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Les cancers ORL, regroupent notamment les cancers de la tête et du cou ou cancers des voies aérodigestives supérieures (VASD), nécessitent une prise en charge multidisciplinaire. Celle-ci repose sur la coordination entre des chirurgiens ORL, oncologues, radiothérapeutes et professionnels de la rééducation afin d’adapter les traitements et le suivi aux enjeux fonctionnels liés à la parole, à la déglutition, à la respiration et à l’alimentation.

Approche multidisciplinaire dans la prise en charge des cancers ORL

Le rôle de la réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP) ORL

Les cancers ORL regroupent des tumeurs qui se développent au niveau de la cavité buccale, du pharynx, du larynx, des fosses nasales ou des sinus. Ces localisations nécessitent d’intégrer dès le diagnostic les conséquences fonctionnelles potentielles dans la stratégie thérapeutique. 

Voir à ce sujet notre article sur le rôle des Virus Papillomavirus Humain (HPV) dans les cancers ORL

Après le diagnostic et les examens complémentaires, le dossier est discuté en RCP qui réunit des chirurgiens ORL, oncologues médicaux, radiothérapeutes, radiologues et anatomopathologistes. Les résultats des examens, le stade tumoral, la localisation de la tumeur et l’état de santé général du patient y sont examinés de façon conjointe. 

La RCP permet de définir la meilleure stratégie thérapeutique. Le traitement peut associer chirurgie, radiothérapie et traitements médicamenteux, selon les situations cliniques. Cette organisation permet d’ajuster les traitements et d’anticiper les besoins de rééducation et de suivi. 

La Haute Autorité de Santé (HAS) impose la tenue d’une RCP pour la prise en charge des cancers ORL. Chaque décision thérapeutique est ainsi inscrite dans un cadre réglementé et fait l’objet d’une traçabilité dans le dossier médical. 

Quels médecins interviennent dans la prise en charge d’un cancer ORL ?

Les cancers ORL touchent des structures directement impliquées dans certaines fonctions importantes comme la parole, la déglutition et la respiration. Leur prise en charge va donc nécessiter plusieurs spécialistes différents tout au long du parcours personnalisé de soins.

Rôle du chirurgien ORL

Le chirurgien ORL intervient souvent dès le début du traitement du cancer ORL. C’est lui qui va évaluer l’indication d’un traitement chirurgical en fonction de la localisation précise de la tumeur et des conséquences fonctionnelles à atteindre, notamment sur la voix, la déglutition ou la respiration. 

La chirurgie peut constituer le traitement principal ou être associée à d’autres options thérapeutiques.

Rôle de l’oncologue et du radiothérapeute dans le cancer ORL

L’oncologue médical et le radiothérapeute assurent la mise en place et l’adaptation des traitements non chirurgicaux. Tout au long du parcours de soins, ils ajustent la radiothérapie ou les traitements médicamenteux, surveillent la tolérance et soulagent les éventuels effets indésirables.

La rééducation après un cancer ORL

La rééducation est une composante à part entière de la prise en charge des cancers ORL. Elle vise à limiter les séquelles fonctionnelles liées à la maladie et aux traitements.

Orthophonie après cancer ORL

Les séances d’orthophonie sont fréquentes après un cancer ORL notamment quand la voix, la parole ou la déglutition ont été altérées par la chirurgie ou la radiothérapie. La prise en charge dépend des troubles présents et de leur évolution au fil du temps.

Kinésithérapie après cancer ORL

La kinésithérapie permet de prévenir ou de traiter les raideurs cervicales, les douleurs et la fatigue liées aux traitements, et de maintenir une mobilité fonctionnelle satisfaisante. 

La rééducation peut être débutée pendant les traitements ou après leur fin selon les besoins fonctionnels de chaque patient.

Quel suivi après un cancer ORL ?

Les consultations alternées entre le chirurgien ORL, l’oncologue ou le radiothérapeute du Centre Finistérien de Radiothérapie et d'Oncologie et les professionnels de rééducation permettent de repérer rapidement le moindre problème pour mettre en place une prise en charge si nécessaire. Mais le suivi ne se limite pas à la surveillance oncologique, il prend aussi en compte les conséquences à long terme des traitements et peut impliquer plusieurs autres spécialités.

Suivi dentaire après un cancer ORL

Le suivi dentaire est indispensable, en particulier après une radiothérapie. Il vise à prévenir et à prendre en charge les complications bucco-dentaires liées aux traitements. Concrètement, il permet de limiter le risque de sécheresse buccale (xérostomie), de caries dites « post-radiques », de fragilisation des dents et des gencives, ainsi que certaines douleurs ou infections. 

Des contrôles réguliers sont utiles pour repérer tôt la moindre lésion, adapter l’hygiène bucco-dentaire et mettre en place des soins préventifs (fluoration, conseils de brossage, suivi des gencives). Le dentiste peut aussi évaluer la tolérance de certains soins (extractions, implants, prothèses) après irradiation, afin de sécuriser les gestes et d’éviter les complications.

Suivi nutritionnel après un cancer ORL

Le nutritionniste intervient en cas de troubles de la déglutition, de perte de poids ou de difficultés alimentaires persistantes, afin de maintenir un bon état nutritionnel. Après un cancer ORL, l’alimentation peut rester compliquée à cause de douleurs, d’une baisse de salivation, d’altérations du goût, d’une fatigue importante ou d’une gêne à mâcher et avaler. 

Le suivi nutritionnel sert alors à éviter la dénutrition, à préserver la masse musculaire et à soutenir la récupération. Il peut s’appuyer sur une évaluation précise des apports, des besoins et des difficultés au quotidien, puis sur des ajustements progressifs :

  • Enrichissement de l’alimentation,
  • Choix de textures adaptées,
  • Fractionnement des repas,
  • Compléments nutritionnels oraux si nécessaire.

Le nutritionniste travaille souvent en lien avec les équipes de rééducation (orthophoniste notamment) pour concilier sécurité de la déglutition et maintien de l’autonomie alimentaire.

Suivi addictologique après un cancer ORL

Un accompagnement addictologique peut être proposé en cas de consommation de tabac ou d’alcool afin de prévenir et réduire les risques. L’objectif est d’aider à diminuer ou arrêter les consommations, avec une approche personnalisée et non culpabilisante, car le sevrage peut être difficile à maintenir dans la durée. 

Ce suivi peut inclure un repérage des situations à risque de reprise, un soutien motivationnel, des stratégies concrètes pour gérer les envies et les habitudes, et, si besoin, des traitements de substitution nicotinique ou une prise en charge spécialisée. Le suivi addictologique s’inscrit aussi dans la prévention, car la poursuite du tabac et/ou de l’alcool augmente les risques de complications, de seconds cancers et peut freiner la récupération. 

Il peut également prendre en compte l’anxiété, le stress ou les troubles du sommeil qui favorisent les rechutes, en coordination avec l’équipe soignante.

Suivi dermatologique après un cancer ORL

Le dermatologue intervient pour la prise en charge des effets cutanés liés aux traitements, en particulier après une radiothérapie. La peau de la zone irradiée peut rester plus fragile :

  • Rougeurs,
  • Sécheresse,
  • Démangeaisons,
  • Sensibilité au soleil,
  • Troubles de la cicatrisation ou modifications de texture peuvent persister.

Le suivi dermatologique permet d’identifier ce qui relève d’effets attendus, de complications à traiter, ou d’une autre pathologie cutanée. Il aide aussi à mettre en place des soins adaptés (hydratation, protection, traitements locaux si nécessaire) et des conseils pratiques pour limiter l’inconfort au long cours. 

En cas de chirurgie, il peut également intervenir pour optimiser la surveillance des cicatrices, la gestion de certains inconforts et la prévention de lésions sur une peau déjà fragilisée par les traitements.

Imagerie de surveillance après un cancer ORL

L’imagerie fait partie du suivi régulier. Elle permet de surveiller l’évolution de la maladie et de détecter précocement une éventuelle récidive. Selon la localisation initiale, les traitements reçus et les symptômes éventuels, le médecin peut demander des examens comme un scanner, une IRM ou une TEP, à des rythmes variables au fil du temps. L’imagerie complète l’examen clinique : elle aide à différencier des effets tardifs des traitements (inflammation, fibrose, modifications des tissus) d’une anomalie nécessitant des investigations supplémentaires. 

Elle peut aussi être utile pour suivre certaines zones difficiles à évaluer uniquement à l’examen, et pour guider rapidement la prise en charge si une image suspecte apparaît, en coordination avec l’équipe ORL, l’oncologue ou le radiothérapeute.  

Questions fréquentes sur la prise en charge multidisciplinaire des cancers ORL

Est-ce normal de voir plusieurs médecins pour un cancer ORL ?

Oui. Cette organisation permet d’intégrer les différentes expertises nécessaires à la prise en charge.

À quoi sert la réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP) dans un cancer ORL ?

La RCP permet de définir une stratégie thérapeutique concertée basée sur les données médicales et fonctionnelles.

La rééducation est-elle systématique après un cancer ORL ?

Elle n’est pas systématique, mais fréquente. Son indication dépend des traitements réalisés et de leurs conséquences fonctionnelles.

À quoi sert le suivi après un cancer ORL ?

Le suivi permet de surveiller l’évolution de la maladie, de dépister précocement une récidive et de prendre en charge les effets à long terme des traitements, notamment sur la déglutition, la voix ou l’état nutritionnel.

Article écrit le 24/02/2026, vérifié par l'équipe oncologique du CFRO