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05/08/2026
Scintigraphie osseuse ou TEP-scan : quel examen pour surveiller les métastases ?
Certaines tumeurs solides (sein, prostate, poumon, rein, thyroïde) sont « ostéophiles » et migrent fréquemment vers le squelette. Pour détecter ces localisations secondaires, la médecine nucléaire est indispensable. Elle permet de réaliser des examens du corps entier capables de repérer des anomalies invisibles sur une radiographie standard.
Deux examens sont surtout utilisés en oncologie : la scintigraphie osseuse et le TEP-scan. Ils permettent tous les deux de réaliser une surveillance, mais ils n’explorent pas l’organisme de la même manière.

La scintigraphie osseuse : l’examen de référence du squelette
La scintigraphie osseuse est l’outil le plus couramment utilisé pour cartographier l’ensemble du squelette et détecter d’éventuelles anomalies osseuses.
Comment fonctionne une scintigraphie osseuse en oncologie ?
Cet examen explore la réaction de l’os face à la maladie. On injecte un médicament radiopharmaceutique (le technétium 99 m couplé à un biphosphonate) qui a une affinité particulière pour le tissu osseux : il va venir se fixer sur les zones où l’os se reconstruit pour se défendre contre une agression tumorale.
C’est le reflet direct de l’activité des ostéoblastes, les cellules chargées de fabriquer la matière osseuse. L’examen utilise ensuite une gamma-caméra pour capter ce rayonnement et reconstituer une image précise de tout le squelette.
Quels sont les avantages et les limites de la scintigraphie ?
La scintigraphie conserve une place de choix grâce à sa sensibilité excellente pour les métastases condensantes (où l’os se densifie), sa faible irradiation (environ 4 mSv) et sa grande disponibilité. Elle reste l'imagerie de référence pour suivre l'atteinte du squelette dans les cancers de la prostate ou du cancer du sein. Cependant, elle est peu spécifique : une zone qui s’allume peut aussi bien traduire une métastase qu’une inflammation locale, de l’arthrose ou une vieille fracture.
Par ailleurs, sur des lésions très lytiques (où la tumeur détruit l’os de manière agressive), l’os est rongé trop vite pour déclencher une reconstruction. La scintigraphie risque alors de passer à côté de la maladie, avec un taux de faux négatifs estimé entre 10 et 20 %.
Scintigraphie osseuse vs TEP-scan : comparaison des deux examens
| Critère | Scintigraphie osseuse | TEP-scan |
|---|---|---|
| Ce qu'il explore | Réaction osseuse (ostéoblastes) | Métabolisme des cellules tumorales |
| Traceur principal | Technétium 99m + bisphosphonate | FDG (fluor-18) ou traceur spécifique |
| Irradiation | Environ 4 mSv | Variable selon le traceur |
| Points forts | Sensibilité aux métastases condensantes | Détecte les lésions lytiques et les ganglions |
| Limites | Peu spécifique / faux négatifs : 10–20 % | Traceur FDG inefficace sur la prostate |
| Cancer de la prostate | Examen de référence classique | TEP-PSMA recommandé |
| Cancer du poumon | Moins performant | Surpasse la scintigraphie classique |
| Version hybride | TEMP-TDM (avec scanner basse dose) | Fusion avec scanner de radiothérapie |
Comment les oncologues exploitent-ils la scintigraphie hybride (TEMP-TDM) ?
Aujourd’hui, les performances de cet examen sont renforcées par la technologie hybride (TEMP-TDM) qui associe l’image scintigraphique à un scanner de basse dose. Face à une lésion isolée et douteuse, les médecins se basent sur ce scanner anatomique pour réaliser un diagnostic différentiel et éliminer les fausses alertes (arthrose, traumatisme). Ces données sont indispensables aux médecins du CFRO pour valider sereinement le Plan Personnalisé de Soins (PPS) du patient.
Le TEP-scan : l’imagerie de précision du métabolisme tumoral
Contrairement à la scintigraphie qui montre la réaction du squelette, le TEP-scan suit à la trace l’activité et l’énergie des cellules malignes elles-mêmes.
Quand faut-il faire un TEP-scan plutôt qu’une scintigraphie ?
Le TEP-scan peut être privilégié en cas de suspicion de métastases lytiques agressives, qui sont fréquentes dans les cancers du poumon, du rein ou de la thyroïde. Pour le bilan d'extension du cancer du poumon, il surpasse la scintigraphie classique en offrant une cartographie plus sensible, à condition que l'examen descende bien jusqu'au haut des cuisses (les fémurs). C'est un examen polyvalent qui traque en une seule fois les atteintes du squelette, des ganglions, des organes et d'éventuels signes de carcinose péritonéale.
Pourquoi le TEP-scan n’utilise-t-il pas toujours le même traceur ?
Il existe différents traceurs selon l’indication initiale. Le traceur le plus fréquent est le FDG (un sucre couplé à du fluor -18), qui cible les tumeurs gourmandes en glucose (l’effet Warburg). Mais certaines cellules tumorales n’ont pas d’affinité pour le sucre. C’est le cas du cancer de la prostate, où le FDG est peu efficace. Les médecins prescrivent alors des traceurs spécifiques : le TEP scanner à la choline ou, plus performant encore, le TEP-PSMA.
Ce dernier cible une protéine de la membrane cellulaire et détecte des récidives chez 50 % des patients avec un PSA inférieur à 0,5 ng/mL, là où la choline atteint 15-20 %. Dans le cancer du sein, la médecine nucléaire s’oriente aussi vers des traceurs comme les œstrogènes marqués (18F-estradiol) pour guider le traitement des formes complexes.
Quel est l’intérêt de la fusion d’images TEP-scan en radiothérapie ?
Bien que le Centre Finistérien de Radiothérapie et d’Oncologie ne réalise pas ces examens, ses radiothérapeutes s’appuient beaucoup sur les images du TEP-scan. Grâce à des logiciels de pointe, ils effectuent une fusion de ces images métaboliques avec le scanner de repérage/de simulation de radiothérapie.
Cette étape est déterminante : elle permet de localiser la tumeur au millimètre près pour y délivrer la dose optimale de rayons, tout en préservant au maximum les tissus sains et les organes à risque voisins.

Qu’est-ce que le « flare up » après un traitement ?
Un contrôle réalisé trop tôt (dans les 6 premiers mois) sous chimiothérapie, radiothérapie ou hormonothérapie peut exposer au phénomène de « flare up » qui touche 15 à 30 % des patients. Les images montrent alors une augmentation de l’intensité des fixations, voire de nouveaux foyers sur la scintigraphie ou le TEP-scan. Il ne s’agit pas d’un signe de progression du cancer, cela peut même être une preuve d’efficacité thérapeutique.
Les cellules tumorales meurent et l’os enclenche une phase de reconstruction et de recalcification intense qui est très gourmande en énergie. Les foyers supplémentaires correspondent à des lésions antérieures qui étaient invisibles par manque de réaction osseuse. Pour ne pas modifier inutilement un protocole qui fonctionne, les oncologues ne se fient donc pas uniquement à l’image. Ils valident l'efficacité du traitement anti-cancer par l'amélioration de l'état général, l'absence de nouvelles douleurs neuropathiques et la baisse des marqueurs tumoraux sanguins.
Chiffres clés pour interpréter les examens en oncologie osseuse
| Indicateur | Valeur | Contexte |
|---|---|---|
| Faux négatifs scintigraphie | 10 à 20 % | Lésions lytiques agressives |
| Fréquence de flare up | 15 à 30 % des patients | Contrôle précoce sous traitement |
| Délai à risque de flare up | 6 premiers mois | Chimio / radio / hormonothérapie |
| Détection TEP-PSMA (PSA < 0,5) | 50 % des récidives détectées | Cancer de la prostate |
| Détection TEP choline (PSA < 0,5) | 15 à 20 % des récidives | Cancer de la prostate |
| Irradiation scintigraphie osseuse | ~4 mSv | Faible dose comparée au scanner |
Références bibliographiques
- Référentiels Auvergne-Rhône-Alpes en Oncologie Thoracique. "Métastases osseuses : rôle de la médecine nucléaire". Référentiels Auvergne-Rhône-Alpes en Oncologie Thoracique. 2026.
- InfoCancer (Arcagy). "La scintigraphie osseuse". InfoCancer (Arcagy). 2026.
- Le Guide Santé. "Scintigraphie et PET-scan en cancérologie : quelle différence ?". Le Guide Santé. 2020.
- Ouvrier M.J., Vignot S., Thariat J.. "Place de l'imagerie nucléaire et de ses évolutions pour le diagnostic et le suivi des métastases osseuses". Bulletin du Cancer. 2013.
- Isensee G, Péporté A, Müller J et al.. "Is There a Flare Phenomenon on Bone Scintigraphy in Men With Advanced Prostate Cancer Treated With Radium-223?". Clin Genitourin Cancer. 2018. 16(5):349-354. PubMed PMID:29778323
- Haider Ali, Syed Rashid-ul- Amin, Abdul Hai et al.. "Bony lesion analysis in carcinoma prostate: methylene diphosphonate bone scan vs. Gallium-68 psma-11 pet/ct.". Journal of Ayub Medical College. 2023. PubMed PMID:38404083
- J. Song, Y. Oh, T. Shim et al.. "Efficacy comparison between (18)F-FDG PET/CT and bone scintigraphy in detecting bony metastases of non-small-cell lung cancer.". Lung Cancer. 2009. PubMed PMID:19144446
- Thabo Lengana, Ismaheel O. Lawal, Tebatso Boshomane et al.. "68Ga-PSMA PET/CT Replacing Bone Scan in the Initial Staging of Skeletal Metastasis in Prostate Cancer: A Fait Accompli?". Clinical Genitourinary Cancer. 2018. PubMed PMID:30120038
Questions fréquentes sur scintigraphie osseuses et TEP Scan
Quand faire un TEP-scan plutôt qu'une scintigraphie osseuse ?
Le TEP-scan est préféré à la scintigraphie osseuse dans plusieurs situations : suspicion de métastases lytiques agressives, bilan d'extension d'un cancer broncho-pulmonaire, ou cancer du rein et de la thyroïde. Il est aussi indiqué quand on souhaite explorer en un seul examen les atteintes osseuses, ganglionnaires et viscérales. La scintigraphie reste l'examen de référence pour le suivi des cancers du sein et de la prostate.
Pourquoi utilise-t-on différents traceurs pour le TEP-scan ?
Les traceurs du TEP-scan sont choisis selon le type de cancer. Le FDG (sucre marqué au fluor-18) convient aux tumeurs gourmandes en glucose. Pour le cancer de la prostate, le FDG est inefficace : on utilise la choline ou le TEP-PSMA, bien plus sensible, capable de détecter une récidive avec un PSA inférieur à 0,5 ng/mL. Dans le cancer du sein complexe, des traceurs comme les œstrogènes marqués (18F-estradiol) peuvent guider le traitement.
La scintigraphie osseuse peut-elle rater des métastases ?
Oui, la scintigraphie osseuse présente un taux de faux négatifs estimé entre 10 et 20 %. Elle peut passer à côté des métastases très lytiques, où la tumeur détruit l'os trop rapidement pour déclencher une reconstruction osseuse visible. Par ailleurs, elle manque de spécificité : une fixation anormale peut aussi correspondre à de l'arthrose, une fracture ancienne ou une inflammation, nécessitant souvent une confirmation par scanner (TEMP-TDM).
Comment le TEP-scan est-il utilisé en radiothérapie ?
En radiothérapie, les images métaboliques du TEP-scan sont fusionnées avec le scanner de simulation grâce à des logiciels spécialisés. Cette fusion d'images permet de localiser la tumeur au millimètre près, d'optimiser la dose de rayons délivrée sur la cible tumorale et de mieux protéger les tissus sains et organes voisins. Cette étape est déterminante pour la précision du traitement et l'amélioration du rapport bénéfice/risque pour le patient.
Quelle irradiation reçoit-on lors d'une scintigraphie osseuse ?
La scintigraphie osseuse délivre une dose d'irradiation relativement faible, estimée à environ 4 millisieverts (mSv). C'est l'un de ses avantages majeurs, qui justifie son utilisation régulière pour la surveillance des métastases osseuses. Cette dose reste modérée comparée à certains autres examens d'imagerie, ce qui en fait un outil de suivi au long cours adapté aux patients atteints de cancer.
Article écrit le 05/08/2026, vérifié par L'équipe du service oncologie du CFRO



