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#Oncologie#Institut privé de Radiothérapie de Metz

04/11/2026

TEP-scan au 18F-FDG dans le bilan initial des cancers

L’imagerie métabolique étudie l’activité biologique et le fonctionnement chimique des tissus, au-delà de leur simple structure anatomique. En combinant la précision du scanner aux techniques de la médecine nucléaire, la tomographie par émission de positons (TEP-scan) au 18F-fluorodéoxyglucose (18F-FDG) analyse la consommation de sucre des cellules en temps réel.

Lors du bilan initial d’un cancer, cette technologie aide à détecter des foyers tumoraux indétectables en imagerie conventionnelle pour guider la stratégie thérapeutique dès le début de la prise en charge.

TEP-scan au 18F-FDG dans le bilan initial des cancers

En bref, le TEP-scan au 18F-FDG dans le bilan d’un cancer

  • Il mesure la consommation de sucre des cellules, plus élevée dans la plupart des cellules cancéreuses,
  • Lors du bilan initial, il repère des lésions invisibles en imagerie conventionnelle et aide à préciser le stade du cancer,
  • Il est particulièrement performant pour les cancers du poumon, de la sphère ORL, les lymphomes et les cancers colorectaux, beaucoup moins pour certaines tumeurs peu consommatrices de glucose comme le cancer de la prostate,
  • L’examen demande un jeûne d’au moins 6 heures et une présence de 2 à 3 heures dans le service de médecine nucléaire,
  • En radiothérapie, la fusion des images TEP avec le scanner de préparation aide à cibler précisément la zone à traiter.

Comment fonctionne l’imagerie métabolique au 18F-FDG ?

Le principe du TEP-scanner au 18F-FDG repose sur une propriété métabolique fondamentale des cellules cancéreuses appelée l’effet Warburg. Pour subvenir à leur prolifération rapide et incontrôlée, les cellules tumorales consomment une quantité de glucose nettement supérieure à celle des tissus sains environnants.

Le 18F-FDG est une molécule de glucose associée à une faible dose de fluor 18 radioactif, spécialement produit en laboratoire de médecine nucléaire.

Quand il est injecté par voie intraveineuse, ce traceur radioactif est capté par les cellules à fort métabolisme. Une fois introduit dans la cellule, le 18F-FDG subit une première étape de transformation biologique mais ne peut pas être consommé par la voie habituelle de la glycolyse.

Il reste alors piégé au sein des tissus tumoraux sous forme de 18F-FDG-6-phosphate. Lors de sa désintégration radioactive, le fluor 18 émet un positon qui rencontre un électron dans les tissus. Leur rencontre entraîne l’émission de deux photons gamma détectés par les cristaux de la caméra TEP.

La fusion informatique de ces données fonctionnelles avec les images du scanner permet de localiser avec une grande précision les zones de forte consommation de sucre, communément appelées « hot spots ».

Mon cancer sera-t-il détecté par un TEP-scan ?

La capacité du TEP-scan à détecter une lésion dépend de son attrait pour le glucose, c’est-à-dire sa tendance à absorber de fortes quantités de sucre, une caractéristique liée au profil biologique de la tumeur.

Le 18F-FDG s’avère particulièrement efficace pour repérer les tumeurs agressives et à développement rapide, comme :

Certaines tumeurs consomment très peu de glucose et sont difficiles à visualiser au 18F-FDG. C’est le cas des tumeurs très bien différenciées, des tumeurs neuroendocrines bien différenciées (explorées via la 18F-DOPA ou les ligands de la somatostatine) ou du cancer de la prostate (on fait plutôt appel à la fluorocholine ou aux ligands du PSMA).

De plus, l’accumulation de 18F-FDG n’est pas exclusive au cancer. Une hyperfixation peut être observée au niveau de zones inflammatoires, infectieuses ou cicatricielles, ce qui génère de faux positifs. À l’inverse, des lésions subcentimétriques ou un taux de sucre très élevé dans le sang (hyperglycémie) peuvent entraîner de faux négatifs. tient donc compte de l’état de santé général du patient et de ses pathologies associées.

Traceurs TEP selon le type de cancer, quel examen pour quelle tumeur ?

Type de cancerTraceur recommandéObjectif principal
Cancer bronchique et pulmonaire18F-FDGBilan ganglionnaire et métastases
Cancer ORL et VADS18F-FDGExtension locale et régionale, primitif inconnu
Lymphome de Hodgkin et LNH agressif18F-FDGCartographie complète de la maladie
Cancer colorectal18F-FDGRécidive, hausse des marqueurs, métastases hépatiques
Mélanome et cancers gynécologiques18F-FDGGanglions occultes et métastases à distance
Tumeurs neuroendocrines bien différenciées18F-DOPA ou ligands de la somatostatineFaible consommation de glucose, FDG insuffisant
Cancer de la prostateFluorocholine ou ligands du PSMAFaible avidité pour le glucose

Source, recommandations de bonne pratique clinique pour l’utilisation de la TEP en cancérologie, labellisées par la HAS et l’INCa (2019).

Comment le TEP-scanner change-t-il la stratégie thérapeutique ?

En fournissant une image globale de l’activité tumorale dès le premier bilan, le TEP-scan modifie fréquemment la stratégie de traitement. D’abord, il évalue précisément les ganglions. Là où le scanner ou l’IRM se basent uniquement sur la taille, le TEP-scan mesure l’activité réelle de la cellule. Un ganglion volumineux peut être simplement enflammé, alors qu’un petit ganglion peut déjà abriter une anomalie.

De plus, la détection de lésions invisibles en imagerie traditionnelle permet d’ajuster le stade du cancer. Cela évite une chirurgie lourde si un traitement global devient nécessaire, ou permet au contraire de cibler la tumeur de manière plus agressive si elle reste localisée.

Enfin, en , la fusion des images TEP avec le scanner de préparation aide le médecin à cibler précisément la zone à traiter en concentrant les rayons sur les cellules malades tout en protégeant les tissus sains autour.

Comment se déroule un TEP-scanner au 18F-FDG ?

L’examen se déroule dans un service de médecine nucléaire et sa réussite repose sur le respect strict de plusieurs consignes de préparation afin d’éviter toute fixation parasite du traceur.

La préparation avant l’examen

  • Un jeûne strict, sans rien manger pendant au moins 6 heures avant l’injection. L’eau plate reste autorisée et fortement conseillée pour favoriser l’élimination rénale du produit,
  • Un repos musculaire préalable, en évitant tout effort physique important ou activité sportive dans les 24 à 48 heures précédentes afin de ne pas stimuler la captation du glucose par les muscles,
  • Un contrôle de la glycémie, le taux de sucre dans le sang mesuré à l’arrivée devant être idéalement inférieur à 1,6 à 2 g/L (soit environ 9 à 11 mmol/L) pour éviter toute compétition entre le glucose sanguin et le 18F-FDG.

L’examen est contre-indiqué en cas de grossesse. En cas d’allaitement, une interruption temporaire doit être respectée.

En cas de doute sur vos traitements habituels ou sur la gestion de votre glycémie, l’équipe médicale de l’Institut Privé de Radiothérapie de Metz reste à votre disposition pour vous guider pas à pas dans votre préparation.

Déroulement d’un TEP-scan au 18F-FDG, étapes et durées

ÉtapeAction requiseDurée ou délai
Préparation J-1 et J-2Arrêt du sport et des efforts physiques24 à 48 h avant l’examen
Préparation le jour JJeûne strict (eau plate autorisée)Au moins 6 h avant l’injection
Contrôle de la glycémieGlycémie capillaire à l’arrivéeIdéalement inférieure à 1,6 à 2 g/L
Injection du 18F-FDGVoie veineuse posée par le manipulateurQuelques minutes
Phase de reposImmobilité totale, silence, calme45 à 60 min
Acquisition des imagesAllongé sur la table du TEP-scanner15 à 20 min
Durée totale de présencePrésence dans le service d’imagerie2 à 3 heures

Ces durées reprennent les consignes détaillées dans cet article et peuvent varier d’un service de médecine nucléaire à l’autre.

Le jour de l’examen

Après contrôle de la glycémie capillaire, le manipulateur pose une voie veineuse et injecte le 18F-FDG. Le patient est installé dans un box individuel au calme pendant 45 à 60 minutes. Il doit demeurer parfaitement immobile, sans parler ni mâcher de chewing-gum, pour éviter la fixation du produit dans les muscles ou la zone ORL.

Après un passage aux toilettes pour vider la vessie, le patient s’allonge sur la table du TEP-scanner pour une acquisition d’images durant 15 à 20 minutes.

La durée totale de présence dans le service d’imagerie médicale est d’environ 2 à 3 heures.

Grâce à la fusion directe des images du TEP-TDM FDG avec le scanner de repérage de l’IPRM, votre radiothérapeute peut ajuster le ciblage de l’irradiation.

Références bibliographiques

  • Salaün PY, Abgral R, Malard O et al. "Actualisation des recommandations de bonne pratique clinique pour l’utilisation de la TEP en cancérologie.". Bull Cancer. 2019. 106(3):262-274.
  • ARCAGY InfoCancer. "Tomographie par émission de positons (TEP).". ARCAGY InfoCancer. 2026.
  • Caresia Aroztegui AP, García Vicente AM, Alvarez Ruiz S et al. "18F-FDG PET/CT in breast cancer: Evidence-based recommendations in initial staging.". Tumour Biol. 2017. 39(10):1010428317728285.
  • Wartski M, Sauvanet A. "18F-FDG PET/CT in pancreatic adenocarcinoma: A role at initial imaging staging?". Diagn Interv Imaging. 2019. 100(12):735-741.

Vos question sur le TEP-scan au 18F-FDG

Qu’est-ce qu’un TEP-scan au 18F-FDG et à quoi sert-il ?

C’est un examen d’imagerie de médecine nucléaire qui mesure la consommation de sucre des cellules. Les cellules cancéreuses en consomment généralement beaucoup plus que les cellules saines. Après l’injection d’un traceur radioactif proche du glucose, le TEP-scanner repère les zones tumorales actives, parfois invisibles au scanner classique. Il est surtout utilisé lors du bilan initial d’un cancer pour évaluer l’étendue de la maladie et guider le traitement.

TEP-scan ou PET-scan, quelle différence ?

Aucune, il s’agit du même examen. TEP est l’abréviation française de tomographie par émission de positons, PET celle de son nom anglais, positron emission tomography. On parle aussi de TEP-TDM, car l’examen est couplé à un scanner.

Le TEP-scan détecte-t-il tous les cancers ?

Non. Les tumeurs qui consomment peu de glucose, comme les tumeurs très bien différenciées, les tumeurs neuroendocrines bien différenciées ou le cancer de la prostate, sont difficiles à visualiser au 18F-FDG. D’autres traceurs sont alors utilisés, comme la 18F-DOPA, les ligands de la somatostatine, la fluorocholine ou les ligands du PSMA. Des lésions de très petite taille ou une glycémie trop élevée peuvent aussi entraîner de faux négatifs.

Le TEP-scan peut-il donner de faux positifs ?

Oui. Le 18F-FDG ne se fixe pas uniquement sur les cellules cancéreuses. Les zones inflammatoires, infectieuses ou cicatricielles peuvent aussi capter le traceur. C’est pourquoi l’interprétation par le médecin spécialiste en médecine nucléaire tient compte du contexte clinique et des pathologies associées du patient.

Comment se préparer à un TEP-scan au 18F-FDG ?

Il faut rester à jeun au moins 6 heures avant l’injection, l’eau plate restant autorisée. Il faut aussi éviter tout effort physique important dans les 24 à 48 heures précédentes. Le jour de l’examen, la glycémie mesurée à l’arrivée doit être idéalement inférieure à 1,6 à 2 g/L. L’examen est contre-indiqué pendant la grossesse, et l’allaitement doit être interrompu temporairement.

Combien de temps dure un TEP-scan au 18F-FDG ?

Comptez environ 2 à 3 heures de présence dans le service de médecine nucléaire. Après l’injection, le patient reste au repos 45 à 60 minutes, le temps que le traceur se distribue dans l’organisme. L’acquisition des images sur la table du TEP-scanner dure ensuite 15 à 20 minutes.

Quelle est la différence entre un TEP-scan et un scanner classique ?

Le scanner analyse la structure des tissus, c’est-à-dire leur taille, leur forme et leur densité. Le TEP-scan mesure leur activité métabolique. Un ganglion volumineux au scanner peut n’être qu’inflammatoire, alors qu’un petit ganglion peut déjà contenir des cellules tumorales actives. Les deux examens sont complémentaires et réalisés ensemble lors d’un TEP-TDM.

Article écrit le 04/11/2026, vérifié par L'équipe du service oncologie de l'IPRM - Institut Privé de Radiothérapie de Metz