • Génériques : Désogestrel Biogaran, Sandoz, Cristers, Teva, Chemical Farma.

Seul le dosage à 75 µg de désogestrel seul est cependant concerné par cette alerte. Le signalement de l'ANSM ne concerne pas les pilules œstroprogestatives combinées, qui associent un œstrogène à un progestatif (Varnoline Continu, génériques Désogestrol EG et Éthinylestradiol Biogaran). 

💡
Bon à savoir
Les résultats de l'étude Epi-Phare font, par voie de conséquence, officiellement entrer le risque de méningiome intracrânien parmi les effets secondaires indésirables des médicaments susmentionnés. Mais ils les rendent également formellement contre-indiqués pour les patientes en présentant des antécédents, au risque de multiplier les risques de récidive.

Symptômes à surveiller sous pilule à base de désogestrel

Ainsi, les patientes traitées par l'un de ces médicaments sont invitées à consulter leur médecin traitant ou leur gynécologue en présence d'un ou plusieurs signes évocateurs de méningiome. Ceux-ci incluent :

  • troubles de la vue,
  • ou affaiblissement de l'audition,
  • perte de l’odorat,
  • aggravées,
  • troubles de la mémoire,
  • convulsions ou faiblesse dans les bras/jambes.

L'ANSM déconseille néanmoins aux femmes concernées de cesser leur traitement en l'absence d'un avis médical, de manière à éviter les grossesses non désirées. L'organisme rappelle en effet que "recevoir ce courrier ne signifie pas avoir un méningiome ni présenter un risque élevé" ; il appartient au , au ou à la d'évaluer la pertinence du maintien de la contraception. Une pourra être prescrite le cas échéant.

Le désogestrel est-il plus risqué que les autres progestatifs ?

Il convient également de remettre en perspective le niveau de risque de méningiome intracrânien associé au désogestrel par rapport à d'autres contraceptifs, oraux et/ou injectables. , sur la base des données du système national des données de santé (SNDS) collectées sur 18 061 femmes âgées de 45 à 74 ans entre 2009 et 2018, rendent ainsi les résultats suivants :

Progestatif (DCI)Médicament de référenceDurée d'utilisationRisque
Acétate de cyprotéroneAndrocur≥ 6 mois / ≥ 5 ansx7 / x20
Acétate de chlormadinoneLutéran≥ 3,5 ansx7
Acétate de nomégestrolLutényl≥ 6 mois / ≥ 5 ansx3,3 / x12,5
Acétate de médroxyprogestérone (injectable)Depo-Provera≥ 1 anx3,5
MédrogestoneColprone≥ 1 anx2

En matière de contraception comme de santé gynécologique au sens large, il n'existe pas de solution universelle : le progestatif le plus adapté dépend du profil de chaque femme, incluant son mode de vie, ses antécédents personnels et familiaux et ses facteurs de risque associés. Cette logique de suivi individualisé et régulier rentre opportunément au cœur de , mois de sensibilisation aux cancers gynécologiques : mieux connaître son corps et consulter régulièrement son gynécologue reste, dans les deux cas, le meilleur réflexe de prévention.

💡Désogestrel et méningiome : questions fréquentes💡

Qu'est-ce qu'un méningiome ?

Un méningiome est une tumeur qui se développe à partir des méninges, les membranes entourant le cerveau et la moelle épinière. Le plus souvent bénin, il peut néanmoins entraîner des troubles neurologiques ou visuels selon sa taille et sa localisation.

Dois-je arrêter ma pilule si je suis concernée ?

Non. L'ANSM recommande de ne pas interrompre une contraception à base de désogestrel sans avis médical. Un arrêt brutal pourrait exposer à un risque de grossesse non désirée.

Comment savoir si mon contraceptif contient du désogestrel ?

Vous pouvez vérifier la substance active indiquée sur la boîte, la notice ou l'ordonnance. En cas de doute, n'hésitez pas à demander conseil à votre pharmacien, médecin ou sage-femme.

Que faire si je reçois le courrier de l'ANSM ?

Recevoir ce courrier ne signifie pas qu'un méningiome a été diagnostiqué. L'objectif est de vous informer afin d'aborder le sujet lors de votre prochaine consultation de routine avec votre médecin ou votre sage-femme pour vérifier que votre contraception reste adaptée à votre situation.

À partir de combien de temps de prise le risque augmente-t-il ?

 Selon les données d'EPI-PHARE, une augmentation du risque est observée à partir d'une utilisation prolongée d'au moins un an. Le risque devient plus marqué après cinq ans d'utilisation et continue d'augmenter au-delà de sept ans.

Rédigé par Lothaire Berthier le 10/09/2026, mis à jour le 10/09/2026