Tumeurs de l’intestin grêle : types et symptômes
Les tumeurs de l’intestin grêle sont rares et sont parfois diagnostiquées de manière tardive. Les symptômes de cancer de l’intestin grêle ne sont en effet pas spécifiques et peuvent être confondus avec d’autres maladies digestives. Les examens d’exploration du grêle sont par ailleurs plus complexes que ceux pour le côlon.
Il existe différents types de tumeur de l’intestin grêle qui peuvent modifier la prise en charge. Toutefois la chirurgie est généralement le traitement de référence lorsque la tumeur est localisée.

Qu’est-ce qu’une tumeur de l’intestin grêle ?
L’intestin grêle regroupe le duodénum, le jéjunum et l’iléon qui sont 3 segments essentiels à la digestion et à l’absorption. Les cellules de sa muqueuse, du tissu lymphoïde ou conjonctif peuvent, avec le temps, se transformer et former une tumeur maligne. Certaines évoluent à partir d’adénomes, d’autres naissent directement dans le tissu profond. Les cancers de l’intestin grêle représentent une toute petite partie des tumeurs digestives.
En France, environ 1 700 nouveaux cas ont été recensés en 2018. La survie nette à 5 ans avoisine 57 % selon Santé Publique France. Leur localisation dépend du type tumoral. Les adénocarcinomes se développent surtout dans le duodénum, les tumeurs neuroendocrines dans l’iléon. Plusieurs lymphomes non hodgkiniens concernent également cette portion terminale. Le jéjunum reste plus rarement atteint. Les facteurs de risque sont peu nombreux.
Le syndrome de Lynch est le principal facteur génétique associé à l’adénocarcinome du grêle. Aucune autre cause environnementale n’a été clairement établie dans la population générale.
Il n’existe pas de dépistage du cancer de l’intestin grêle. L’exploration n’est proposée qu’en présence de symptômes persistants ou d’anomalies sanguines récurrentes.
Quels sont les différents types de tumeurs de l’intestin grêle ?
Les formes primitives regroupent plusieurs types comme les adénocarcinomes, les tumeurs neuroendocrines, des lymphomes et des sarcomes. Les atteintes secondaires sont beaucoup plus rares.
Adénocarcinome
L’adénocarcinome prend naissance dans les cellules glandulaires de la paroi interne, le plus souvent dans le duodénum. Ces tumeurs ont tendance à obstruer l’intestin lorsque leur croissance devient importante. De nombreux cas sont déjà métastatiques au moment du diagnostic (Société canadienne du cancer).
Tumeurs neuroendocrines
Les tumeurs neuroendocrines représentent aujourd’hui le type le plus fréquemment diagnostiqué dans l’intestin grêle. Elles apparaissent surtout dans l’iléon. Leur fréquence accrue dans les pays occidentaux n’a pas d’explication clairement identifiée. Leur comportement est variable, avec des formes localisées ou métastatiques selon les cas.
Lymphomes
Les lymphomes du grêle se développent à partir des lymphocytes, le plus souvent au niveau de l’iléon. Il s’agit presque exclusivement de lymphomes non hodgkiniens : LDGCB, lymphome du manteau, lymphome de Burkitt, lymphome MALT ou lymphome folliculaire.
Sarcomes des tissus mous
Les tumeurs stromales gastro-intestinales (TSGI) sont les sarcomes les plus fréquents dans le grêle. Les léiomyosarcomes et autres types de sarcomes sont rares.
Mélanome
Un mélanome primaire du grêle est exceptionnel. Le plus souvent, il s’agit d’une métastase d’un mélanome cutané dont la lésion initiale a disparu.
Quels sont les symptômes du cancer de l’intestin grêle ?
Les symptômes de cancer de l’intestin grêle peuvent être inexistants aux stades précoces. Lorsque la tumeur grossit ou infiltre la paroi, les symptômes deviennent plus visibles :
- Douleurs abdominales persistantes
- Nausées ou vomissements
- Constipation ou diarrhée
- Saignements digestifs inexpliqués
- Selles noires (méléna)
- Anémie chronique
- Perte de poids et fatigue
- Masse abdominale parfois palpable
- Occlusion intestinale ou perforation qui constituent des urgences médicales
Une anémie ferriprive isolée peut révéler une tumeur de l’intestin grêle, en particulier un adénocarcinome ou une tumeur neuroendocrine, lorsque les autres examens digestifs sont normaux.
Comment se déroule le diagnostic de tumeur de l’intestin grêle ?
Le diagnostic de cancer de l’intestin grêle débute par un interrogatoire et un examen clinique à la recherche de douleurs, d’une perte de poids ou d’une jaunisse. L’imagerie vient ensuite préciser la localisation.
Imagerie médicale
Le plateau technique du CFRO est doté d’équipements de haute technologie. Le scanner abdominal permet d’identifier une masse, une obstruction ou une anomalie digestive globale. L’entéroscanner, qui consiste à distendre les anses pour mieux visualiser la paroi, est devenu l’examen de référence. Il permet de distinguer les lésions bénignes, inflammatoires ou tumorales et permet d’évaluer l’extension.
Endoscopie et vidéocapsule
L’entéroscopie permet d’observer la muqueuse et de réaliser une biopsie. La vidéocapsule, avalée par le patient, explore l’ensemble du grêle en cas de saignement inexpliqué. Elle ne permet pas de prélèvement et n’est pas indiquée en cas de suspicion d’occlusion.
Chirurgie exploratrice par laparoscopie ou laparotomie
Une laparoscopie ou une laparotomie peut être décidée si les examens précédents restent indécis ou lorsqu’une masse abdominale est palpable. Elles offrent la possibilité d’une biopsie directe. Les techniques modernes utilisées au Centre Finistérien de Radiothérapie et d’Oncologie s’appuient sur ces clichés d’imagerie lorsque l’on envisage une irradiation ciblée dans les formes métastatiques, afin de limiter la dose aux tissus sains.
L’exploration du grêle reste difficile : sa longueur et ses nombreuses anses limitent la vision directe. L’entéroscanner et la vidéocapsule sont les examens privilégiés quand les endoscopies haute et basse sont normales mais que les symptômes persistent.
Questions fréquentes sur les tumeurs de l’intestin grêle
Comment débute une tumeur de l’intestin grêle ?
Elle peut apparaître à partir d’une cellule de la muqueuse qui se modifie progressivement ou d’un foyer lymphoïde devenu anormal. Les localisations diffèrent : duodénum pour l’adénocarcinome, iléon pour les tumeurs neuroendocrines ou les lymphomes.
Cancer du grêle ou cancer colorectal : comment faire la différence ?
Les deux peuvent provoquer des douleurs abdominales, une anémie ou des saignements. Le cancer du côlon est plus fréquent et accessible au dépistage par coloscopie. Le cancer du grêle est rare, difficile à explorer et nécessite souvent un entéroscanner ou une vidéocapsule pour être identifié.
Douleurs abdominales persistantes : quand envisager une tumeur de l’intestin grêle ?
Des explorations du grêle peuvent être discutées en cas de douleurs récurrentes sans cause identifiée, d’anémie persistante malgré des examens digestifs normaux, de selles noires inexpliquées ou d’épisodes de subocclusion.
Comment soigne-t-on un cancer de l’intestin grêle ?
La chirurgie est le traitement principal lorsqu’elle est possible. Une chimiothérapie peut compléter la prise en charge si la maladie est étendue. La stratégie dépend du type de tumeur et de son extension.
Est-ce que le cancer de l’intestin grêle se guérit ?
Oui, dans les formes localisées opérables. La survie à 5 ans est d’environ 57 % et varie selon le type histologique et la possibilité de chirurgie complète.
Article écrit le 24/02/2026, vérifié par l'équipe oncologique du CFRO
