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Le cancer de la prostate fait partie des cancers les plus fréquemment rencontrés en France. C’est aussi l’un des mieux pris en charge, avec un taux de survie nette à 5 ans de plus de 90%. De fait, une vaste palette d’armes thérapeutiques permet de le traiter efficacement, et les progrès de la médecine ne cessent d’avancer vers l’élaboration de nouvelles thérapies moins lourdes et plus performantes. Les hormonothérapies et les thérapies ciblées, en plein développement ces dernières années, pourraient bien changer le visage de la lutte contre le cancer de la prostate dans un futur proche.

Nouveau traitement cancer prostate

Le cancer de la prostate, qu’est-ce que c’est ?

Le cancer de la prostate est une tumeur maligne qui se développe à partir des tissus de l’organe prostatique. Il s’agit le plus souvent d’un adénocarcinome, qui évolue lentement et s’avère peu agressif, ce qui en fait un cancer à bon pronostic. Aussi, l’hormonothérapie mécanique (castration), qui permet de supprimer les hormones stimulant la croissance du cancer, s’impose comme un traitement central dans le contrôle à long terme de la maladie. Bien qu’elle soit souvent associée à une chirurgie et à une radiothérapie locale, l’hormonothérapie peut également être administrée seule, notamment pour contrôler durablement les tumeurs peu agressives, dont l’évolution est particulièrement lente. Cette alternative permettant aux patients de bénéficier d’un traitement moins lourd que les thérapies traditionnellement utilisées dans la lutte contre le cancer, particulièrement agressives et susceptibles d’engendrer des séquelles durables. Toutefois, à terme, il arrive que l’hormonothérapie ne soit plus efficace. C’est notamment le cas des cancers récidivants, une évolution fréquente du cancer de la prostate traité localement. Lorsque le patient a déjà bénéficié d’une radiothérapie prostate et/ou d’une chirurgie locale de la prostate, il est rarement possible de réitérer ces traitements. Le patient se retrouve alors dans une impasse thérapeutique, et c’est notamment pour parer à cette situation que des traitements novateurs ont vu le jour ces dernières années.

Traitement du cancer de la prostate résistant à l’hormonothérapie

Environ 7 % des cancers de la prostate deviennent résistants à l’hormonothérapie au fil de leur évolution. Ce phénomène survient lorsque les récepteurs hormonaux dont sont pourvues les cellules cancéreuses s’altèrent, devenant notamment plus actifs et/ou plus nombreux, ce qui les rend plus sensibles à la faible quantité d’hormones restantes dans l’organisme malgré l’hormonothérapie. Ce type de cancer de la prostate résistant à l’hormonothérapie traditionnelle est particulièrement insidieux, car la résistance s’installe silencieusement, sans provoquer de symptômes, laissant le cancer reprendre du terrain et se propager sans bruit. En l’absence de détection et de prise en charge, le cancer de la prostate résistant à l’hormonothérapie évolue inéluctablement vers la production de métastases, habituellement dans les deux ans. Le stade métastatique du cancer de la prostate devient problématique, car il engendre une détérioration de la qualité de vie du patient, et présente un potentiel létal. Aussi, la détection précoce d’une résistance à l’hormonothérapie est un enjeu de taille de la prise en charge du cancer de la prostate à long terme, d’autant qu’il existe désormais de nouvelles alternatives pour prendre en charge ces pathologies. L’hormonothérapie traditionnelle consiste à supprimer la production d’hormones qui agissent comme des facteurs de croissance sur les cellules cancéreuses. Les nouveaux traitements ciblés viennent, quant à eux, se fixer aux récepteurs hormonaux des cellules cancéreuses pour les inhiber. La mise au point de ces traitements a été permise par la découverte de nouvelles molécules présentant une meilleure affinité pour les récepteurs hormonaux – y compris les récepteurs altérés – et permettant de ralentir la dégradation, ou mutation, de ces récepteurs. À l’heure actuelle, les résultats de ces traitements novateurs sont prometteurs : ils semblent permettre de réduire la mortalité de 31 %, et de réduire le développement de métastases de 70%. Par ailleurs, ces thérapies ciblées font partie de la nouvelle génération de traitements contre le cancer, significativement moins agressifs que les thérapies traditionnelles (chimiothérapie, radiothérapies, etc.). Outre leurs bénéfices sur la réduction de la mortalité, les thérapies ciblées permettent de préserver une bonne qualité de vie à long terme, un axe important de la prise en charge des cancers à bon pronostic. De fait, leurs effets secondaires sont presque inexistants, et leur mode d’action est incomparable avec les thérapies traditionnelles dont le succès réside dans la grande agressivité, malheureusement tout aussi délétère pour les cellules saines que pour les cellules cancéreuses. Le cancer de la prostate est une pathologie à très bon pronostic, mais qui demande toutefois une surveillance accrue pour détecter précocement toute évolution défavorable afin de la prendre en charge au plus tôt. Si les thérapies ciblées offrent aujourd’hui une alternative très encourageante pour traiter les cancers résistants à l’hormonothérapie, les progrès de la radiothérapie ne sont pas en reste. Le développement de la radiochirurgie, capable d’éliminer certaines récidives locales du cancer de la prostate même après un premier traitement de radiothérapie, apporte aussi son lot de nouveaux espoirs pour l’avenir de la lutte contre le cancer.

Article écrit le 05/09/2022 , vérifié par Equipe médicale IPRM

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