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La chimiothérapie a un rôle central dans la prise en charge du cancer du poumon. En effet, cette maladie est souvent diagnostiquée à un stade tardif de son évolution, lorsque l’efficacité des traitements locaux n’est plus que très limitée.

Habituellement, la chimiothérapie est associée à la chirurgie et à la radiothérapie pour limiter les risques de récidive et offrir aux patients le meilleur pronostic.

Le cancer du poumon reste toutefois, pour l’heure, un cancer de mauvais pronostic, dont le traitement est malheureusement le plus souvent palliatif.

À noter que le recours à un traitement palliatif peut offrir des années de répit et ne signe pas nécessairement une fin imminente.

Intérêt de la chimiothérapie du cancer du poumon

L’intérêt majeur de la chimiothérapie du cancer du poumon est d’éliminer les petites cellules cancéreuses impossibles à localiser qui voyagent à travers l’organisme.

En effet, il s’agit d’un traitement systémique. Les traitements systémiques, à l’inverse des traitements locaux, agissent dans tout l’organisme et peuvent donc atteindre des cellules cancéreuses dont on n’a aucune idée de la localisation dans le corps, et dont l’existence même n’est pas toujours avérée.

Aussi, c’est souvent un traitement préventif que l’on administre en complément d’une chirurgie et d’une radiothérapie, deux traitements locaux, afin d’éliminer d’éventuelles cellules cancéreuses restantes qui risqueraient de se multiplier à nouveau et de former des métastases, provoquant ainsi une rechute.

Dans ce contexte, la chimiothérapie est dite adjuvante. Son objectif est de réduire les risques de récidive du cancer, une problématique centrale de cette pathologie désormais considérée comme une maladie longue durée.

Toutefois, le cas du cancer du poumon est particulier. Il s’agit en effet d’un cancer souvent diagnostiqué tardivement, car il évolue sans causer de symptômes jusqu’à atteindre un stade avancé.

Au moment du diagnostic, il s’est donc souvent déjà infiltré à d’autres organes et peut même avoir déjà formé des métastases.

Dans ce cas de figure, les traitements locaux comme la chirurgie et la radiothérapie sont inefficaces pour obtenir une guérison complète.

Ils peuvent permettre d’ôter les grosses tumeurs pour réduire les symptômes qu’elles provoquent et accroître la qualité de vie du patient, mais ne peuvent suffire à éliminer toutes les cellules cancéreuses de l’organisme, ces dernières ne pouvant pas être localisées avec précision.

Aussi, c’est la chimiothérapie qui prend le relais grâce à son action systémique. Généralement, cette dernière n’est cependant pas suffisante pour obtenir une guérison complète, et son utilisation demeure avant tout palliative.

Il convient toutefois de noter que certains cancers du poumon sont diagnostiqués suffisamment tôt pour obtenir une guérison complète. L’espérance de vie à 5 ans du cancer du poumon s’élève à 15% à 20%, tous stades confondus.

Il est également important de savoir qu’un traitement palliatif peut ralentir significativement l’évolution de la maladie et accroître grandement la qualité de vie du patient. C’est donc loin d’être une prise en charge inutile ou accessoire.

Modalités de la chimiothérapie du cancer du poumon

La chimiothérapie est généralement administrée par voie intraveineuse. Le patient se voit placer une chambre sous la peau, dans laquelle seront directement injectées les substances antitumorales.

Ce procédé permet d’éviter les injections intraveineuses à répétition qui pourraient abîmer les veines et la peau, et engendrer, à terme, des complications indésirables.

Il existe un grand nombre de substances anticancéreuses pouvant être utilisées dans une chimiothérapie. Le choix des molécules prescrites dépend tant de l’état de santé du patient que du type de cancer dont il est atteint.

Dans la majorité des cas, les composés utilisés sont la cisplatine, la carboplatine, la gemcitabine, la docétaxel, l’étoposide, le paclitaxel, la vinorelbine, l’irinotécan et le pemetrexed. Plusieurs molécules sont habituellement administrées en synergie.

En cas de cancer de stade avancé, ou lorsque la santé du patient est trop fragile pour recevoir un mélange de composés anticancéreux, les molécules privilégiées sont la gemcitabine, le docétaxel, l’étoposide, le paclitaxel et le pemetrexed, seules.

L’irinocétant et le pemetrexed ne sont pas indiqués dans la prise en charge du carcinome épidermoïde du poumon et du cancer du poumon à petites cellules.

Le mode de fonctionnement des composés anticancéreux consiste à éliminer les cellules en division. La division cellulaire est un phénomène qui fait partie du cycle naturel de toutes les cellules de l’organisme.

Toutefois, les cellules cancéreuses ont la caractéristique de se diviser particulièrement activement et rapidement. Les tumeurs cancéreuses sont donc essentiellement composées de cellules en division, et s’avèrent donc particulièrement sensibles à chimiothérapie.

La division cellulaire des cellules saines peut également être affectée, ce qui donne lieu à des effets secondaires, parfois très lourds.

Effets secondaires de la chimiothérapie du cancer du poumon

Contrairement aux effets secondaires de la chirurgie et de la radiothérapie, les effets secondaires de la chimiothérapie du cancer du poumon ne sont pas relatifs à une détérioration de la zone atteinte par la maladie, à savoir les poumons.

Aussi, les effets secondaires chimiothérapie du poumon sont similaires à ceux rencontrés dans la prise en charge des cancers de tous les autres organes. Ils sont davantage relatifs aux tissus sains qui comptent des cellules à division rapide, à savoir la moelle osseuse, les follicules pileux et les muqueuses.

Par ailleurs, tous les patients bénéficiant d’une chimiothérapie ne présentent pas les mêmes effets secondaires. Certains n’en développeront aucun, quand d’autres seront atteints de multiples symptômes.

Ces disparités sont dues aux traits uniques de chaque personnage et de chaque cancer, et ne sont pas liées à l’efficacité du traitement.

La détérioration de la moelle osseuse, responsable de la production des cellules sanguines, peut engendrer une grande fatigue, un essoufflement, des troubles de la coagulation, une anémie et une vulnérabilité accrue aux infections.

Les atteintes aux muqueuses concernent toutes les parties du corps tapissées de muqueuses : voies respiratoires, yeux, bouche, tractus digestif, rectum, vagin, etc. Ces zones peuvent être fragilisées, asséchées, et on peut observer des saignements, la formation d’abcès, des douleurs et de l’inconfort.

Les troubles digestifs sont communs lors d’une chimiothérapie. Les diarrhées, constipations, maux d’estomac, crampes, brûlures, remontées acides, nausées et vomissements sont des effets secondaires courants.

La détérioration des follicules pileux entraîne, quant à elle, la chute des cheveux et des poils. Ces derniers repoussent habituellement normalement à la fin du traitement.

La chimiothérapie est un traitement incontournable du cancer du poumon. De fait, cette maladie étant souvent diagnostiquée tardivement, les traitements locaux sont généralement insuffisants pour espérer offrir au patient le meilleur pronostic.

La médecine oncologique s’efforce, par ailleurs, de mettre au point des traitements systémiques moins agressifs que la chimiothérapie, causant moins de dommages aux cellules saines.

C’est notamment le cas des thérapies ciblées, très prometteuses, qui pourraient être amenées à devenir les chimiothérapies de demain.

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